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Communication

Questions et réponses sur la vaccination

Éléments d’information permettant au vaccinateur de répondre aux principales interrogations des personnes à vacciner

Généralités

1. Les vaccins sont‑ils efficaces?

Oui. Les vaccins sont très efficaces. De nombreux exemples en témoignent :

D’autres succès à l’échelle québécoise et canadienne sont reconnus :

  • Les cas de diphtérie et de tétanos surviennent maintenant de façon exceptionnelle.
  • La cause la plus importante de méningite bactérienne chez les enfants, Hæmophilus influenzæ de type b, a été mise en échec.
  • L’hépatite B a pratiquement disparu chez les jeunes vaccinés.

Les maladies réapparaissent si l’on ne vaccine pas (voir la question 7).

La vaccination protège la personne vaccinée et son entourage :

  • Une personne qui est adéquatement vaccinée contre une maladie (qui a reçu le nombre de doses requis) évite cette maladie ou ses complications.
  • Lorsque la grande majorité de la population est vaccinée, il en résulte une immunité collective, ou protection de groupe : si la plupart des membres d’une communauté ne peuvent pas contracter ni transmettre une maladie, les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées ou qui ont moins bien répondu au vaccin seront protégées.

Pour en savoir plus sur l’importance et le fonctionnement des vaccins, visionner les vidéos Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre sur le Portail santé mieux-être.

2. Les vaccins sont‑ils sécuritaires?

Oui. Les vaccins sont très sécuritaires.

Les vaccins doivent satisfaire aux normes de sécurité les plus élevées avant d’être utilisés.

Les vaccins peuvent occasionner des réactions mineures, comme une fièvre légère ou une sensibilité au point d’injection. Ces réactions sont temporaires et sont une réponse normale du corps au vaccin.

Exceptionnellement, une réaction allergique grave peut survenir à la suite de la vaccination, tout comme après la consommation d’un nouvel aliment. La personne qui administre le vaccin peut traiter rapidement cette réaction allergique. Il est important de demeurer sur place au moins 15 minutes après avoir reçu un vaccin.

Un problème de santé peut survenir par hasard après l’administration d’un vaccin, sans que le vaccin en soit la cause, par exemple un rhume.

Les vaccins continuent à s’améliorer grâce à la recherche (ex. :  les vaccins conjugués contre le méningocoque et les vaccins conjugués contre le pneumocoque).

Pour s’assurer de la sécurité des vaccins, on fait la surveillance de la vaccination de façon continue dans le monde. Des études sont réalisées pendant la mise au point des vaccins et se poursuivent une fois que les vaccins sont utilisés à grande échelle.

Au Canada, il existe 2 programmes de surveillance des manifestations cliniques survenues après la vaccination : 

Pour en connaître plus sur la surveillance de la sécurité vaccinale, voir la question 17.

3. Quels sont les moyens pour diminuer la douleur et l’anxiété chez une personne qui reçoit un vaccin?

La douleur lors de la vaccination est fréquemment rapportée et peut être un frein à la vaccination. Elle est influencée par des facteurs tels que l’âge, le niveau d’anxiété, les expériences antérieures et des caractéristiques culturelles.

Il existe des mesures efficaces pour diminuer la douleur et l’anxiété. Pour connaître ces mesures, voir Administration des produits immunisants, Techniques d’atténuation de la douleur et de l’anxiété. Des stratégies sont aussi recommandées aux parents. Ces stratégies sont décrites dans le Portail santé mieux-être Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre et le feuillet Diminuer la douleur et l’anxiété liées à la vaccination chez les enfants.

4. La vaccination est‑elle obligatoire au Québec?

Non. Toutefois, elle est fortement recommandée.

La vaccination requiert un consentement éclairé. Le refus de la vaccination doit aussi résulter d’une décision éclairée.

Les professionnels de la santé doivent profiter de toutes les occasions pour vérifier le statut vaccinal d’une personne et lui recommander les vaccins appropriés selon son âge et son état de santé.

