Information pour les professionnels de la santé

Vaccination contre la COVID-19

À savoir sur les vaccins contre la COVID-19

En tant que professionnels de la santé, vous avez une grande influence auprès de la population pour la vaccination, y compris celle contre la COVID‑19. La façon dont vous allez expliquer les vaccins contre la COVID‑19 sera déterminante pour la confiance que la population accordera à la vaccination.

Vous pouvez référer vos patients qui souhaitent se tenir informés sur la vaccination contre la COVID‑19 à la page Déroulement de la vaccination Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. sur Québec.ca

Développement des vaccins contre la COVID-19

La création d’un nouveau vaccin peut prendre des années. Cependant, le développement des vaccins contre la COVID-19 progresse rapidement pour de nombreuses raisons, notamment :

  • l’adaptation rapide des programmes de recherche existants tels que ceux axés sur la technologie à base d’ARN et de vecteur viral;
  • la collaboration internationale entre scientifiques, professionnels de la santé, chercheurs, industrie et gouvernements;
  • l’augmentation du financement dédié;
  • le recrutement rapide des participants aux essais cliniques;
  • la mise en place rapide d’essais cliniques pour démontrer l’efficacité du vaccin;
  • l'adaptation du processus d’approbation des vaccins pour examiner les données fournies par le fabricant au fur et à mesure qu’elles sont disponibles.

Autorisation des vaccins contre la COVID-19 par Santé Canada

Le processus de développement d’un vaccin Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. est décrit sur Quebec.ca. Vous pouvez aussi voir une vidéo de Santé Canada COVID‑19 : Comment les vaccins sont créés? Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. pour connaître les étapes de développement d’un vaccin.

Santé Canada approuve un vaccin seulement s’il est étayé par des données scientifiques très solides et des données probantes montrant que les avantages du vaccin l’emportent clairement sur les risques qu’il pourrait occasionner.

Adaptation du processus d’autorisation

Les processus relatifs à l’autorisation du vaccin contre le COVID-19 ont été adaptés pour qu’un examen indépendant soit effectué le plus rapidement possible, mais Santé Canada n’a jamais fait de compromis. Un examen méticuleux et approfondi a eu lieu.

Le processus habituel d’examen d’un vaccin commence lorsque tous les essais cliniques sont terminés et que les détails de la fabrication ont été finalisés. Ensuite, un ensemble complet d’informations est soumis à Santé Canada pour examen réglementaire. Santé Canada examine normalement une demande de médicament ou de vaccin dans un délai d’environ 300 jours.

Nouvellement introduit en vertu de l’arrêté d’urgence sur les essais cliniques d’instruments médicaux et de drogues en lien avec la COVID-19 Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre., un examen en continu permet à un fabricant de médicaments de présenter sa demande d’autorisation avant d’avoir terminé tous les essais cliniques. Cela signifie qu’il peut soumettre les données requises à mesure qu’elles deviennent disponibles au lieu d’attendre que tout soit terminé. C’est le cas des vaccins contre la COVID-19.

Pour en savoir plus sur les étapes d’évaluation des vaccins par Santé Canada, consultez la page Réglementation des vaccins à usage humain au Canada Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre..

Sécurité des vaccins contre la COVID-19

Santé Canada continuera de travailler en étroite collaboration avec ses homologues internationaux et provinciaux pour surveiller et assurer l’innocuité et l’efficacité des vaccins contre la COVID‑19.

Le Canada et le Québec disposent d’un système très complet pour assurer la surveillance de la sécurité des vaccins après leur mise en marché. Cette surveillance permet de détecter des réactions indésirables très rares, le cas échéant.

Au Québec, chaque signalement de manifestation clinique inhabituelle (MCI) est examiné par des experts afin d’identifier rapidement tout problème de sécurité. Pour connaître le système de surveillance des manifestations cliniques inhabituelles, consulter la page Manifestations cliniques inhabituelles. Il est important de souligner que les MCI graves doivent être déclarées rapidement.

Depuis janvier 2021, une surveillance active des manifestations cliniques s’ajoute au système habituel de surveillance. Pour chaque nouveau vaccin contre la COVID‑19 qui sera administré au Québec, un suivi sera fait auprès de 30 000 personnes pour documenter la survenue ou l’aggravation d’un problème de santé suffisamment sérieux pour avoir requis une consultation médicale dans les 7 jours précédents et les 7 jours suivant la vaccination.

