Santé et Services sociaux Québec
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Chaleur accablante et extrême

En raison du réchauffement climatique, les vagues de chaleur accablante et extrême sont de plus en plus fréquentes au Québec. Elles peuvent avoir des effets sur la santé de la
population Lien externe.
et elles engendrent des impacts sanitaires tels que l’augmentation :

  • du volume d’appels à Info-Santé 8-1-1;
  • des transports ambulanciers;
  • des admissions à l’urgence;
  • des hospitalisations;
  • des décès.

Ainsi, en 2010, un excès significatif de 30,1 % des décès hebdomadaires, toutes causes confondues, a été enregistré au Québec pendant la première vague de chaleur de la semaine du 4 au 10 juillet, comparativement aux semaines équivalentes des années 2008 et 2009 (INSPQ, 2010). Pendant ce même épisode de chaleur, les 10 régions ayant reçu des alertes de chaleur extrême sont passées à l’étape de la mobilisation selon leurs plans régionaux de chaleur extrême. En effet, plusieurs directions régionales de santé publique ont développé, en étroite collaboration avec les représentants régionaux de sécurité civile, les centres de santé et de services sociaux (CSSS) et les municipalités, un plan de prévention et de protection conjoint pour lutter contre les effets néfastes de la chaleur accablante et extrême sur la population.

Systèmes d’alerte et de surveillance

Afin de prévenir et d’atténuer les impacts des vagues de chaleur sur la santé de la population, deux systèmes d’alerte et un système de surveillance ont été développés.

Avis de chaleur accablante

Au Canada, des avis de chaleur accablante sont émis par Environnement Canada lorsque l’on prévoit une température de 30 °C ou plus et un indice humidex de plus de 40. Ces avis ont pour but de prévenir le grand public des risques pour leur santé. Ils sont issus de réseaux de veilles et d’avertissements météorologiques publics et sont émis de façon locale à la suite de la consultation de météorologues experts et selon leur expérience du terrain. Ils sont valides à court terme, soit pour une période de six heures, ce qui n’est pas suffisant pour une intervention sanitaire de grande ampleur visant à prévenir un excès de mortalité.

Alertes de chaleur extrême

Au Québec, en plus des avis d’Environnement Canada, des alertes de chaleur extrême sont émises par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et diffusées par les directions de santé publique (DPS) des régions touchées, afin de prévenir et de mobiliser les intervenants du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS). Contrairement aux avis de chaleur accablante, les seuils météorologiques à atteindre pour émettre une alerte de chaleur extrême sont beaucoup plus complexes et sont établis spécifiquement pour chacune des régions, afin d’adapter et d’optimiser les interventions. En moyenne, la température maximale doit atteindre entre 31 et 33 °C le jour et la température minimale entre 16 et 20 °C la nuit, pendant trois journées consécutives ou plus. Ces critères d’alerte, qui tiennent compte de la durée de l’épisode, impliquent un niveau de risque plus élevé pour la santé que ceux d’un avis de chaleur accablante.

La distinction entre ces deux alertes est essentielle. Elle permet de faciliter les communications avec le public, mais également entre les intervenants du RSSS et de la sécurité civile, pour éviter de multiplier les interventions lors des vagues de chaleur. Le RSSS et la sécurité civile entrent en phase de mobilisation uniquement lors d’avertissements de vagues de chaleur extrême.

Système SUPREME

Les impacts sanitaires des périodes de chaleur accablante et extrême sur les individus, les collectivités et le RSSS justifient la surveillance de l’état de santé de la population et de ses déterminants. À cet effet, depuis 2010, un système de veille sanitaire et de surveillance des troubles de la santé liés à la chaleur a été instauré. Lorsqu’un épisode de chaleur accablante ou extrême est envisagé, le Système de surveillance et de prévention des impacts sanitaires des événements météorologiques extrêmes (SUPREME) transmet des avertissements au personnel du RSSS et de la sécurité civile qui y est abonné. Ces alertes, acheminées par courriel ou par message texte, aident les intervenants des différents milieux à mener des activités de prévention et à prendre des décisions quant au lancement des actions. Divers renseignements, tels que les températures et les valeurs humidex prévues sur une période de trois jours, les données historiques et les facteurs pouvant influencer l’effet de la chaleur sur la santé humaine, sont également fournis par le système. Ces renseignements visent à soutenir l’évaluation que font les intervenants du RSSS de la situation vécue sur le terrain en temps réel et de façon continue. Ce système d’aide à la décision est accessible en ligne pour les intervenants par l’intermédiaire d’un portail d'information sécurisé.