5. Pourquoi les vaccins disponibles ne sont‑ils pas tous offerts gratuitement?

Les vaccins offerts gratuitement font partie du PQI. Le CIQ évalue la pertinence d’ajouter un vaccin et un programme de vaccination au PQI en collaboration avec le MSSS. Pour arriver à une décision, le CIQ et le MSSS utilisent un cadre d’analyse élaboré par des experts québécois, qui tient compte de plusieurs critères, notamment :

  • Fardeau de la maladie pour la société.
  • Efficacité et sécurité du vaccin.
  • Objectifs du programme de vaccination et stratégies permettant de les atteindre.
  • Comparabilité du programme avec d’autres interventions (coût‑efficacité).
  • Faisabilité de la mise en place du programme (disponibilité des ressources et des fonds).

Ce cadre d’analyse témoigne de la complexité de la démarche. Les calendriers de vaccination du Québec sont parfois différents des calendriers d’autres provinces canadiennes ou d’autres pays, car, pour une même maladie, les autorités de santé publique peuvent prendre des décisions différentes basées sur des facteurs propres au Québec.

Depuis 2000, tous les programmes de vaccination réalisés au Québec ont été analysés selon ce cadre, et les avis du CIQ Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre sont disponibles.

6. Comment établit‑on un calendrier de vaccination?

Le calendrier de chaque vaccin est établi selon ces principes :

  • Le vaccin doit être administré à l’âge, ou avant l’âge où le risque de contracter la maladie est le plus important.
  • Le vaccin doit être efficace à l’âge où il est administré.
  • Le nombre de doses administrées doit conférer une protection à court terme.
  • Le besoin de doses additionnelles pour une protection à long terme doit être évalué.

Pertinence

7. Pourquoi vacciner contre des maladies qui ont pratiquement disparu du Canada?

De nombreuses maladies circulent encore ailleurs dans le monde et risquent d’être réintroduites au Québec par des personnes infectées, qui peuvent être contagieuses même sans symptômes.

Notre mode de vie (ex. : fréquentation d’un service de garde, voyages à l’étranger) nous amène à avoir plus de contacts avec les autres, ce qui accroît notre risque de contact avec un agent infectieux.

De plus, les conditions de vie ne suffisent pas à elles seules à contrôler les maladies évitables par la vaccination. À preuve :

  • Au Québec, l’implantation au début des années 1990 de la vaccination systématique des enfants contre Hæmophilus influenzæ de type b a causé la quasi‑disparition de cette infection, qui était auparavant la 1re cause de méningite bactérienne chez l’enfant. Chez les enfants de moins de 5 ans, 97 cas d’infections invasives à Hæmophilus influenzæ de type b ont été déclarés en 1990, tandis qu’aucun cas ne l’a été en 2016. Voir Impacts des programmes de vaccination, Infections invasives à Hæmophilus influenzæ de type b.
  • Des éclosions se produisent régulièrement dans des communautés non vaccinées pour des raisons religieuses ou philosophiques, par exemple l’éclosion de rougeole dans une communauté religieuse de Lanaudière Fichier PDF en 2015 où 159 personnes ont été atteintes.
  • Le tétanos, devenu exceptionnel sur le continent nord‑américain grâce à la vaccination, est causé par une bactérie présente dans le sol. Le risque de contracter le tétanos sera toujours présent, d’où l’importance d’être bien vacciné.

Dans plusieurs pays, les maladies réapparaissent rapidement lorsque le nombre de personnes vaccinées diminue, ou lorsque le nombre de personnes non protégées augmente :

  • Depuis plus de 10 ans, des pays européens, dont l’Allemagne, l’Italie et la France, sont aux prises avec des épidémies de rougeole, notamment à cause de la fausse croyance selon laquelle le vaccin cause l’autisme. En 2011, plus de 800 cas de rougeole ont été déclarés au Québec Fichier PDF, dont plusieurs étaient en lien avec une importante éclosion en Europe.
  • En Grande‑Bretagne, les taux de vaccination contre la coqueluche ont chuté en 1974 à cause de la crainte d’effets indésirables du vaccin. Durant l’épidémie survenue en 1978, la coqueluche a frappé plus de 100 000 personnes et a entraîné 36 décès. La Suède et le Japon ont connu une situation similaire. Lorsque les taux de vaccination ont augmenté, le nombre de cas de coqueluche a chuté de nouveau.