Types de vaccins contre la COVID-19

Trois principaux types de vaccins contre la COVID-19 sont ou seront autorisés au Canada au cours des prochains mois. Tous permettent au corps de reconnaître et de se protéger contre le virus SRAS‑CoV‑2. Ils ciblent tous la protéine de spicule (protéine S) à la surface du virus. Aucun ne peut donner la COVID‑19.

  • Vaccins à ARN messager : contient une partie du matériel génétique du virus (l’ARN messager) qui donne les instructions à nos cellules pour fabriquer la protéine S. Après avoir produit des copies de cette protéine, nos cellules détruisent rapidement l’ARN messager. Notre système immunitaire reconnaît que cette protéine est étrangère et produit des lymphocytes T et des lymphocytes B pour la neutraliser.
  • Vaccins à protéine sous-unitaire : contiennent la protéine S et non le virus entier. Certains contiennent une substance auxiliaire, un adjuvant pour induire une réponse immunitaire plus robuste. À la suite de la vaccination, notre système immunitaire reconnaît que cette protéine est étrangère et produit des lymphocytes T et des lymphocytes B pour la neutraliser.
  • Vaccins à vecteur viral : contiennent une version affaiblie d’un virus inoffensif pour l’humain dans lequel une partie du matériel génétique du virus a été introduit. Lorsque le vecteur viral pénètre dans nos cellules, il donne des instructions pour fabriquer la protéine S. Nos cellules font alors des copies de cette protéine. Notre système immunitaire reconnaît que cette protéine est étrangère et produit des lymphocytes T et des lymphocytes B pour la neutraliser.

Les vaccins contre la COVID-19 travaillent de manières différentes pour offrir une protection contre la maladie, mais tous nous procurent des lymphocytes T mémoires et des lymphocytes B mémoires qui vont reconnaître et savoir comment combattre le virus dans le futur.

Généralement, le corps prend deux semaines à produire des lymphocytes T et des lymphocytes B après la vaccination. C’est pourquoi il est possible qu’une personne déjà infectée par le SRAS‑CoV‑2 juste avant ou après la vaccination développe la COVID‑19 parce que le vaccin n’a pas eu le temps de la protéger.

Vaccins à ARN (acide ribonucléique) messager contre la COVID-19

Bien que les vaccins à ARN messager contre la COVID-19 soient les premiers vaccins de ce type fabriqués à large échelle et approuvés par Santé Canada, les chercheurs étudient et travaillent avec les vaccins à ARN messager depuis des décennies. Ces vaccins ne sont pas nouveaux, car ils ont déjà été étudiés pour la grippe, le Zika, la rage et le cytomégalovirus (CMV) ainsi que pour une immunothérapie anticancéreuse.

Fonctionnement des vaccins à ARN messager

Les vaccins à ARN messager ne contiennent pas le virus; ils ne peuvent donc pas donner la COVID-19. De plus, ces vaccins n’affectent pas, n’interagissent pas et n’altèrent pas notre ADN (acide désoxyribonucléique) de quelque manière que ce soit, car l’ARN messager ne pénètre pas dans le noyau de nos cellules. Ils utilisent plutôt la réponse de défense naturelle du corps en fournissant des instructions génétiques inoffensives données par l’ARN messager.

Les vaccins à ARN messager contiennent une portion de l’ARN (acide ribonucléique) du virus, molécule du mode d’emploi pour fabriquer des protéines. L’ARN messager est entouré de lipides pour empêcher sa dégradation trop rapide et lui permettre ainsi de pénétrer dans les cellules.

Une fois à l’intérieur des cellules, l’ARN messager trouve, dans le cytoplasme, les ribosomes qui fabriquent toutes les protéines du corps. Les ribosomes décodent le mode d’emploi fourni par l’ARN messager et fabriquent une protéine de spicule (protéine S) identique à celle qui se trouve à la surface du SRAS‑CoV‑2. La protéine S est un bon antigène et sa présence va stimuler le système immunitaire pour qu’il se défende. L’ARN messager des vaccins se décompose dans les jours qui suivent la vaccination.

Alerté par la présence des antigènes (protéine S), le système immunitaire s’active et produit des anticorps et des lymphocytes qui vont défendre le corps si le vrai virus SRAS‑CoV‑2 se présente.

