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Communication

Communication efficace en vaccination

Introduction

La vaccination est l’un des grands succès de la médecine. Elle permet de sauver de 2 à 3 millions de vies chaque année dans le monde.

Les professionnels de la santé jouent un rôle primordial dans la réussite des programmes de vaccination. Les parents des jeunes enfants et la population comptent sur eux pour avoir des réponses justes et être rassurés au sujet de la pertinence de la vaccination.

Les données scientifiques évoluent, c’est pourquoi le développement et le maintien des compétences des vaccinateurs sont des atouts pour maintenir la confiance du public.

La grande majorité des parents font vacciner leurs enfants. Au Québec, moins de 2 % des enfants ne reçoivent aucun vaccin. Les nouveaux vaccins sont bien acceptés (ex. : vaccin Rota pour les nourrissons). Toutefois, environ 1 personne sur 4 manifeste de la réticence à l’égard de la vaccination.

Perception du risque

Plusieurs facteurs sont associés à une perception accrue des risques associés à la vaccination :

  • Quand le programme de vaccination a du succès, les maladies évitables par la vaccination ne sont plus visibles. Les avantages de la vaccination paraissent moins importants que les risques dus aux maladies, et l’attention de la population se tourne alors vers les allégations de risques associés aux vaccins.
  • Certaines maladies visées par les nouveaux programmes de vaccination sont très graves, mais rares (ex. : infections invasives à méningocoque) ou sont considérées comme des maladies bénignes (ex. : varicelle).
  • Certaines personnes ont des inquiétudes au sujet du nombre d’injections qu’un enfant peut recevoir.
  • Un risque pour un enfant est moins acceptable qu’un risque pour un adulte.
  • Un risque est mieux accepté s’il est associé à un traitement (ex. : antibiotiques pour une pneumonie) que s’il est associé à un acte préventif comme la vaccination.

La perception du risque est aussi très variable d’une personne à l’autre. Elle dépend notamment de l’histoire de la personne elle‑même (ou de celle de ses proches), de ses valeurs, de son milieu ou de son pays d’origine.

Rencontre avec la personne à vacciner ou ses parents

Pour aborder la vaccination avec la personne à vacciner ou ses parents, le vaccinateur :

  • Écoute la personne ou ses parents.
  • Répond aux questions.
  • Utilise un langage accessible, adopte une attitude ouverte et prête attention au langage non verbal.
  • Démontre qu’il fait confiance à la vaccination et que la vaccination est importante pour lui si la personne ou ses parents sollicitent son avis.
  • Offre des informations justes sur la maladie et sur la vaccination à partir des connaissances de la personne ou de ses parents.
  • A des informations écrites à portée de main (feuille d’information ou dépliant).
  • Fournit des ressources Internet crédibles si la personne ou ses parents souhaitent en avoir.
  • Dément les fausses informations (par exemple, celles voulant que le vaccin RRO cause l’autisme).
  • Précise qu’on continue la surveillance et la recherche pour trouver les données manquantes, surtout dans le cas des nouveaux vaccins (ex. : durée de la protection, réactions indésirables très rares).
  • Se rappelle que la décision finale revient à la personne ou à ses parents.
  • Respecte le choix de la personne ou de ses parents et demeure disponible pour des questions additionnelles.

Particularités pour la personne inquiète ou indécise

La personne inquiète ou indécise cherche à prendre la meilleure décision possible pour elle‑même ou pour son enfant. En plus des actions mentionnées plus haut, il est particulièrement important pour le vaccinateur de :

  • Laisser la personne exprimer ses craintes, sans les juger.
  • Déterminer par l’écoute empathique les sources de ses craintes.
  • Construire et préserver une relation de confiance avec la personne.
  • Offrir toutes les informations pertinentes selon les craintes de la personne en partant de ce qu’elle connaît dans le but de bâtir ou de rebâtir sa confiance en la vaccination.
  • Rassurer la personne sur la pertinence de la vaccination.
  • Éviter la confrontation. Si la personne a une attitude d’opposition, c’est qu’elle n’est pas encore prête à recevoir cette information.
  • Rester disponible, ouvert et respectueux quelle que soit la décision de la personne.
  • Guider la personne pour qu’elle prenne la meilleure décision pour elle ou pour son enfant.
  • Ne pas essayer de convaincre la personne. Tenter de convaincre la personne des bienfaits de la vaccination par des faits scientifiques peut générer encore plus de résistance.

Avec une personne inquiète ou indécise, il convient d’utiliser une approche basée sur l'entretien motivationnel pour aborder la vaccination. Il s’agit d’une façon d’intervenir auprès d’une personne pour la guider dans un processus de changement. C’est une manière d’être en relation avec l’autre dans ses interventions.

L’entretien motivationnel est basé sur l’écoute empathique, la non‑argumentation, l’exploration et la compréhension des motivations de la personne ainsi que le respect de son autonomie.

L’entretien motivationnel permet au professionnel de la santé d’apprendre à utiliser des compétences de questions ouvertes, d’écoute réflexive et de valorisation de façon à structurer son intervention et à communiquer de façon efficace avec la personne inquiète ou indécise.

L’efficacité de l’entretien motivationnel est telle que même une courte intervention a des effets plus grands qu’une intervention de même durée axée sur les conseils fournis dans une relation expert‑patient.

Pour plus d’information sur l’entretien motivationnel, consulter les vidéos et articles suivants :

Dernière mise à jour : 30 avril 2018, 15:49

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