8. Pourquoi faire vacciner mon enfant si la plupart des autres personnes sont vaccinées et ne peuvent lui transmettre de maladies?

Parce que les enfants non vaccinés risquent plus que les autres de contracter une maladie évitable par la vaccination, et ce, même dans des pays où les couvertures vaccinales sont élevées.

Les enfants non vaccinés risquent de transmettre des maladies contagieuses aux personnes vulnérables qui ne peuvent recevoir de vaccin ou à celles qui sont partiellement immunisées, en particulier les tout‑petits, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes.

9. Les vaccins ne sont‑ils pas qu’une façon de plus d’enrichir l’industrie pharmaceutique?

Les vaccins sont un moyen essentiel et incontournable de sauver des vies, de maintenir et d'améliorer la santé de la population. Si les compagnies en cessaient la fabrication, les conséquences sur la santé seraient inacceptables.

La mise au point et la fabrication des vaccins requièrent des investissements financiers majeurs. Par ailleurs, le fait qu’un produit soit commercialement rentable ne lui enlève pas son caractère essentiel (ex. : industrie agroalimentaire). Voir Immunologie de la vaccination, De la conception d'un vaccin à sa commercialisation.

Mesures de remplacement

10. Les infections contractées naturellement ne confèrent‑elles pas une meilleure protection que les vaccins?

Compter sur l’infection naturelle pour se protéger, c’est prendre le risque de souffrir des maladies, des complications et parfois des séquelles ou même de mourir. Cela vaut aussi pour des maladies considérées comme bénignes par les parents (ex. : varicelle).

Par ailleurs, lorsque l’on contracte une maladie, on ne contracte qu’une des souches du microbe à la fois. La protection conférée par la maladie peut être incomplète. Le vaccin comporte souvent l’avantage de protéger contre plusieurs souches ou variantes du microbe (ex. : pneumocoque, poliomyélite, virus du papillome humain).

11. Existe‑t‑il des mesures qui peuvent remplacer les vaccins (ex. : saine alimentation, homéopathie)?

Non. Aucune de ces mesures ne peut remplacer la protection offerte par les vaccins.

Les vaccins stimulent la formation dans l’organisme d’anticorps spécifiques contre un virus ou une bactérie. Ainsi, le système immunitaire sera en mesure de contre‑attaquer le jour où il sera exposé à ce microbe.

Une alimentation saine contribue au bon fonctionnement des mécanismes de défense immunitaire de l’organisme. Elle aide à combattre les infections sans permettre de les éviter.

Les herbes médicinales, l’homéopathie, les vitamines, l’acuponcture et la chiropraxie ne remplacent pas les vaccins.

12. Que sont les nosodes et peuvent-ils remplacer les vaccins?

Les nosodes sont des produits homéopathiques dérivés d’éléments de maladies ou de tissus malades. La préparation de nosodes est composée de dilutions successives d’une matière biologique, généralement par un facteur de 100.

La Société canadienne de pédiatrie ne recommande pas leur utilisation Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre, car il n’y a pas de preuve que les nosodes sont efficaces pour prévenir les maladies infectieuses.

Selon Santé Canada, 

« les nosodes ne sont pas et n’ont jamais été autorisés par Santé Canada comme alternatives à la vaccination, mais ils ont fait l’objet de promotions à cet effet et ont été utilisés comme tels par certains professionnels de la santé en médecine complémentaire et certains groupes anti-vaccination » (Canada, Information sur les produits homéopathiques : Nosodes Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre).

Santé Canada exige depuis 2016 que l’étiquetage des produits de type nosodes inclue cette information : 

« Ce produit n’est ni un vaccin, ni une solution de rechange à la vaccination. Son efficacité pour la prévention des infections n’a pas été prouvée. Santé Canada déconseille son utilisation chez les enfants et recommande la vaccination systématique des enfants » (Canada, Modification de l’étiquetage des nosodes et des produits homéopathiques pour enfants contre la toux, le rhume et la grippe Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre).