Les vaccins à ARN messager sont très purs. Ils ne contiennent ni antibiotique ni produit de conservation. C’est le corps qui crée lui-même les antigènes dans un premier temps et les anticorps dans un deuxième temps. Le fragment d’ARN se dégrade rapidement suivant l’injection du vaccin. Il n’y a aucun risque que le vaccin modifie notre code génétique.

Indications relatives aux vaccins à ARN messager contre la COVID‑19

Le vaccin contre la COVID-19 est indiqué et gratuit pour toutes les personnes résidant au Québec.

Le vaccin de Pfizer/BioNTech peut être administré à partir de l’âge de 16 ans. Le vaccin de Moderna peut être administré à partir de l’âge de 18 ans. Ces vaccins sont contre-indiqués pour les personnes ayant un antécédent de réaction anaphylactique suivant l’administration d’une dose antérieure du même vaccin ou d’un autre produit ayant un composant identique.

À ce jour, il n’y a que peu ou pas de données sur l’innocuité et l’efficacité de ces vaccins pour les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes immunosupprimées et celles atteintes d’une maladie auto-immune ou démyélinisante. Consulter le Protocole d’immunisation du Québec pour connaitre les précautions qui s’appliquent pour ces clientèles.

Lorsque plus de données seront disponibles, ces recommandations pourraient changer. Pour recevoir en temps réel les mises à jour, s’inscrire à l’infolettre du PIQ.

Manifestations cliniques à la suite de l’administration des vaccins à ARN messager

La majorité des gens ressentent de la douleur au point d’injection après la vaccination. Les réactions systémiques telles que la fatigue, les maux de tête, la fièvre et les frissons sont fréquentes, particulièrement après la 2e dose. Ces réactions sont généralement légères ou modérées et durent de 24 à 48 heures. Des réactions qui empêchent la poursuite des activités quotidiennes pendant 1 ou 2 jours peuvent survenir chez une petite minorité de vaccinés, notamment de la fatigue, un mal de tête et des douleurs musculaires ou articulaires. Ces réactions sont moins fréquentes chez les personnes âgées. Elles arrivent un peu plus souvent au moment de la 2e dose.

Certains symptômes peuvent être causés par le vaccin lui-même (ex. : douleur à l’endroit où l’injection a été faite); d’autres problèmes peuvent arriver par hasard, sans lien avec le vaccin (ex. : rhume, gastro).

Des cas de paralysie de Bell ont été observés à la suite de l’administration des deux vaccins à ARN messager. L’incidence des cas de paralysie de Bell chez les vaccinés est estimée à environ 17,7 par 100 000 et n’est pas supérieure à l’incidence attendue dans la population générale, qui varie de 15 à 30 par 100 000 personnes.

Pour en savoir davantage sur les manifestations cliniques survenant après la vaccination contre la COVID‑19, consulter le Protocole d’immunisation du Québec.

Réaction allergique immédiate après la vaccination

Les données préliminaires de la surveillance passive au Québec font état de 5 cas d’anaphylaxie à la suite de l’administration des vaccins à ARN messager. L’incidence est estimée à environ 4,4/100 000 doses administrées. La fréquence de ces réactions demeure très rare, mais elle est supérieure aux fréquences généralement attendues pour les vaccins. Une surveillance étroite se poursuit, notamment pour déterminer les causes. Tous les cas ont bien récupéré.

Dans le Protocole d’immunisation du Québec, la seule contre-indication au vaccin est l’anaphylaxie suivant l’administration d’une dose antérieure du même vaccin ou d’un autre produit ayant un composant identique, notamment le polyéthylèneglycol (PEG).

L’Association canadienne d’allergie et d’immunologie clinique a produit un avis Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. sur l’hypothèse soulevée d’allergie à l’éthylène glycol (PEG). Selon cet avis, le PEG est une substance présente dans de nombreux produits bien tolérés tels que laxatifs, produits pour les soins de la peau, cosmétiques, aliments et boissons.

Efficacité des vaccins à ARN messager

Dans des études chez près de 40 000 sujets âgés de 16 ans et plus, après la 2e dose, le vaccin de Pfizer/BioNTech était efficace à 95 % pour prévenir la COVID-19. L’efficacité était similaire chez les personnes âgées de 65 ans et plus.

