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Effets du tabagisme sur la santé

Les données continuent de s’accumuler sur un nombre croissant d’effets du tabagisme sur la santé. Un rapport du Surgeon General des États-Unis, rapport intitulé The Health Consequences of Smoking, conclue que le tabagisme affecte presque chacun des organes du corps humain. Il cause des maladies et il affaiblit la santé du fumeur, plusieurs organes de ce dernier pouvant être touchés simultanément. La recherche en laboratoire permet de plus en plus de comprendre comment se développent ces maladies sur les plans moléculaire et cellulaire.

Morbidité

Selon le rapport du Surgeon General, il est démontré que le tabagisme augmente les risques de plusieurs types de cancers en plus de celui, bien connu, du poumon (85 % des cas, jusqu’à vingt fois plus de risques) : vessie, col de l’utérus, oesophage, rein, larynx, bouche, pharynx, leucémie, pancréas et estomac. Par ailleurs, les données suggèrent, sans être cependant concluantes, que les risques seraient également augmentés pour les cancers colorectaux et les cancers du foie. Les risques de cancer augmentent avec le nombre de cigarettes fumées et le nombre d’années pendant lesquelles la consommation s’est poursuivie. Ces risques liés au tabagisme ne sont pas surprenants compte tenu du fait que la fumée de cigarette est constituée d’environ quatre mille substances chimiques, dont une soixantaine sont considérées comme cancérogènes ou sont suspectées de l’être.

Les risques accrus de maladie cardiovasculaire sont également bien documentés : anévrisme de l’aorte, athérosclérose, accident vasculaire cérébral et maladie coronarienne (risques de décès par cette maladie multipliés par quatre). Le quart des maladies ischémiques du coeur sont causées par le tabac.

Les maladies et les problèmes pulmonaires sont évidemment augmentés par le tabagisme : maladies pulmonaires obstructives chroniques (bronchite chronique et emphysème, dont 75 % des cas sont liés au tabagisme), pneumonie, capacité pulmonaire réduite chez l’enfant dont la mère a fumé pendant la grossesse, croissance pulmonaire réduite chez l’enfant et l’adolescent fumeurs, réduction de la capacité pulmonaire chez le jeune adulte et l’adulte, toux chronique, respiration bruyante, asthme chez les enfants et les adolescents.

Le tabagisme affecte la maternité et augmente les risques de fertilité réduite, de mort subite du nourrisson chez les nouveau-nés de mères qui ont fumé pendant et après la grossesse (de trois à quatre fois plus de risques), de faible poids de naissance et d’accouchement prématuré. Un rapport de la British Medical Association montre également les effets délétères du tabagisme sur la santé sexuelle et sur la santé reproductive.

Mortalité

Selon l’Organisation mondiale de la santé, une personne meurt d’une affection liée au tabac toutes les 6,5 secondes. Dans le monde, plus de 5 millions de personnes en meurent chaque année, et le nombre des victimes devrait doubler au cours des vingt prochaines années pour passer à près de 10 millions en 2020 (source : OMS, Le tabac mortel sous toutes ses formes Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.), l’épidémie continuant de s’étendre, et ce, surtout dans les pays en développement, où vivent 85 % des fumeurs. La moitié des jeunes fumeurs mourront d’une maladie causée par la consommation de tabac, la moitié de ceux-ci décédant avant l’âge de 70 ans et perdant en moyenne 21 ans de vie. Dans une cohorte de 34 439 médecins mâles britanniques nés entre 1900 et 1930, les fumeurs sont décédés en moyenne dix ans plus tôt que les non-fumeurs. Le nombre de décès prématurés (avant l’âge de 70 ans) serait environ deux fois plus élevé chez les fumeurs à vie que chez les non-fumeurs à vie, tant chez les hommes (2,3) que chez les femmes (1,9). Chez les fumeurs canadiens, l’espérance de vie à 35 ans est réduite d’environ 10 à 20 %. Même une consommation quotidienne réduite de cigarettes (une à quatre) peut augmenter la mortalité.

Plus de gens meurent chaque année du tabagisme que des causes suivantes réunies : maladies alcooliques du foie, accidents de la route, suicides et homicides. Le tabagisme est, et de loin, la principale cause évitable de mortalité.

Les effets du tabagisme observés à un moment donné découlent de la consommation qui prévalait quelques décennies plus tôt, étant donné la période de latence qui sépare les deux phénomènes. Donc, malgré la baisse du taux de tabagisme au Québec au cours de la dernière décennie, il y a tout lieu de croire que la courbe actuelle de la mortalité associée à la consommation du tabac ne s’est pas sérieusement infléchie en conséquence.

Voir aussi :