13. La maman ne protège-t-elle pas son bébé contre les infections grâce aux anticorps qu’elle lui transmet durant la grossesse et durant l’allaitement si elle l’allaite?

Les anticorps transmis au bébé vers la fin de la grossesse le protègent seulement en partie après la naissance. Ces anticorps sont éliminés graduellement dans les semaines ou les mois suivant l’accouchement.

La quantité d’anticorps transmis dépend de l’immunité de la mère elle-même.

Cette protection est incomplète et temporaire, et ne protège pas le bébé contre toutes les infections évitables par la vaccination.

Le lait maternel protège contre certaines infections mineures. En revanche, il ne protège pas contre les maladies évitables par la vaccination.

Le lait maternel est l’aliment idéal pour les bébés. Il contribue à prévenir des infections telles que les infections respiratoires virales, les otites et la diarrhée, mais il ne peut pas remplacer les vaccins.

Nombre de vaccins ou moment de la vaccination

14. Les vaccins peuvent‑ils épuiser ou surcharger le système immunitaire?

Non. Il n’existe pas de nombre maximal de vaccins que l’on peut donner en même temps à un enfant.

Les enfants sont exposés à plusieurs types de microbes chaque jour quand ils respirent, mangent, boivent ou jouent.

En donnant plusieurs vaccins simultanément, on protège les enfants plus tôt contre un plus grand nombre de maladies et on épargne aux parents le temps et les frais liés à des consultations répétées.

L’administration simultanée de vaccins a été étudiée et est sécuritaire et efficace.

Généralement, le fait de donner plusieurs injections au cours d’une même visite n’augmente pas la fréquence, l’intensité ou la gravité des réactions aux vaccins administrés. Le traitement de l’inconfort de l’enfant vacciné sera le même. Lorsque cela est possible, des vaccins combinés sont utilisés (ex. : DCaT‑HB‑VPI‑Hib). Ces vaccins réduisent le nombre de piqûres et diminuent l’inconfort de l’enfant. Voir Administration des produits immunisants, Administration de plusieurs injections lors d’une même visite.

Même si les enfants reçoivent plus de vaccins qu’autrefois, ces derniers contiennent au total beaucoup moins d’antigènes qu’auparavant. En 1980, les vaccins du calendrier régulier de vaccination contenaient en tout plus de 3 000 antigènes. En 2018, les 14 vaccins du calendrier régulier de vaccination en contiennent 20 fois moins (environ 150 antigènes).

15. Mon enfant est si petit. Pourquoi ne pas commencer sa vaccination après l’âge de 1 an?

Parce que le risque de complications de plusieurs maladies est plus important dans la 1re année de vie (ex. : méningite à Hæmophilus influenzæ de type b, coqueluche, infection à pneumocoque).

Il est recommandé de respecter le calendrier proposé pour protéger l’enfant au moment où il en a le plus besoin (voir la question 6).

16. Est‑ce possible d’administrer à mon enfant 1 composant d’un vaccin combiné ou de choisir parmi plusieurs vaccins?

Parfois, les vaccinateurs reçoivent des demandes de vaccination « à la carte », par exemple :

  • Donner à un bébé le vaccin dT plutôt que le vaccin combiné recommandé (vaccin DCaT‑HB‑VPI‑Hib).
  • Donner à un enfant âgé de 12 mois un seul des vaccins recommandés à cet âge (vaccins RRO, Men‑C‑C et Pneu‑C) et retarder les autres.
  • Donner le vaccin contre le tétanos seul plutôt que le vaccin combiné recommandé (dT ou dcaT).
  • Donner le vaccin contre la rubéole seul sans les composants contre la rougeole et les oreillons.

