Ministère de la Santé et des Services sociaux

Information pour les professionnels de la santé

Virus Zika

Contexte

Depuis les années 1950, le virus Zika a été détecté de manière occasionnelle en Afrique et en Asie. Il a causé une éclosion en 2007 en Micronésie (île de Yap) dans le sud-ouest de l'océan Pacifique. Entre 2013 et 2015, plusieurs éclosions importantes ont été signalées dans des îles et des archipels de la région du Pacifique, notamment en Polynésie française.

En Amérique, le virus Zika a été identifié pour la première fois au Brésil en 2015. À la suite de son introduction en Amérique du Sud, il s’est propagé en Amérique centrale, dans les Caraïbes et au Mexique. Aux États-Unis, en 2016, une éclosion locale du virus Zika a été identifiée pour la première fois à Brownsville, au Texas, et à Miami-Dade, en Floride, mais la transmission a été limitée. Depuis 2018, aucun cas acquis localement n’a été rapporté dans la partie continentale des États-Unis.

En février 2016, le lien de causalité entre le virus Zika et certaines malformations congénitales a été confirmé. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré la microcéphalie et d’autres troubles neurologiques liés à la maladie à virus Zika d’urgence de santé publique de portée internationale. L’OMS a mis fin à l’urgence de santé publique en novembre 2016.

Le nombre de cas de maladie à virus Zika diminue depuis 2017 à l’échelle mondiale. Toutefois, de faibles niveaux de transmission vectorielle persistent dans plusieurs pays.

Pour connaître la situation épidémiologique du virus Zika au Canada, consultez la page Risques du Zika pour le voyageur Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. de l’Institut national de santé publique du Québec.

Pour connaître la situation épidémiologique mondiale du virus Zika et avoir accès à la liste des pays touchés par ce virus, consultez les pages suivantes :

Transmission

Le virus Zika est principalement transmis par la piqûre d’un moustique infecté. Le principal vecteur est le moustique Aedes aegypti. Il est actif surtout pendant le jour et en début de soirée. La présence de ce moustique est en grande partie restreinte aux régions tropicales et subtropicales, bien que des populations puissent être isolées dans certains habitats de zones tempérées. Le moustique Aedes albopictus a aussi été impliqué comme vecteur du virus Zika, mais son rôle dans l’éclosion de 2015-2016 est incertain. Ce vecteur est très répandu dans le monde.

Les conditions climatiques du Québec ne sont pas favorables au développement et à l’établissement de ces moustiques, qui ne se sont pas établis non plus ailleurs au Canada. Toutefois, au cours des dernières années, des moustiques A. albopictus ainsi qu’un très petit nombre de moustiques et de larves d’A. aegypti ont été identifiés dans le cadre d’une surveillance rehaussée à Windsor, en Ontario. On ne sait pas si ces moustiques ont été introduits par les transports en provenance des États-Unis ou s’ils ont pu survivre à l’hiver. Des études se poursuivent à ce sujet. Aucun des moustiques analysés n’était positif au virus Zika. Au Québec, un seul œuf d’A. aegypti a été découvert dans le cadre d’une surveillance rehaussée réalisée à proximité des frontières américaines en 2017.

En plus de la transmission par moustiques, la transmission sexuelle du virus, bien que moins fréquente, a été documentée. Plusieurs pays, dont le Canada, l'ont rapportée. Elle peut se faire lors des relations sexuelles vaginales ou anales et possiblement lors de relations orales non protégées. La transmission est aussi possible par le partage de jouets sexuels puisque la présence du virus Zika a été identifiée dans le sperme, les sécrétions vaginales, la salive, l’urine et le lait maternel. Les hommes sont plus susceptibles de transmettre le virus à leurs partenaires sexuels lors de relations sexuelles non protégées. On considère que la période de contagiosité est de trois mois chez les personnes de sexe masculin et de deux mois chez celles de sexe féminin.

La transmission materno-fœtale du virus Zika a aussi été rapportée par plusieurs pays.

Le virus Zika peut aussi se transmettre lors d’une transfusion sanguine. Toutefois, c'est très rare. Par précaution, depuis 2016, Héma-Québec demande aux personnes ayant séjourné ailleurs qu’au Canada, dans la partie continentale des États-Unis ou en Europe d'attendre 21 jours après leur retour au Canada pour faire un don de sang. Cette mesure vise à prévenir les risques liés au virus Zika, mais également ceux de virus similaires tels que les virus de la fièvre dengue et du Chikungunya.