Rôle des intervenants

Chaque année, entre le 15 mai et le 30 septembre, les directions de santé publique de toutes les régions sociosanitaires du Québec demeurent vigilantes quant à de potentiels épisodes de chaleur extrême et accablante.

Pendant cette période, les intervenants du RSSS doivent effectuer une surveillance accrue auprès des clientèles les plus à risque Lien externe.de développer des problèmes de santé liés à l’exposition à la chaleur. Ils doivent aussi véhiculer des recommandations générales à la population Lien externe..

Principales étapes d’intervention lors d’un épisode de chaleur extrême

Les définitions présentées dans le tableau suivant ont pour objectif d’harmoniser la communication entre les directions régionales de santé publique et de guider les interventions des différentes régions et de leurs partenaires lors de la gestion des épisodes de chaleur accablante ou extrême. Ces termes décrivant les principales étapes d’intervention lors d’un épisode sont toutefois réservés à la communication entre les intervenants du RSSS et de leurs partenaires.

Étapes du plan régional

Termes Définitions

Temps normal

  • Pas de menace réelle ou appréhendée d’épisode de chaleur.
  • A lieu du 1er octobre au 14 mai.

Veille saisonnière

  • Menace appréhendée – survenue incertaine.
  • A lieu du 15 mai au 30 septembre.

Veille active

  • Menace appréhendée – risque significatif de survenue dans un délai inconnu.
  • Étape déclenchée par l’avertissement de chaleur accablante d’Environnement Canada :
    • température égale ou supérieure à 30 °C;
    • et indice humidex égal ou supérieur à 40.

Note : L’avis de « veille active » est diffusé aux partenaires minimalement pour le premier épisode de chaleur accablante. L’envoi d’autres avis de « veille active » à d’autres moments dans la saison est à la discrétion de chaque région.

Par ailleurs, il est possible que l’étape « veille active » ne soit pas déclenchée et qu’une région passe directement de l’étape « veille saisonnière » à l’étape « alerte » en fonction des critères du système SUPREME.

Alerte

Passage en mode « santé publique »

  • Menace imminente – forte probabilité de survenue à court terme.
  • Étape déclenchée à la suite d’un avertissement de chaleur extrême pour chaque région par le système SUPREME.

Note : l’avis « alerte » est diffusé aux partenaires le premier jour avéré de l’avertissement du système SUPREME. Le contenu de cet avis est modulé en fonction des prévisions, notamment le moment, l’intensité et la durée de la vague de chaleur prévue et de la probabilité de passer à l’étape suivante de mobilisation.

Mobilisation 

Passage en mode « sécurité civile »

  • Menace confirmée – impact sanitaire imminent ou avéré.
  • Étape déclenchée à la suite de l’avertissement de vague de chaleur extrême par le système SUPREME et par des considérations additionnelles :
    • indice humidex;
    • qualité de l’air;
    • indicateurs de santé;
    • situation dans les régions limitrophes.

L’évaluation du contexte global aide la décision pour le déclenchement de la mobilisation.

Note : il y a passage du mode « santé publique » vers le mode « sécurité civile » lorsque la situation est telle qu’elle dépasse les pouvoirs et les devoirs de la santé publique. Les DSP communiquent avec les coordonnateurs régionaux de sécurité civile – mission santé des agences de la santé et des services sociaux, qui se chargeront d’avertir l’Organisation régionale de sécurité civile (ORSC) et la coordination ministérielle en sécurité civile (CMSC) ainsi que les municipalités. La DSP demeure en soutien.

Démobilisation

  • Retour à la normale.
  • Température en deçà des seuils de chaleur accablante et extrême.
  • Retour aux niveaux attendus des indicateurs de santé (données de vigie sanitaire).

Scénarios de coordination

Lors d’un avertissement de chaleur extrême du SUPREME, les actions appropriées doivent être mises en œuvre en conformité avec le plan d’intervention harmonisé. Ce plan est mis au point par le comité sur les événements météorologiques extrêmes de la Table nationale de concertation en santé environnementale. Il propose des scénarios de coordination, afin d'agencer les actions des directions de santé publique des régions concernées avec celles de la direction de la protection de santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et de la CMSC du MSSS. Chaque région est libre de l’intégrer dans son plan d’urgence.

Les scénarios de coordination proposés sont basés sur des prévisions météorologiques sujettes à changement. Ainsi, les alertes sont déclenchées à la suite de l’évolution des paramètres météorologiques et d’un exercice de jugement sur l’ensemble des situations, en tenant compte des facteurs aggravants comme l’indice humidex et le smog. Généralement, des actions sont entreprises après une ou deux journées satisfaisant les critères de chaleur extrême.

Liens utiles

Documentation