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Vaccins

Var : vaccin contre la varicelle

Composition

Deux vaccins contre la varicelle sont distribués au Canada :

  • Varilrix (GSK);
  • Varivax (Merck).

Il s’agit de vaccins à virus vivants atténués.

Chaque dose de Varilrix reconstitué contient :

  • au moins 1 995 UFP du virus varicelle‑zona cultivé sur des cellules diploïdes humaines MRC‑5 (souche Oka);
  • des acides aminés, du lactose, du mannitol, du sorbitol et des traces de sulfate de néomycine;
  • le diluant composé d’eau stérile.

Chaque dose de Varivax reconstitué contient :

  • au moins 1 350 UFP du virus varicelle‑zona cultivé sur des cellules diploïdes humaines MRC‑5 (souche Oka/Merck);
  • 12,5 mg de gélatine hydrolysée;
  • 25 mg de sucrose, 3,2 mg de chlorure de sodium, 0,5 mg de L‑glutamate monosodique, 0,45 mg de phosphate de sodium dibasique, 0,08 mg de phosphate de potassium monobasique, 0,08 mg de chlorure de potassium, des traces de composants des cellules MRC‑5, de néomycine, d'EDTA, de phosphate de sodium monobasique et de sérum fœtal bovin;
  • le diluant composé d’eau stérile.

Présentation

  • Varilrix :
    • Fiole unidose de vaccin lyophilisé et ampoule de 0,5 ml de diluant.
    • Le vaccin se présente sous forme de poudre dont la couleur varie de crème à jaunâtre ou rosée. Une fois reconstitué, le vaccin a l’apparence d’une solution claire de pêche clair à rose.
  • Varivax :
    • Fiole unidose de vaccin lyophilisé et fiole unidose de 0,7 ml de diluant.
    • Le vaccin reconstitué a l’aspect d’une solution claire incolore ou jaune pâle.

Les vaccins et les diluants sont dans des boîtes séparées.

Indications

Le calendrier régulier inclut 1 dose du vaccin Var vers l’âge de 4 à 6 ans pour les enfants nés avant le 1er juin 2018 (voir Administration).

Gratuit

Vacciner les enfants vers l’âge de 4 à 6 ans.

Gratuit

Vacciner les personnes réceptives âgées de 1 an et plus.

Le CIQ recommande un total de 2 doses pour les stagiaires et les travailleurs de la santé nouvellement embauchés au sein du système de santé québécois.

À compter de l’âge de 50 ans, il est préférable de donner le vaccin contre le zona.

Sont considérées comme protégées contre la varicelle :

  • Les personnes ayant une histoire antérieure de varicelle à partir de l’âge de 1 an ou de zona quel que soit l’âge.
    • Les enfants ayant eu la varicelle avant l’âge de 1 an peuvent ne pas avoir développé une immunité durable et sont à risque de présenter une nouvelle infection varicelleuse.
    • La femme enceinte exposée de façon significative à un cas de varicelle ou de zona diagnostiqué par un médecin (voir la définition de l’exposition significative dans VarIg) devra être évaluée par un médecin. Ce dernier déterminera si elle peut être considérée comme protégée en tenant compte d’un diagnostic posé par un médecin ou d’une histoire autodéclarée de varicelle ou de zona. Dans le cas où la femme enceinte serait considérée comme réceptive, on pourrait faire une sérologie et lui administrer des VarIg (voir VarIg). Elle devrait recevoir 2 doses du vaccin Var en post‑partum, au moins 5 moins après l’administration des VarIg, le cas échéant.
  • Les personnes ayant une sérologie démontrant la présence d’anticorps contre la varicelle (voir Recherche d’anticorps avant la vaccination).
  • Les personnes ayant la preuve écrite qu’elles ont reçu le nombre requis de doses de vaccin contre la varicelle selon l’âge, même en présence d’une sérologie négative (voir Calendriers de vaccination).

    Afin de renforcer son immunité, on donnera une 2e dose du vaccin Var au travailleur de la santé ayant reçu 1 dose du vaccin et exposé de façon significative à un cas de varicelle ou de zona (voir la définition de l’exposition significative dans VarIg).

Contre‑indications

Anaphylaxie suivant l’administration d’une dose antérieure du même vaccin ou d’un autre produit ayant un composant identique.

États d’immunodépression (voir Vaccinologie pratique, Contre‑indications).

Grossesse (voir Vaccinologie pratique, Grossesse).

