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La maladie mentale et les médias

Il faut savoir distinguer la réalité de l’amplification dramatique ou de la simplification médiatique. Il faut surtout éviter de généraliser à partir des images véhiculées par les médias. La personne vivant avec une maladie mentale est comme chacun d’entre nous : un voisin, un parent, un collègue de travail ou d’école aux prises avec une condition qui affecte son quotidien, mais avec laquelle il apprend à vivre de façon normale au sein de la société ou de sa communauté.

Médias de divertissement

Le cinéma et la télévision sont des formes de divertissement. Les auteurs qui imaginent les histoires qu’on y voit s’inspirent bien entendu de la société qui les entoure. Bien sûr, pour pimenter leurs œuvres, ils auront tendance à prendre une facette d’une situation pour l’exploiter, voire même l’amplifier, afin de la rendre plus spectaculaire.

Ainsi, la maladie mentale, le malade et même le personnel soignant sont souvent réduits à une caricature quand ils ne sont pas tout simplement transformés pour bien camper l’histoire ou les personnages. Pensons à Hannibal Lecter, à la fois psychiatre et littéralement fou à lier dans le film Le silence des agneaux (Jonathan Demme, 1991) ou à Nurse Ratched, l’infirmière castrante du film Vol au-dessus d’un nid de coucou (Milos Forman, 1976). Le plus fou des fous est sans doute le Joker dans le film Batman, The Dark Knight (Christopher Nolan, 2008), interprété peu avant sa mort par Heath Ledger.

Cette folie n’a aucun ancrage dans la réalité et ne sert que la trame du film. Pourtant, le cinéma ou la télé s’inspirent parfois de faits réels et, tout en donnant un ton dramatique au récit, sont capables de refléter la réalité. L’histoire vraie de John Nash, un mathématicien génial qui obtint le prix Nobel de l’économie en 1994 après avoir sombré dans la folie pendant plusieurs années est relaté dans le film Un homme d’exception (Ron Howard, 2001), qui a récolté 4 Oscars.

Médias d'information

Contrairement aux médias de divertissement, les médias d’information ne voudront pas déformer la réalité pour servir la trame dramatique. Par contre, l’industrie des médias d’information est très compétitive, de sorte que même les médias publics doivent rivaliser avec les médias privés dans l’originalité ou l’angle de reportage afin de capter le plus de diffusion ou de lectorat.

Un fait divers où la maladie mentale joue un rôle secondaire peut parfois être présenté avec la maladie mentale à l’avant-plan. La maladie mentale semble souvent réduite à la violence d’un fait divers alors que dans la réalité, les personnes souffrant de maladie mentale sont beaucoup plus à risque d’être les victimes de violence que les auteurs de celle-ci.