Mesures de prévention

Personnes qui voyagent dans un pays à risque

Toute personne voyageant dans un pays à risque Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. pour le virus Zika devrait :

Au retour du voyage :

Compte tenu de la persistance du virus dans le sperme et dans les sécrétions vaginales, il est recommandé que les personnes ayant voyagé dans les zones de transmission active du virus Zika utilisent une méthode barrière (p. ex. : condom) lors de relations sexuelles (orales, vaginales ou anales) avec tout partenaire, plus particulièrement si la personne est enceinte ou planifie une grossesse. Le partage de jouets sexuels est aussi à éviter. Pour les personnes de sexe masculin, cette recommandation est valable pendant trois mois après leur départ du pays où il y a des cas récents et continus d'infection au virus Zika Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre.. Pour les personnes de sexe féminin, elle est valable pendant deux mois. Cette recommandation est particulièrement importante lorsqu’il s’agit d’une personne enceinte ou qui planifie une grossesse.

Personnes enceintes ou qui planifient une grossesse

Le Comité consultatif du Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine recommande aux personnes enceintes ou qui planifient une grossesse de reporter tout voyage dans une zone de transmission vectorielle active du virus Zika Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre.. Si le voyage ne peut être reporté, ces personnes doivent appliquer rigoureusement les mesures de protection personnelle pour se protéger des piqûres de moustiques Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. en plus des mesures de prévention de la transmission par voie sexuelle.

Il est fortement recommandé d’attendre au moins deux mois après leur retour d’un voyage dans un pays où il y a des cas récents et continus d’infection au virus Zika Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. avant de devenir enceinte.

De plus, selon l’avis d’experts en santé mère-enfant obtenu en juillet 2023, il est particulièrement important de respecter les recommandations précisées dans la section Mesures de prévention lorsque qu’une personne enceinte ou qui pourrait le devenir est impliquée dans le contact sexuel.

Manifestations cliniques

La période d'incubation du virus Zika est estimée à 14 jours. La majorité des personnes infectées (75-80 %) demeurent asymptomatiques. Lorsque le virus cause des symptômes, ceux-ci sont généralement bénins et durent de 2 à 7 jours. Les principales manifestations cliniques sont les suivantes :

  • fièvre peu élevée (38,5 °C ou moins);
  • céphalées;
  • douleur périorbitale, hyperémie conjonctivale ou conjonctivite bilatérale non purulente;
  • éruption cutanée maculopapulaire qui débute souvent au visage pour ensuite s’étendre au corps;
  • asthénie, myalgies;
  • arthrite ou arthralgies transitoires avec possibilité d’œdème, notamment aux petites articulations (mains, pieds).

Les manifestations cliniques sont semblables à celles causées par d’autres infections à arbovirus, telles que la dengue et le chikungunya. Le diagnostic différentiel peut aussi inclure la malaria et d’autres infections virales.

Dans de rares cas, le virus Zika cause :

  • le syndrome congénital du virus Zika se manifestant par des déficits neurologiques et de croissance, dont la microcéphalie, la naissance prématurée et l’avortement spontané;
  • le syndrome de Guillain-Barré (SGB);
  • la polyneuropathie démyélinisante inflammatoire chronique;
  • la polynévrite transitoire aiguë;
  • la méningo-encéphalite;
  • la myélite;
  • l'encéphalomyélite aiguë disséminée;
  • l'encéphalopathie.

L’infection au virus Zika a, dans certains cas, mené au décès chez des personnes présentant des comorbidités et un système immunitaire affaibli.

Surveillance de l'infection par le virus Zika au Québec

Le virus Zika est sous la vigilance de la Direction de la santé publique depuis janvier 2016. L’infection au virus a été ajoutée à la liste des maladies à déclaration obligatoire en octobre 2019.

Le nombre de cas déclarés annuellement entre 2016 et 2023 a varié entre 0 et 88. Le nombre le plus grand a été déclaré en 2016 alors qu’une importante éclosion d’infection au virus Zika était présente en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Tous les cas documentés ont été infectés lors d’un voyage dans un pays où la transmission du virus Zika était active sauf pour deux cas pour lesquels il s’agit d’une transmission materno-fœtale et d’une transmission sexuelle.

Nombre de cas entre 2016 et 2023 :

  • 88 cas en 2016
  • 23 cas en 2017
  • 7 cas en 2018
  • 1 cas en 2019
  • 1 cas en 2020
  • Aucun cas en 2021 et 2022
  • 2 cas en 2023

Recommandations pour le diagnostic de laboratoire de l'infection par le virus Zika

Le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) offre la détection du virus Zika par technique d’amplification des acides nucléiques (TAAN) et, dans des cas spéciaux, par sérodiagnostic avec la technique (ELISA) de dépistage des anticorps IgM et IgG contre le virus Zika. Les tests de confirmation par PRNT (Plaque Reduction Neutralization Test) se font au Laboratoire national de microbiologie.

Les recommandations concernant le diagnostic en laboratoire du virus Zika sont disponibles dans le Guide des services du LSPQ - Virus Zika - Détection des anticorps Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre..

Liens utiles

Dernière mise à jour : 11 juillet 2024, 09:43

Sondage

Nous aimerions recueillir vos impressions sur cette section et en apprendre davantage sur vos habitudes d'utilisation.

Répondre Répondre plus tard
Haut de page