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Troubles obsessionnels-compulsifs

Qu’est-ce que c’est ?

Tout le monde a déjà été préoccupé par une pensée, la ruminant ou la vivant avec angoisse. Puis, la vie suit son cours et la pensée disparaît, remplacée par les nombreuses activités et pensées de notre quotidien. De même, il peut arriver que l’on répète de façon quasi-machinale certains gestes, par exemple, vérifier qu’une porte est bien verrouillée quand on vient de retirer la clé d’une serrure. Ce sont là des expériences normales, plus ou moins présentes selon les individus et les périodes de la vie.

Mais, pour certains, ces idées ou ces comportements prennent une ampleur démesurée. Ces obsessions ou compulsions provoquent alors beaucoup de détresse. Elles prennent beaucoup de temps au cours de la journée et interfèrent ainsi avec la routine de vie de l’individu, de même qu’avec sa vie professionnelle, sociale ou familiale.

Une obsession est un phénomène psychologique. Il s’agit d’une idée, pensée ou sensation récurrente qui fait intrusion malgré le désir ou la volonté de l’individu. Cette intrusion répétitive provoque de l’anxiété ou de l’angoisse. Par exemple, l’obsession la plus fréquente est la peur de se contaminer au contact de certains objets. Il peut également arriver qu’une personne se sente obligée de répéter certains comportements, de faire des rituels, souvent pour chasser une obsession ou pour tenter de réduire l’anxiété que l’obsession provoque. C’est ce qu’on appelle une compulsion. Se laver les mains à répétition, parfois jusqu’au sang serait le comportement compulsif associé à l’obsession de se contaminer. Le trouble obsessionnel-compulsif se caractérise par la présence d’obsessions, de compulsions ou des deux. Ces symptômes sont présents pendant plusieurs heures par jour. La personne qui les vit reconnaît par ailleurs que ces comportements ou ces idées sont irrationnels, démesurés ou bizarres, mais elle est incapable de faire autrement. Certaines manifestations de TOC sont parfois médiatisées, par exemple, ces gens qui ramassent tout ce qu’ils croisent et vivent donc dans un capharnaüm d’objets et de détritus de toute sorte qui remplissent leur appartement, mais les quatre types les plus fréquents de symptômes de TOC sont :

  1. L’obsession de doute où la personne craint souvent d’avoir fait ou omis de faire quelque chose qui pourrait avoir des conséquences néfastes (oublier de fermer le rond de la cuisinière, avoir mal verrouillé la porte de la maison, avoir oublié une carte de crédit après l’avoir utilisée ou l’avoir perdue sans s’en rendre compte) et la compulsion de devoir revérifier plusieurs fois de suite si l’action en question a bien été faite ou omise (retourner plusieurs fois à la maison pour vérifier la cuisinière ou la porte de la maison, vérifier son portefeuille et compter ses cartes).
  2. L’obsession sans compulsion associée de pensée répétitive, où la personne est envahie d’une pensée souvent de nature violente ou sexuelle qui va à l’encontre du désir de la personne, mais qu’elle craint agir bien malgré elle, par exemple, la peur de poignarder son enfant ou d’agresser sexuellement quelqu’un.
  3. La compulsion sans obsession associée de symétrie ou de précision, où la personne doit placer certains objets d’une certaine façon ou faire certaines choses avec une telle précision qu’elle peut y passer plusieurs heures par jour, parfois pour des choses aussi simples que se raser ou s’habiller.
  4. L’obsession de se contaminer au contact d’un objet et la compulsion de se laver ou d’éviter les situations où l’objet se trouve, par exemple, éviter de serrer la main de quelqu’un qu’on rencontre. 

Cette maladie touche environ 3 % de la population, autant les femmes que les hommes. Elle débute généralement au début de l’âge adulte, mais peut se présenter chez les enfants dès l’âge de 2 ans.

Elle est également fréquemment accompagnée d’autres problèmes de santé mentale, plus particulièrement de dépression ou de phobie sociale (près de 70 % et 25 % respectivement des personnes souffrant de TOC).

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Qu’est-ce qui en est la cause ?

On sait que les cellules de cerveau sont en communication constante entre elles. Elles utilisent les neurotransmetteurs à cette fin. Ce sont les neurotransmetteurs qui régissent les émotions, les mouvements, les pensées, les fonctions cognitives (mémoire, concentration, jugement, etc.) et les fonctions de survie (sommeil, appétit, digestion, élimination, contrôle de la douleur, réflexes, etc.).

Dans le TOC, l’équilibre des neurotransmetteurs est perturbé. Cependant, l’origine de cette perturbation est inconnue. Le TOC n’a pas de cause clairement identifiée et résulte probablement d’un ensemble de facteurs qui, combinés, entraînent l’apparition des symptômes. Plusieurs études semblent pointer vers une vulnérabilité biologique, possiblement lié à l’hérédité ou au système neurologique, mais ne peuvent identifier de facteur spécifique pour l’instant.

