Retour au site du MSSS

Page précédente    Augmenter/diminuer la taille du texte

S'aider

Conseils d’une personne vivant avec la maladie mentale

Par Luc Vigneault, utilisateur des services de santé mentale, directeur général de l’Association des personnes utilisatrices des services de santé mentale de la région de Québec.

Être affligé d’un trouble mental est souvent associé à une baisse considérable de l’estime de soi. J’ai moi-même vécu tout un choc quand j’ai entendu mon médecin prononcer un diagnostic de maladie mentale, longtemps considérée comme la maladie des faibles et des irrécupérables. Depuis ces tristes jours, je me suis réapproprié la maîtrise de ma vie grâce, entre autres, au soutien constant d’hommes et de femmes qui m’ont toujours considéré comme une personne et non comme une maladie.

Toutefois, pour atteindre une qualité de vie, il est primordial que les personnes utilisatrices de services en santé mentale participent à leur propre intégration, c’est-à-dire qu’elles jouent un rôle actif plutôt que passif. Que les personnes utilisatrices soient au centre des décisions en leur permettant de s’approprier le pouvoir sur leur vie ! Que l’espoir et le rêve soient au centre de tout traitement et que ce dernier soit axé vers le rétablissement.

L’appropriation du pouvoir sur sa vie est une traduction de la langue de Shakespeare du mot « empowerment ». Le principe d’« empowerment » n’est pas un état de fait, mais plutôt une démarche par laquelle la personne acquiert des capacités et des aptitudes lui permettant de contrôler davantage sa propre destinée.

Le processus d’appropriation du pouvoir sur sa vie est un processus inconscient. Il se produit pas à pas, souvent à la suite d’information nouvellement acquise, d’une frustration, de la rencontre d’une personne significative ou encore, à la suite d’une crise. Il est important de garder à l’esprit que la crise peut être perçue comme un danger, mais aussi comme une occasion de changement. Donc, laisser une personne exprimer son désarroi dans la crise est une façon d’initier un changement et ainsi de trouver des solutions et d’éviter que la crise ne se reproduise.

Avoir une vie pleinement épanouie selon nos propres besoins est possible. Ma santé mentale, qui m’avait autrefois fait défaut, je l’ai gagnée à force d’acharnement au cours de ces dernières années ! Je sais à présent que cette santé est à la portée de tous ceux qui souffrent comme j’ai souffert. Comme l’a si bien dit le ministre Philippe Couillard en introduction du Plan d’action 2005-2010 en santé mentale intitulé La force des liens, « Leur rétablissement n’est pas une utopie, mais une ambition réalisable ».
Vous trouverez dans cette section quelques conseils qui vous aideront dans votre propre démarche pour mieux affronter la maladie mentale.

Haut de page

Aller chercher de l’aide

Surmonter un problème de santé mentale est possible si nous allons chercher l’aide appropriée à notre état de santé. Il ne faut pas vivre seul avec notre trouble mental, car nous risquons de sombrer davantage dans notre problème.

Haut de page

Se faire accompagner dans nos rendez-vous médicaux et psychosociaux

Il est avantageux de se faire accompagner dans ses rendez-vous médicaux et psychosociaux, au début de notre cheminement surtout, car si on oublie de mentionner des informations essentielles qui permettraient à la personne qui nous aide de nous offrir un traitement approprié à notre situation, la personne qui nous accompagne pourra alors pallier cet oubli.

Haut de page

Communiquer avec les ressources communautaires et institutionnelles de sa région

Le gouvernement du Québec met une multitude de services à votre disposition. Pour en connaître les coordonnées, communiquez avec votre CLSC ou Info-Santé.

Haut de page

Être bien préparé lors des rencontres avec un professionnel

Tant pour les problèmes de santé physique que pour les problèmes de santé mentale, être bien préparé est le bon vieux truc par excellence pour tirer le meilleur parti de ses rencontres avec un professionnel de la santé. Écrire sur un papier les questions à poser peut s’avérer une aide précieuse. Il nous arrive tous d’oublier de poser une question importante à la sortie d’un rendez-vous. Donc, un aide-mémoire est très utile dans ce cas.