Dans ces situations, en plus de l’approche mentionnée à la section Communication efficace en vaccination, d’autres éléments peuvent être utiles pour aider le parent à prendre une décision éclairée :

  • Revoir avec le parent les recommandations de vaccination au Québec selon l’âge de l’enfant.
  • Expliquer l’importance de respecter le calendrier recommandé (voir la question 6).
  • Expliquer les risques associés à une vaccination incomplète ou retardée.
  • Rappeler au parent que la décision finale lui revient en précisant que :
    • certains vaccins ne sont pas disponibles au Québec (ex. : tétanos seul, rubéole seul);
    • on ne peut pas administrer un vaccin pour un usage non homologué par le fabricant ni permis par le PIQ, par exemple le vaccin  dT chez un bébé.
  • Respecter le choix du parent et administrer à l’enfant les vaccins acceptés par le parent si leur utilisation est conforme au PIQ. Ne pas décider à la place du parent quels vaccins peuvent être reportés.
  • Se montrer disponible pour discuter à nouveau avec le parent.

Sécurité

17. On entend dire que les vaccins peuvent causer diverses maladies ou divers problèmes de santé (ex. : allergies, asthme, fatigue chronique, syndrome de mort subite du nourrisson, cancer). Qu’en est‑il?

Les vaccins sont très sécuritaires.

Les travaux scientifiques menés à l’échelle mondiale sur la sécurité des vaccins, notamment par l’OMS et l’HMD aux États-Unis, montrent clairement que :

  • Le vaccin RRO ne cause pas l’autisme ni les maladies inflammatoires de l’intestin (voir la question 18).
  • Le thimérosal ne cause pas l’autisme (voir la question 19).
  • Le vaccin contre la coqueluche n’entraîne pas de lésions au cerveau.
  • Le vaccin HB ne cause pas de sclérose en plaques ni de rechute chez les personnes atteintes de cette maladie.
  • Le vaccin HB ne cause pas le syndrome de fatigue chronique.
  • Les vaccins administrés aux enfants n’augmentent pas le risque d’asthme ou d’allergies.
  • Les vaccins ne causent pas le syndrome de mort subite du nourrisson.
  • Les vaccins ne causent pas le cancer ni le diabète de type I.

Au Québec, tout vaccinateur ou professionnel de la santé habilité à poser un diagnostic ou à évaluer la condition de santé d’une personne doit déclarer aux autorités de santé publique les MCI survenant après une vaccination.

Lorsque des réactions inhabituelles se produisent, les autorités de santé publique examinent plusieurs critères avant de conclure qu’elles sont causées par le vaccin :

  • La réaction est-elle survenue après la vaccination?
    Ce critère est essentiel mais non suffisant pour conclure à une relation causale. Un problème de santé peut survenir par hasard après l’administration d’un vaccin, sans que le vaccin en soit la cause, par exemple un rhume.
  • Le problème signalé est-il plus fréquent chez les personnes vaccinées que chez les personnes qui ne sont pas vaccinées?
  • A-t-on observé le même problème ailleurs dans le monde?
  • Un mécanisme biologique permet-il d’expliquer comment le vaccin peut entraîner le problème signalé?

La détection de réactions inattendues conduit à la réalisation de recherches plus précises et à l’adoption de mesures appropriées. Par exemple, en 2000, la détection du SOR à la suite du vaccin Inf injectable au Québec a conduit à des modifications dans le processus de fabrication du vaccin.

Au Québec, en vertu de la LSP, il existe un Programme d’indemnisation des victimes d’une vaccination.

Ce programme permet à la victime d’un préjudice corporel causé par une vaccination d’être indemnisée par le MSSS. La vaccination doit avoir eu lieu au Québec, et il doit s’agir d’un vaccin ou d’immunoglobulines contre des maladies ou des infections déterminées par règlement. L’indemnisation se fait sans égard à la responsabilité de quiconque.

Pour plus d’information sur ce programme, consulter le Portail santé mieux-être Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre.

Pour en savoir plus sur la sécurité des vaccins, voir le site Internet du MSSS et Manifestations cliniques, Surveillance des manifestations cliniques

18. Le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons peut‑il causer l’autisme ou d’autres troubles du développement?

Non. Le vaccin RRO ne cause pas l’autisme ni d’autres troubles du développement.