Tuberculose active non traitée.

Précautions

Voir Vaccinologie pratique, Précautions.

Certaines personnes infectées par le VIH, atteintes de leucémie aiguë ou étant sous traitement immunodépresseur pourraient être vaccinées si le médecin traitant est d’avis que le risque de la maladie est plus élevé que le risque potentiel du vaccin. La décision d’administrer le vaccin sera prise après consultation d’un spécialiste connaissant la maladie et le vaccin.

Les personnes réceptives à la varicelle qui sont en attente de transplantation d’un organe solide ou d’un traitement immunodépresseur devraient, dans la mesure du possible, être vaccinées au moins 6 semaines avant la transplantation ou le début du traitement.

Il existe un risque infime de transmission du virus vaccinal varicelle-zona à l’entourage des personnes vaccinées qui présentent une éruption varicelliforme; cette éruption peut survenir dans les 4 semaines suivant la vaccination. Toutefois, la varicelle causée par le virus vaccinal est moins grave que celle causée par le virus sauvage. Par mesure de prudence, il est recommandé aux personnes vaccinées présentant une éruption cutanée d’éviter, pendant la durée de l’éruption, tout contact étroit avec des personnes non immunes présentant un risque élevé de complications (ex. : les personnes immunodéprimées, les prématurés). Cependant, un tel contact, s’il survenait, ne justifierait pas l’administration systématique de VarIg.

Les personnes âgées de moins de 18 ans recevant le vaccin Var ne doivent pas utiliser de médicament contenant de l’acide acétylsalicylique dans les 6 semaines suivant la vaccination en raison du risque théorique de syndrome de Reye.

Interactions

Le vaccin Var peut être administré le même jour qu’un autre vaccin vivant atténué injectable ou que le vaccin Inf intranasal ou à au moins 4 semaines d’intervalle. Cela s’applique en particulier dans le cas du vaccin RRO. Une étude américaine a démontré que le risque de contracter la varicelle était 2,5 fois plus élevé lorsque le vaccin Var était administré à des enfants moins de 4 semaines après le vaccin RRO.

Il est possible que la prise d’antiviraux efficaces contre les virus herpès (acyclovir, valacyclovir, famciclovir) diminue la réponse au vaccin Var. En l’absence de données publiées et sur la foi de l’opinion d’experts, le CCNI recommande aux personnes sous traitement prolongé avec ces antiviraux de cesser de les prendre si possible au moins 24 heures avant et jusqu’à 14 jours après l’administration du vaccin Var.

Si le TCT est indiqué, il doit être fait avant la vaccination, en même temps qu’elle ou au moins 4 semaines après parce que le vaccin Var pourrait diminuer la réaction à ce test.

Le vaccin Var doit être administré 2 semaines avant l’administration d’immunoglobulines, de sang ou d’autres produits sanguins.

Après l’administration d’immunoglobulines ou d’autres produits sanguins, on devra respecter un intervalle pouvant aller jusqu’à 11 mois avant d’administrer le vaccin Var (voir Vaccinologie pratique, Intervalles entre les Immunoglobulines, les autres produits sanguins et les vaccins).

Recherche d’anticorps

Avant la vaccination

Personnes âgées de 13 à 49 ans ayant une histoire négative ou douteuse de varicelle

La recherche sérologique d’anticorps est généralement indiquée pour ces personnes, car l’immunité contre la varicelle peut être démontrée chez 70‑95 % d’entre elles. Toutefois, lors de la mise à jour de la vaccination des élèves du secondaire, il peut être plus profitable d’offrir le vaccin que d’effectuer la recherche sérologique d’anticorps avant la vaccination.

Personnes âgées de 50 ans et plus ayant une histoire négative ou douteuse de varicelle

La recherche sérologique d’anticorps n’est pas indiquée pour ces personnes, car la presque totalité d’entre elles sont séropositives, incluant celles nées dans un pays tropical. Si la détection sérologique est effectuée malgré cela et qu’elle se révèle négative, la personne devrait recevoir 2 doses de vaccin Var au lieu du vaccin contre le zona, en l’absence de contre-indications. Si le vaccin Var est contre-indiqué, le vaccin Zona-SU peut être utilisé.

Après la vaccination

La recherche sérologique d’anticorps après la vaccination n’est pas recommandée étant donné le taux élevé de séroconversion après l’administration du vaccin Var (voir Immunogénicité).