Dans des études menées chez plus de 30 000 sujets âgés de 18 ans et plus, après la 2e dose, le vaccin de Moderna était efficace à 94,1 % pour prévenir la COVID‑19 et à 100 % pour prévenir une maladie grave. Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, le vaccin était efficace à 86,4 % pour prévenir la COVID-19.

L’efficacité des deux vaccins 14 jours après la 1re dose et avant la 2e dose est de 92 %. Compte tenu de l’efficacité obtenue après la 1re dose, le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) recommande le report de la 2e dose en contexte de pénurie de vaccins et de propagation très élevée de la COVID-19 au Québec afin de vacciner le plus rapidement possible les personnes faisant partie des groupes prioritaires. Cette recommandation été réitérée dans une Demande complémentaire pour l’avis Stratégie de vaccination contre la COVID-19 : report de la 2e dose en contexte de pénurie Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre..

La durée de la protection est inconnue de même que la nécessité de doses de rappel. Les études se poursuivent.

Disponibilité des vaccins contre la COVID-19

Les premiers vaccins à ARN messagers à être autorisés par Santé Canada sont ceux des compagnies Pfizer/BioNTech et Moderna. Ils sont conservés à très basse température.

Les vaccins de Pfizer/BioNTech (disponible depuis la mi‑décembre 2020) et de Moderna (disponible depuis le début janvier 2021) sont administrés à un nombre restreint de personnes en raison d’un nombre limité de doses. Le nombre de personnes vaccinées augmentera au fur et à mesure que le nombre de doses disponibles le permettra.

Le Comité sur l’Immunisation du Québec (CIQ) a produit un Avis préliminaire sur les groupes prioritaires pour la vaccination contre la COVID‑19 au Québec Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre.. Le CIQ recommande un séquençage pour organiser la priorisation des groupes à vacciner. Les personnes vulnérables et en grande perte d’autonomie qui résident dans les CHSLD des réseaux public et privé viennent au premier rang suivi des travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux considérés comme prioritaires. La démarche pour déterminer le séquençage de la vaccination des travailleurs de la santé a été réalisée et la Directive sur la priorisation des travailleurs de la santé pour les rendez-vous de vaccination COVID-19 et des personnes proches aidantes dans les CHSLD est actuellement en vigueur. L’objectif est de vacciner l’ensemble des travailleurs de la santé dès qu’un nombre suffisant de doses de vaccin sera disponible.

La distribution des vaccins est centralisée et gérée par le ministère de la Santé et des Services sociaux. La vaccination a commencé en décembre 2020 avec le vaccin de Pfizer/BioNTech livré directement par le fabricant à un peu plus de 20 sites de vaccination déterminés à l’avance.

Depuis janvier 2021, une livraison hebdomadaire des vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna est prévue.

Consulter la page déroulement de la campagne de vaccination Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre., pour obtenir plus d’informations.

Formation sur la vaccination contre la COVID-19

Le ministère de la Santé et des Services sociaux offre une formation gratuite sur la vaccination contre la COVID-19. Consultez la section Formation sur la vaccination contre la COVID-19 de la page Vaccination - Outils et formation pour en savoir plus.

Références utiles

Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)

Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ). Avis préliminaire sur les groupes prioritaires pour la vaccination contre la COVID-19 au Québec Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre..

Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ). Avis du Comité sur l’immunisation du Québec sur les caractéristiques des vaccins candidats contre la COVID 19 et enjeux relatifs à leur utilisation au Québec Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre..

Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ). Demande complémentaire pour l’avis Stratégie de vaccination contre la COVID-19 : report de la 2e dose en contexte de pénurie Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre..

Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS)

Formation sur la vaccination contre la COVID-19 disponible sur l’environnement numérique d’apprentissage (ENA) provincial. La formation est accessible en utilisant l’hyperlien suivant : https://fcp.rtss.qc.ca/course/view.php?id=9806 Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre..

Questions et réponses sur la campagne de vaccination contre la COVID-19 — À l’intention des professionnels du réseau de la santé et des services sociaux — Publications du ministère de la Santé et des Services sociaux (gouv.qc.ca)

Santé Canada

Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI). Orientations sur l’administration prioritaire des premières doses du vaccin contre la COVID-19 Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre..

Inscription au Bulletin Obtenir des nouvelles sur la COVID-19 Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre.

Centers for Disease Control and Prevention

Site Internet – Section COVID-19 Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. (en anglais seulement)

Dernière mise à jour : 20 janvier 2021, 16:41

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