Une grande partie de la controverse liée au vaccin RRO et l’autisme provient d’un seul article, publié en 1998, qui laissait croire à un lien. Depuis, on a établi que cette étude était frauduleuse et que l’auteur avait des conflits d’intérêts, et l’article a été retiré de la revue dans laquelle il avait été publié.

Ces fausses allégations ont amené des parents à refuser la vaccination, entraînant une chute des taux de vaccination. Cette chute explique en grande partie le retour en force de la rougeole en Europe avec une extension ailleurs dans le monde, notamment au Québec en 2011.

Depuis, de nombreuses études Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre réalisées aux États‑Unis, au Royaume‑Uni, au Danemark et au Québec auprès de centaines de milliers d’enfants montrent que l’autisme n’est pas plus fréquent chez les enfants ayant reçu le vaccin RRO que chez les enfants ne l’ayant pas reçu.

Plusieurs raisons expliquent la persistance de la fausse croyance sur le lien entre le vaccin et l’autisme malgré les preuves scientifiques :

  • L’autisme est habituellement diagnostiqué à l’âge (18-30 mois) où les enfants reçoivent le vaccin RRO (12-18 mois).
  • L’augmentation, depuis les années 1990, du taux d’autisme dans bon nombre de pays s’est produite bien après l’implantation des programmes de vaccination avec le vaccin RRO, qui, au Québec, est utilisé depuis 1976.
  • L’augmentation du taux d’autisme est expliquée en partie par le changement dans les critères diagnostiques, qui incluent depuis les années 1990 des formes d’autisme plus légères ou moins classiques (regroupées sous le nom de troubles envahissants du développement).
  • Une meilleure sensibilisation de la population et des professionnels de la santé fait en sorte que l’autisme est reconnu plus fréquemment.

Les experts croient que des facteurs à la fois génétiques et environnementaux jouent un rôle dans l’autisme, et l’étiologie de la maladie pourrait être multifactorielle.

19. Le thimérosal contenu dans les vaccins peut‑il entraîner l’autisme ou d’autres troubles du développement?

Non. Le thimérosal ne cause pas l’autisme ni d’autres troubles du développement.

Au Québec et au Canada, le thimérosal est utilisé comme agent de conservation uniquement dans les fioles multidoses des vaccins Inf injectables.

Il n’y a pas de thimérosal dans les fioles multidoses des autres vaccins, ni dans les fioles et seringues unidoses.

Au Québec et au Canada, les vaccins destinés aux enfants proviennent de fioles et seringues unidoses depuis 1996.

Une fois dans l’organisme, le thimérosal se transforme en éthylmercure. Cette forme de mercure ne reste pas dans l’organisme; elle est rapidement excrétée.

Il n’y a aucun lien de cause à effet entre le thimérosal et l’autisme. Plusieurs études, dont une revue de l’HMD des États-Unis, l’ont prouvé :

  • L’autisme n’est pas plus fréquent chez les enfants qui ont reçu des vaccins contenant du thimérosal que chez ceux ayant reçu des vaccins sans thimérosal.
  • Le risque d’autisme n’augmente pas avec la quantité totale de thimérosal reçu par les enfants.
  • Jusqu’en 2001, les vaccins destinés aux nourrissons contenaient du thimérosal aux États‑Unis, mais n’en contenaient pas au Canada. Pourtant, les taux d’autisme ne sont pas plus élevés aux États‑Unis qu’ici.
  • Les cas d’autisme continuent d’augmenter même si, en 2001, le thimérosal a été retiré des vaccins administrés aux tout‑petits aux États-Unis.

20. L’aluminium présent dans certains vaccins peut‑il causer des réactions graves?

Non. Aucune étude n’a démontré que l’aluminium était associé à des réactions graves.

Depuis des décennies, l’aluminium est utilisé comme adjuvant dans les vaccins (ex. : DCT, DCaT, dT, HA, HB). Il déclenche au point d’injection une réaction qui attire des cellules du système immunitaire et prolonge le temps de contact de l’antigène avec ces cellules. Ce faisant, l’aluminium stimule la réaction immunitaire et permet de diminuer la quantité d’antigènes requise.