De plus, les méthodes de détection commercialisées se révèlent peu sensibles dans ce contexte et, par conséquent, peu utiles. Des tests très sensibles sont utilisés lors d’essais cliniques pour évaluer l’immunogénicité des vaccins, mais ces tests ne sont pas commercialisés.

Manifestations cliniques après la vaccination

Voir Manifestations cliniques, Présentation des manifestations cliniques.

Risque attribuable au vaccin

Les données qui figurent dans le tableau qui suit sont tirées d’une étude à double insu, contrôlée avec placébo, réalisée chez près de 1 000 enfants et adolescents avec Varivax. Les manifestations cliniques ont été surveillées quotidiennement pendant 8 semaines.

RAV VAR
Manifestations Vaccin
%
Placébo
%
RAV
%

* Différence statistiquement significative.

Douleur locale 26

17

9*

Érythème local 5 2,5 2,5*
Rhume 63

65

-2

Toux 45 48 -3
Irritabilité 24 20 4
Fatigue 20 22 -2
Céphalée 15 16 -1
Fièvre de 38,9°C ou plus 11-15 11-15 0
Diarrhée 12 14 -2
Troubles du sommeil 12 13 -1
Diminution de l’appétit 11 13 -2
Otalgie 11 13 -2
Éruption varicelliforme 4 à 5 2 2 à 3*

L’éruption varicelliforme survient dans les 5 à 26 jours suivant la vaccination. Elle peut apparaître au site d’injection (nombre médian de 2 lésions, inférieur à 10) ou en dehors du site d’injection (nombre médian de 5 lésions).

Manifestations cliniques observées

En général, après la 2e dose de vaccin, on observe un peu plus de réactions locales (25,4 % comparativement à 21,7 %) et moins de réactions systémiques (66,3 % comparativement à 85,8 %).

L’éruption varicelliforme au site d’injection ou en dehors du site d’injection est souvent observée (de 1 à 9 %) chez les personnes en bonne santé. Cette éruption apparaît de 3 à 5 fois moins souvent après la 2e dose de vaccin. La majorité des éruptions varicelliformes qui surviennent dans les 2 semaines suivant la vaccination sont dues à une infection naturelle. Par ailleurs, jusqu’à 50 % des personnes immunodéprimées peuvent présenter une éruption varicelliforme à la suite de la vaccination, selon l’importance de l’immunodépression.

Les cas de zona survenant après l’administration du vaccin sont dus à la réactivation de la souche vaccinale ou de la souche sauvage du virus varicelle‑zona, cette réactivation de la souche sauvage du virus varicelle‑zona survenant lorsque la varicelle est contractée avant ou après la vaccination. Le risque de développer le zona est rare chez les enfants et les adolescents vaccinés (voir Efficacité).

Exceptionnellement, des réactions de type anaphylactique (3 cas sur 1 million de doses) ont été rapportées.

Même si certaines études ont démontré un lien possible entre des surinfections graves et l’administration d’ibuprofène à des personnes qui ont la varicelle, aucune donnée n’indique un risque quelconque lorsque l’ibuprofène est utilisé pour diminuer la douleur et la fièvre chez les enfants qui ont reçu le vaccin Var. Ainsi, l’ibuprofène peut être utilisé aussi bien que l’acétaminophène pour diminuer la douleur et la fièvre après la vaccination contre la varicelle.

Administration

Administrer Varilrix le plus rapidement possible après sa reconstitution ou au plus tard 8 heures après en le conservant entre 2 et 8 °C.

Administrer Varivax le plus rapidement possible après sa reconstitution ou au plus tard 90 minutes après en le conservant entre 2 et 8 °C.

Administrer le contenu du format unidose par voie SC.

Calendrier de Varilrix et Varivax
Le calendrier régulier inclut 1 dose de vaccin Var vers l’âge de 4 à 6 ans pour les enfants nés avant le 1er juin 2018.
Âge à la 1re dose Nombre de doses Précisions

Pour l’immunisation contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle, le calendrier régulier inclut :

  • Pour les enfants nés à partir du 1er juin 2018 :
    • 1 dose du vaccin RRO-Var dès l’âge de 1 an;
    • 1 dose du vaccin RRO-Var à l’âge de 18 mois.
  • Pour les enfants nés avant le 1er juin 2018 :
    • 1 dose du vaccin RRO dès l’âge de 1 an;
    • 1 dose du vaccin RRO‑Var à l’âge de 18 mois;
    • 1 dose du vaccin Var vers l’âge de 4 à 6 ans.
1 à 12 ans 1 ou 2