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Qu’est-ce que d’autres ont vécu ?

Plusieurs personnes célèbres ont lutté contre le TOC, et ont contribué de façon remarquable à la société comme artistes, politiciens, scientifiques, athlètes ou financiers. Ces exemples nous rappellent que, malgré cette maladie parfois sévère, le rétablissement est toujours possible :

  • David Beckham, joueur de soccer britannique parmi les plus connus au monde, maintenant avec le Galaxy de Los Angeles
  • Charles Darwin, scientifique britannique, le père de la théorie de l’évolution
  • Howard Hughes, Américain, inventeur, aviateur, ingénieur, industriel milliardaire, cinéaste
  • Leonardo di Caprio, acteur américain, star du Titanic, qui a également incarné Howard Hughes

Ces différentes personnes ont inspiré et inspirent encore leurs concitoyens par leurs réalisations dans leur domaine respectif. C’est de ces réalisations qu’on se souvient en pensant à eux et non à leur maladie.

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Qu’est-ce qu’il faut faire ?

Le TOC est une maladie et il se soigne.

Comment se prendre en main ?

Si vous vous reconnaissez dans les symptômes décrits plus haut, vous pouvez dès aujourd’hui revoir votre hygiène de vie. Ceci ne guérit pas un TOC, mais peut éliminer des facteurs qui l’accentuent ou l’entretiennent. Réduisez en particulier votre consommation d’alcool ou de drogues Les gens souffrant de TOC ont souvent des problèmes d’abus d’alcool ou de drogues et peuvent parfois même développer un problème d’alcoolisme (www.dependances.gouv.qc.ca).

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Quand consulter ?

Si vous êtes envahi de pensées récurrentes qui vous causent de la détresse et de l’anxiété ou que vous devez faire des comportements de façon répétitive bien malgré vous, et que ces idées ou ces comportements entraînent une difficulté à rencontrer vos obligations professionnelles, sociales ou familiales, il serait peut-être utile de voir votre médecin de famille ou un professionnel de la santé. N’attendez pas d’être devenu incapable de faire vos activités habituelles pour consulter. Un professionnel pourra voir avec vous s’il s’agit bien d’un TOC ou d’un autre problème et vous proposera un plan de traitement adapté à vos besoins. Un bilan physique et des tests de laboratoire sont parfois nécessaires pour éliminer d’autres maladies qui se présentent comme un TOC.

Si vous en êtes à penser au suicide ou que vous craignez pour votre sécurité ou pour celle des gens autour de vous, joignez Info-Santé (téléphone : 8-1-1) ou consultez un médecin DE TOUTE URGENCE. 

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Existe-t-il des traitements ?

Il existe des traitements éprouvés du TOC, et plus vous consultez tôt, plus ces traitements ont des chances de vous soulager. Dans la majorité des cas, un traitement offrant une psychothérapie, des médicaments contre l’anxiété ou une combinaison des deux s’avère très efficace. Les experts en TOC s’accordent généralement pour recommander la thérapie comportementale.

Pour trouver un psychothérapeute dont l’approche vous convient et avec qui vous vous sentirez à l’aise, informez-vous auprès de votre médecin de famille, de votre centre de santé et de services sociaux, de l’Ordre des psychologues du Québec (www.ordrepsy.qc.ca) ou de l’Association des médecins psychiatres du Québec (www.ampq.org).

Certains antidépresseurs, utilisés ici contre les obsessions ou les compulsions et non contre la dépression, ou d’autres catégories de médicaments, agissent sur l’équilibre entre les différents neurotransmetteurs du cerveau qui régissent les émotions et les fonctions cognitives (mémoire, concentration, etc.). Si votre médecin vous en prescrit, il est important de les prendre fidèlement et d’être patient. En effet, leur action peut parfois prendre un certain temps, parfois même jusqu’à quelques semaines. Ensuite, pour éviter une rechute, il est très important de continuer le traitement tel que prescrit même si vous vous sentez mieux. Le traitement d’un TOC peut durer de plusieurs mois à indéfiniment, selon la sévérité.

L’objectif d’un médicament est la rémission des symptômes et non seulement la réduction ou un soulagement partiel des symptômes. Parfois, il arrive qu’un médicament entraîne des effets indésirables ou des effets secondaires. Si c’est le cas, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin. N’arrêtez pas votre médicament sans en avoir discuté avec lui. Un autre médicament est peut-être alors indiqué.

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Se renseigner ou obtenir de l’aide

Voici quelques liens utiles pour obtenir une aide immédiate ou plus d’information :

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