L’aluminium est présent partout dans l’environnement. La quantité contenue dans les vaccins est bien inférieure à la dose considérée comme sécuritaire.

L’aluminium contenu dans les vaccins peut entraîner des réactions locales comme une rougeur, une sensibilité, un œdème et, dans certains cas, un nodule au point d’injection. Ces manifestations sont sans danger et disparaissent dans les jours suivant la vaccination; les nodules peuvent persister un peu plus longtemps.

Parfois, l’aluminium contenu dans les vaccins peut persister au site d’injection pendant quelques années, mais ne cause pas de problème de santé ni une myofasciite à macrophages, décrite uniquement en France et chez un petit nombre de cas ayant présenté de la douleur musculaire diffuse. Des experts indépendants français et ceux de l’OMS Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre sont d’avis que les changements microscopiques observés dans la biopsie musculaire faite chez ces personnes témoignent de la réponse immunitaire normale à un vaccin adsorbé sur sel d’aluminium.

21. Les vaccins contiennent‑ils du sang, du sérum ou des tissus d’origine animale ou humaine?

Non. Aucun vaccin ne contient de sang, de sérum, de cellules ou de tissus dérivés d’humains ou d’animaux.

Les vaccins sont des produits biologiques; il faut parfois utiliser des cellules pour les produire. Ce procédé est soumis à une réglementation stricte et ne présente aucun risque pour la santé humaine.

Pendant leur fabrication, les vaccins sont purifiés. De plus, les vaccins sont testés pour s’assurer qu’ils ne contiennent aucun agent infectieux.

Des substances dérivées de bovins (ex. : gélatine et lactose) sont parfois utilisées dans la fabrication de certains vaccins. C’est pourquoi plusieurs personnes se sont demandé si les vaccins pouvaient transmettre la maladie de la vache folle aux êtres humains. Le risque théorique d’être exposé par la vaccination à cette maladie est de 1 sur 40 milliards de doses. Bien que ce soit là un risque théorique infime, les fabricants de vaccin s’efforcent de trouver des composants pour remplacer les substances d’origine bovine.

Précisions sur certains vaccins

22. Pourquoi vacciner mon enfant contre une maladie qui semble sans conséquences comme la varicelle?

Parce que la varicelle peut avoir des conséquences graves. Elle entraîne des complications dans 5‑10 % des cas : infections cutanées, otite moyenne, bactériémie, pneumonie et autres. De plus, elle augmente de 40 à 60 fois le risque d’infection invasive à streptocoque du groupe A et de 6 fois le risque de fasciite nécrosante, communément appelée bactérie mangeuse de chair.

Avant l’implantation du programme de vaccination au Québec, la varicelle entraînait chaque année de 400 à 500 hospitalisations et 2 décès. La majorité des hospitalisations (de 85 à 90 %) et la moitié des décès étaient recensés chez les enfants âgés de moins de 12 ans.

La vaccination a permis de diminuer de 85 % le nombre d’hospitalisations dans tous les groupes d’âge (94 % chez les enfants âgés de 1 à 2 ans), et un seul décès chez un enfant trop jeune pour être vacciné a été rapporté depuis l’implantation du programme de vaccination. Pour plus de détails, voir la section Impacts des programmes de vaccination, Impact de certains programmes de vaccination au Québec.

23. Le vaccin contre les virus du papillome humain est-il efficace, sécuritaire? Vacciner à 9-10 ans, n’est-ce pas trop tôt?

Le vaccin contre les VPH est recommandé avant le début des activités sexuelles :

  • Le vaccin est plus efficace lorsque la personne qui le reçoit n’a jamais eu d’infection à VPH. Comme l’infection se produit habituellement au cours des premières années d’activité sexuelle, la vaccination devrait idéalement avoir lieu avant les premières relations sexuelles. Au Québec, à 14 ans, 15 % des jeunes ont eu une première relation sexuelle.
  • La vaccination des jeunes âgés de 9 à 10 ans permet de les protéger avant le début de la vie sexuelle, d’autant plus que les jeunes de cet âge répondent mieux aux vaccins que les personnes plus âgées.
  • Plusieurs études ont montré que la vaccination à cet âge n’était pas associée à des relations sexuelles plus précoces chez les jeunes vaccinés.