Haut de page

Connaître ses limites et son état de santé

Apprendre quelles sont nos limites s’avère une étape importante dans notre processus de rétablissement : c’est le secret pour réussir à se respecter afin de ne pas retomber dans des symptômes difficiles à surmonter. Connaître son diagnostic et les traitements qui nous sont offerts sera également très utile pour mieux cheminer. De plus, être à l’affût des signes précurseurs d’une détérioration de notre santé mentale peut nous éviter de graves problèmes.

Haut de page

Connaître le traitement approprié

La médication : La prescription de médicaments par un professionnel de la santé peut être d’une grande aide, car personne ne devrait souffrir « à froid ». N’oublions surtout pas que le mal de l’âme peut engendrer de grandes souffrances. Cependant, les spécialistes se doivent de dire la vérité aux personnes souffrantes et ainsi leur donner le choix libre et éclairé de leur traitement.

Les traitements thérapeutiques et psychosociaux : Pour mettre toutes les chances de son côté il est important de connaître les traitements thérapeutiques et psychosociaux disponibles dans sa région. La médication seule n’est pas conseillée. Allez dans les ressources communautaires ou institutionnelles qui offrent des traitements adaptés à vos attentes et vos besoins. Cherchez des ressources offrant des services 24 heures par jour et 7 jours par semaine pour prévenir la crise par exemple.

Haut de page

Connaître ses droits et recours

Connaître son diagnostic ainsi que les traitements qui y sont associés est non seulement utile pour soi, mais c’est un droit inscrit dans les lois québécoises et canadiennes. Il est absolument essentiel que les professionnels de la santé vous offrent un choix libre et éclairé dans vos traitements; c’est-à-dire sans contraintes ni menaces ou encore pendant que vos facultés sont affaiblies. Les informations doivent être complètes et données dans un langage accessible à tous. Par ailleurs, le gouvernement québécois appuie financièrement un groupe régional de promotion et de défense des droits en santé mentale dans chaque région du Québec. Je vous invite à communiquer avec le groupe de votre région. Ses services sont gratuits.

Haut de page

Poser des questions aux vrais professionnels de la santé mentale

Attention aux profanes qui connaissent tout et rien à la fois. Les problèmes de santé mentale ne sont pas dus à la paresse ou ne sont pas attrapés en touchant une poignée de porte. L’apparition des troubles mentaux est souvent multifactorielle, c’est-à-dire qu’elle survient généralement à la suite d’un dysfonctionnement d’ordre biologique, psychologique et social. Posez vos questions aux vrais professionnels de la santé : grâce à leur formation et à leur expérience, ils sont les mieux placés pour vous aider !

Haut de page

L’aide entre pairs

Chez les groupes d’aide entre pairs, j’ai découvert un univers riche et diversifié, et surtout un accueil sans jugement. J’ai ainsi compris que j’étais une personne et non une maladie. Ce simple constat a changé toute la perception que j’avais de la vie et de moi-même. Dès lors, je n’étais plus seul. J’ai vite réalisé que les diagnostics psychiatriques sont très pertinents dans le cadre des recherches scientifiques, mais ils peuvent vite devenir stigmatisants dans le cadre des interventions cliniques. Mes pairs et moi avons réuni nos forces pour continuer notre quête vers une qualité de vie essentielle à notre épanouissement. Je vous invite à communiquer avec une ressource où vous pourrez rencontrer et discuter avec vos pairs.

Par ailleurs, de plus en plus, au sein des ressources, nous voyons émerger des pairs aidants. Ces derniers sont des professionnels de la santé mentale qui ont comme particularité d’avoir un trouble de santé mentale et qui vivent un processus de rétablissement. Ils travaillent comme intervenants dans une équipe multidisciplinaire. Ces pairs sont très utiles puisque tout en connaissant intrinsèquement ce que l’on vit, ils savent que le rétablissement est possible.

Haut de page

Demandez à vos proches d’aller chercher de l’aide

Il existe une multitude de ressources destinées aux proches et à l’entourage des personnes vivant avec un trouble mental. Demandez à vos proches d’aller chercher de l’aide afin de leur éviter de se recroqueviller sur eux-mêmes. Le processus de rétablissement est beaucoup plus rapide lorsque la personne atteinte d’un trouble mental et son entourage reçoivent de l’aide et cheminent ensemble.

Haut de page