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Rétablissement

La maladie, tant physique que mentale, affecte l’individu de nombreuses façons. Elle remet en question l’image qu’il a de lui-même, lui impose des nouvelles limites auxquelles il doit s’adapter et le confronte aux handicaps qu’elle entraîne parfois.

Le processus qui permet à l’individu malade de développer ou de restaurer une identité positive et riche de sens malgré la condition qui l’afflige, puis de reconstruire sa vie en dépit ou dans les limites imposées par son état s’appelle le rétablissement (Kirk, 2002).

Les conditions sociales du rétablissement

Il y a 30 ou 40 ans, la personne souffrant d’une maladie mentale était exclue de notre société. On la croyait « folle » et c’était là le rôle dans lequel on la campait, souvent en l’enfermant à l’hôpital pour de longues périodes, parfois même à vie. Il était impensable de l’intégrer au travail ou à l’école. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant de penser que les personnes cachaient leur maladie, souvent même au sein de la famille.

La même situation prévalait souvent avec la maladie physique ou les handicaps physiques. On cachait le cancer, tant au patient qui en était mourant qu’à la communauté à qui on annonçait que quelqu’un était décédé sans nommer la cause de son décès. Quant aux personnes avec un handicap physique, elles étaient souvent confinées chez elles, car notre société n’était pas adaptée à leurs besoins, mais surtout à leurs capacités.

Depuis ce temps, la société a reconnu la contribution que pouvaient apporter les personnes avec un handicap physique et a donc adapté ses services en fonction de leurs besoins : les édifices, les toilettes ou les transports en commun permettent un accès aisé aux fauteuils roulants; les étudiants malentendants se voient fournir des accompagnateurs en classe, etc. Ces aménagements permettent aux individus vivant avec un handicap de s’intégrer au sein de la société et d’y participer à part entière, dans les limites de leur handicap. C’est là le rétablissement auquel ils aspirent.

Si la société actuelle est plus sensible à la souffrance que vit un individu avec une maladie mentale, elle a encore beaucoup de chemin à parcourir pour soutenir la personne qui tente de s’y réintégrer après avoir souffert d’une maladie mentale. C’est en commençant par lutter contre les préjugés que l’espace au rétablissement se crée et que les individus, peu importe leur condition mentale ou physique, pourront vivre une participation citoyenne entière.

Un vibrant témoignage de rétablissement

« Le silence de ceux d’entre nous qui se rétablissent complètement renforce les préjugés existants. » (Frese, 1997)

Sortir du garde-robe demande beaucoup de courage, mais j’ai la conviction que plus nous serons nombreux à nous afficher ouvertement, plus la population révisera ses préjugés envers la maladie mentale. Au risque de m’exposer aux préjugés et à l’exclusion, je vais tenter de vous résumer vingt ans de parcours entre la folie et le rétablissement. Il y a des histoires qui sont difficiles à raconter et d’autres qui sont dévoilées avec fierté. La mienne est le chemin reliant les deux.

Lire le témoignage complet de madame Nathalie Lagueux, « Sortir du silence ».

Certains films qui illustrent des parcours de rétablissement

Documentaires

  • VIGNEAULT, LUC. Chaise berçante à vendre – le pouvoir d’agir entre le discours et la pratique, Communication Bastien Décary – APUR, Québec, 2008, 22 minutes.
  • BÉLANGER-MARTIN, HÉLÈNE. La peau et les os après…, Cristal Films – Zoofilms – ONF, Québec, 2007, 90 minutes.
  • DÉCARY, RAYMOND. Centabous, Communication Bastien Décary, Québec, 2008, 65 minutes.
  • BARRETTE, BLAISE. Ces voix oubliées – un chœur qui déjoue les préjugés, ONF, Québec, 2008, 43 minutes.
  • PRÉGENT, JOHANNE. Le diable au corps, ONF, Québec, 2007, 52 minutes.

Fictions

HOWARD, RON. Un homme d’exception, Universal Studios – DreamWorks Productions, États-Unis, 2001, 22 minutes. (http://www.abeautifulmind.com/main.html)