Le vaccin contre les VPH est efficace :

  • La vaccination amène une diminution des condylomes ainsi qu’une réduction des infections et des lésions précancéreuses causées par les VPH inclus dans le vaccin.
  • Même si le délai est de plusieurs années entre l’infection et le développement d’un cancer, une étude a déjà démontré une haute efficacité du vaccin bivalent contre les cancers du col de l’utérus.

Le vaccin contre les VPH est sécuritaire Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre :

  • À ce jour, plus de 270 millions de doses de vaccin contre les VPH ont été administrées dans le monde.
  • Selon les données scientifiques actuelles, aucun problème grave ou inhabituel n’est lié à ce vaccin. Aucun lien n’a été établi entre ce vaccin et certaines maladies graves ou des décès.

Pour en savoir plus, voir le document Vaccination contre les virus du papillome humain (VPH) – Questions et réponses et mises à jour à l'intention des intervenants ou assister à un webinaire sur le vaccin contre les VPH.

24. J’ai entendu dire que le vaccin contre la grippe n’était pas efficace. Qu’en est-il?

Le vaccin demeure le meilleur moyen de protection contre la grippe et ses complications.

Les virus de l’influenza sont des virus qui peuvent changer très rapidement, même entre le moment de la fabrication du vaccin et la saison de la grippe. Les épidémies de grippe varient en importance, et les groupes d’âge les plus touchés peuvent aussi changer selon les années.

L’efficacité du vaccin Inf varie selon la concordance entre les souches contenues dans le vaccin et les souches des virus circulants. Elle varie également selon les populations et les pays où ont lieu les études. Elle oscille entre 40 et 60 %, mais peut être plus faible.

Les personnes atteintes de maladies chroniques et les personnes âgées sont celles qui bénéficient le plus du vaccin, car elles sont les plus à risque de souffrir des complications ou de mourir si elles contractent la grippe.

Le vaccin Inf ne peut pas causer la grippe :

  • Le vaccin Inf injectable contient des virus tués ou seulement une partie des virus.
  • Le vaccin Inf intranasal contient des virus atténués qui ne survivent pas bien à la chaleur et, donc, qui ne peuvent pas se multiplier dans les voies respiratoires inférieures (bronches, poumons).

Ressources Internet crédibles sur la vaccination

Les sites Internet de qualité sur la vaccination sont nombreux, mais beaucoup de sites n’ayant aucune assise scientifique reconnue et pouvant contenir de l’information trompeuse existent aussi.

Un site dont le contenu est fiable :

  • Indique clairement sa mission et son but.
  • Fournit de l’information récente, fondée sur des données scientifiques sérieuses et approuvées par des organismes et experts reconnus.
  • Indique les groupes ou organismes qui le financent ainsi que leurs coordonnées.

La plupart des sites de qualité comportent une section pour les parents et une pour les professionnels de la santé. Ils offrent sensiblement les mêmes contenus. Pour savoir comment reconnaître une bonne source et avoir une liste de sites Internet fiables, voir le Portail santé mieux-être Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre.

Conclusion

De nombreuses maladies pouvant être évitées par la vaccination sont aujourd’hui si rares que la population n’en voit plus de cas. Dans ce contexte, on comprend que la population ait des doutes sur la sécurité des vaccins et qu’elle hésite à se faire vacciner.

Un échange ouvert et des explications claires données au bon moment peuvent aider la population à soupeser les bienfaits des vaccins et les risques des maladies, en tenant compte du très faible risque lié au vaccin.

En donnant l’heure juste sur les allégations non fondées et en maintenant la confiance dans les vaccins, on permettra à la vaccination de demeurer la mesure de prévention la plus efficace dans l’histoire de la médecine.

Dernière mise à jour : 30 avril 2018, 15:49

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