Ministère de la Santé et des Services sociaux

Information pour les professionnels de la santé

Bruit environnemental

Comprendre les indicateurs du bruit environnemental

Pour tenir compte des réponses humaines au bruit et les décrire, divers indicateurs sont utilisés tels que le LAeq et le Lden.

Il est important d’utiliser les bons indicateurs selon les sources de pollution sonore et les situations pour communiquer tant avec les décideurs qu’avec la population. Un bon indicateur doit :

  • représenter adéquatement l’exposition au bruit et les possibles effets sur la santé;
  • être capable de mesurer le bruit avec facilité;
  • être valide, applicable et transparent;
  • être cohérent avec la pratique dans le domaine.

L’indicateur le plus utilisé est le LAeq,T. Il intègre les niveaux ponctuels de bruit en une exposition sous la forme d’un bruit continu équivalent d’énergie pendant une période de temps, comparable à un bruit stable durant cette période. Deux dérivés de cet indicateur, les indicateurs Lden et Lnight, servent au suivi des politiques publiques européennes, comme celles visant le bruit des transports.

Critères d’analyse du bruit et indicateurs à privilégier

Certains indicateurs sont à privilégier dans l’analyse de projets (dont ceux proposés par Santé Canada) :

  • dans le suivi de politiques publiques;
  • dans la gestion du bruit routier et du suivi de chantiers routiers;
  • dans le développement d’un indice de bruit prometteur.

Les indicateurs sont habituellement dérivés ou composés à partir des résultats des mesures acoustiques. Ils sont divisés en quatre groupes :

  • énergétiques (LAeq, Lden, etc.);
  • statistiques (L10, L50, L90, etc.);
  • de crête (ex. : LMax);
  • d’événements (ex. : Émergence, SEL).

Chacun de ces indicateurs a des forces et des limites et c’est pourquoi il faut recourir à plus d’un indicateur pour décrire les situations d’exposition au bruit environnemental.

Pourcentage de personnes fortement gênées (%HA) par le bruit

Santé Canada considère divers paramètres de mesure des effets du bruit sur la santé, dont les plaintes et la variation du pourcentage de personnes fortement gênées (%HA) par le bruit. Ce dernier critère serait à utiliser lors des processus d’évaluations environnementales. Selon les chercheurs de Santé Canada, le pourcentage de personnes fortement incommodées par le bruit est un paramètre d’utilisation à long terme, plus pratique que l’utilisation des plaintes. Son utilisation est justifiée parce que la nuisance causée par le bruit est un effet indésirable sur la santé qui concorde avec la définition de la santé de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Ainsi, pour estimer la sévérité potentielle (potential severity) des impacts du bruit d’un projet, Santé Canada suggère de combiner plusieurs critères tels que l’aménagement, les limites d’exposition, etc., dont un concernant une augmentation de 6,5 % dans la proportion de personnes fortement dérangées par le bruit (%HA). Pour plus de précisions, voir l’avis sur une politique québécoise de lutte au bruit environnemental : pour des environnements sonores sains Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) ainsi que la publication Information utile lors d’une évaluation environnementale Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. de Santé Canada.

Indicateurs d’exposition à privilégier en santé publique

Les indicateurs de bruit doivent être appropriés au type de problème à décrire et au type de situation à analyser. Sur le plan de la santé publique, certains indicateurs semblent mieux traduire les expositions au bruit pouvant causer des effets néfastes sur la santé et la qualité de vie.

Indicateur

Utilisation

Niveau de bruit continu équivalent pondéré « A »-( LAeq, T)

Ce niveau montre certaines faiblesses, mais il est pertinent pour la santé publique lorsqu’il est basé sur une durée adéquate et qu’il peut être finement détaillé.

Niveau sonore continu équivalent pour une période de 24 heures (une journée) (Lden)

Il tient compte de la plus grande nuisance ressentie et de la nécessité du repos en soirée ou pendant la nuit, intégrant une pondération différente pour chaque période. De plus, sa reconnaissance par la Commission européenne comme indicateur de base pour le bruit environnemental en fait un outil utile pour le suivi de politiques publiques comme celles des transports.

Indice du bruit maximum (LAmax), le LAe ou le SEL, et les indicateurs plus temporels comme les L1, L5 ou L10.

Cet indice apporte une meilleure description des événements bruyants ponctuels.

Indicateurs temporels L90 ou L95.

Décrit mieux le bruit ambiant.

Le nombre d’événements ponctuels

Au-delà de certains niveaux de bruit, il est un indicateur important sur le plan de la santé publique, notamment pour la période de la nuit. À titre indicatif, l’OMS a déjà mentionné de limiter entre 10 à 15 le nombre d’événements nocturnes dépassant ou égal à un niveau de bruit pouvant correspondre à un LAmax intérieur de 45 dBA.

L’émergence ou l’indice du bruit émergent

C’est l’indicateur qui permet le mieux de considérer la condition sonore de chaque milieu ainsi que l’impact de l’ajout de sources de bruit, permettant d’évaluer l’acceptabilité de certains bruits et de mieux gérer les problèmes qu’ils causent, tant dans les milieux calmes que dans les milieux déjà bruyants.

Ces indicateurs, lorsqu’ils sont bien utilisés, permettent de mieux connaître l’exposition des personnes, tout en sachant que, pris isolément, ils prédisent mal la nuisance, puisque celle-ci n’est pas uniquement tributaire des paramètres acoustiques. Souvent, ils sont employés dans le cadre de projets ou de situations particulières, mais ils peuvent également être utilisés à plus large échelle et ainsi contribuer aux systèmes de surveillance de l’exposition.

Par exemple, les divers indicateurs de l’exposition provenant de la cartographie font l’objet d’un suivi. Ils sont complétés par d’autres indicateurs, tels que le taux brut de plaintes pour bruit (Angleterre) et la proportion de la population se disant affectée par le bruit de voisinage et le bruit extérieur (obtenue dans le cadre d’une enquête annuelle).

Dernière mise à jour : 08 avril 2019, 15:55

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