Enfant né avant le 1er avril 2009 : 1 dose
Enfant né depuis le 1er avril 2009 : 2 doses
Âge minimal : 1 an
Intervalle minimal : 4 semaines

13 ans et plus 2 Intervalle recommandé : 8 semaines
Intervalle minimal : 4 semaines
Vaccin à donner à compter de l’âge de 50 ans : vaccin contre le zona

Réponse au vaccin

Immunogénicité

De 4 à 6 semaines après 1 dose de vaccin, 98 % des enfants en bonne santé âgés de 12 mois à 12 ans atteignent un titre d’anticorps protecteur. Les anticorps persistent dans 96 % des cas après 7 ans. L’administration d’une 2e dose procure un titre d’anticorps protecteur à près de 100 % des enfants et les niveaux d’anticorps sont plus élevés.

Chez les adultes et les adolescents âgés de 13 ans et plus en bonne santé, de 75 à 95 % atteignent un titre d’anticorps protecteur après la 1re dose, alors que plus de 99 % atteignent un tel titre d’anticorps de 4 à 6 semaines après la 2e dose. Les anticorps sont encore présents dans 97 % des cas 5 ans après la 2dose. Il est probable que l’exposition au virus sauvage ait contribué à maintenir l’immunité présentée dans ces études.

Par ailleurs, le pourcentage de séroconversion après l’administration de 1 ou 2 doses de vaccin Var à des personnes immunodéprimées (ex. : enfants leucémiques, traitement immunodépresseur, période avant ou après une greffe) varie selon la condition sous‑jacente (de 30 à 100 %). Le taux de séroconversion des enfants leucémiques ayant reçu 1 ou 2 doses de vaccin Var est de 68 à 95 %.

Efficacité

Préexposition

Aux États‑Unis, un essai randomisé mené sur 10 ans chez des enfants a montré une protection contre toute forme de varicelle de 94 % après 1 dose et de 98 % après 2 doses. Aucune varicelle grave n’est survenue chez les enfants ayant reçu 2 doses. Par ailleurs, une étude a montré une réduction de 79 % de l’incidence du zona chez les vaccinés âgés de moins de 18 ans. La moitié des cas de zona chez les vaccinés était causée par la souche sauvage, et l’autre moitié était causée par la souche vaccinale.

Au Québec, le programme de vaccination contre la varicelle, accompagné d’un rattrapage, a été mis en place en janvier 2006 pour les enfants et les adolescents réceptifs à la varicelle. De 2001‑2005 à 2010‑2013, les taux d’hospitalisations pour varicelle ont diminué de 85 % (94 % chez les enfants âgés de 1 à 2 ans). Alors que 18 décès associés à la varicelle ont été répertoriés de 1990 à 2005, un seul l’a été de 2006 à 2009.

En avril 2016, une 2e dose a été ajoutée au programme québécois afin de réduire les cas sporadiques et les éclosions tout en protégeant davantage les personnes qui ne répondent pas au vaccin ou qui ne peuvent le recevoir (ex. : personnes immunodéprimées).

Les personnes vaccinées qui contractent la varicelle après avoir été exposées au virus sauvage présentent le plus souvent une forme bénigne de la maladie; le nombre de lésions dépasse rarement 50, et la fièvre est légère.

Selon les études, de 80 à 90 % des personnes immunodéprimées (ex. : enfants leucémiques, enfants en attente de greffe rénale ou hépatique) étaient protégées par le vaccin contre une varicelle grave.

Selon les données américaines, la protection persisterait au moins 15 ans après la vaccination. Au Japon, les données indiquent une protection de 25 ans après la vaccination. Toutefois, la durée de cette protection en l’absence d’exposition au virus sauvage est inconnue.

Postexposition

L’administration du vaccin à une personne réceptive à la varicelle âgée de 12 mois ou plus dans les 5 jours suivant un contact avec un cas contagieux de varicelle peut assurer sa protection, avec une efficacité estimée à 90 % ou plus.

Administrer le vaccin à une personne en période d’incubation ou en phase prodromique de la varicelle est sans danger : les réactions à la vaccination ne sont pas plus importantes, et la maladie n’est pas plus grave. Toutefois, le CIQ est d’avis que les interventions visant le contrôle d’une éclosion de varicelle sont coûteuses et procurent des bénéfices modestes.

Dernière mise à jour : 03 mai 2019

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