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État de stress post-traumatique

Qu’est-ce que c’est ?

Tout le monde a été un jour ou l’autre exposé à une situation qui menace la vie ou l’intégrité physique, comme éviter de justesse un accident de la route. Une telle situation peut faire vivre une grande anxiété, une réaction physique de peur intense, caractéristique d’une décharge d’adrénaline (fréquence cardiaque élevée, respiration rapide, tremblements, frissons, faiblesse, sueurs, etc.). Le peur et la réaction subséquente sont en fait un mécanisme de défense qui participe à la survie de l’individu. Mais cette expérience se résorbe généralement en quelques heures, tout au plus, et la vie suit son cours.

Mais, pour certains, l’exposition à une situation de stress intense qui menace la vie ou l’intégrité physique entraîne l’apparition de réactions qui ne se résorbent pas. Au contraire, elles semblent s’installer de façon chronique, sont revécues avec la même intensité qu’à la première exposition à la situation traumatisante en rêves, en réminiscences (flash-back) ou si la personne est exposée à une situation ou un contexte identique ou similaire. L’individu affecté tentera d’éviter les situations ou les contextes qui lui rappellent le traumatisme.

Cette condition, initialement identifiée chez les militaires exposés au stress aigu de théâtres de guerre, se nomme état de stress post-traumatique. On reconnaît aujourd’hui que plusieurs situations traumatisantes qui provoquent une réaction de stress aigu chez la plupart des gens peuvent déclencher l’état de stress post-traumatique chez certaines personnes : terrorisme, guerre, cataclysme naturel, écrasement d’avion, agression sexuelle, vol de banque, prise d’otage, accident d’auto, etc.

Cette condition fréquente touche environ 10 % de la population, surtout des personnes au début de l’âge adulte, plus susceptibles d’être exposées à des situations traumatisantes. Les femmes sont environ deux fois plus souvent atteintes que les hommes. Ceux-ci sont plus susceptibles de développer la maladie à la suite d’expériences de guerre. Quant aux femmes, elles la développent plutôt après des traumatismes individuels, par exemple, une agression physique ou un viol. La dépression ou l’abus de drogues ou d’alcool sont fréquemment associés à l’état de stress post-traumatique.

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Qu’est-ce qui en est la cause ?

Un traumatisme intense qui a fait vivre une peur profonde est toujours à l’origine de la maladie. Par contre, alors que de 50 à 60 % des gens vivront un tel traumatisme dans leur vie, seule une petite partie de ceux-ci développeront la maladie, sans doute en lien avec un ensemble de facteurs (biologiques, héréditaires, environnementaux) qui, combinés, entraîneront l’apparition des symptômes.

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Qu’est-ce qu’il faut faire ?

L’état de stress post-traumatique est une maladie et il se soigne.

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Comment se prendre en main ?

Si vous vous reconnaissez dans les symptômes décrits plus haut, vous pouvez dès aujourd’hui revoir votre hygiène de vie. Ceci ne guérit pas un état de stress post-traumatique, mais peut éliminer des facteurs qui l’accentuent ou l’entretiennent. En particulier, les gens souffrant d’état de stress post-traumatique ont souvent des problèmes d’abus de drogues ou d’alcool. Réduisez-en la consommation (www.dependances.gouv.qc.ca).

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Quand consulter ?

Si, après avoir vécu un traumatisme, vous maintenez depuis plusieurs semaines un état d’hypervigilance, vous revivez avec souffrance l’expérience en rêves ou en flash-back et vous tentez d’éviter les situations associées au traumatisme, il serait peut-être utile de voir votre médecin de famille ou un professionnel de la santé. N’attendez pas d’être devenu incapable de faire vos activités habituelles pour consulter. Un professionnel pourra voir avec vous s’il s’agit bien d’un état de stress post-traumatique ou d’un autre problème et vous proposera un plan de traitement adapté à vos besoins.

Si vous en êtes à penser au suicide ou que vous craignez pour votre sécurité ou pour celle des gens autour de vous, joignez Info-Santé (téléphone : 8-1-1) ou consultez un médecin DE TOUTE URGENCE. 

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Existe-t-il des traitements ?

Il existe des traitements éprouvés de l’état de stress post-traumatique, et plus vous consultez tôt, plus ces traitements ont des chances de vous soulager. Dans la majorité des cas, un traitement offrant une psychothérapie, des médicaments ou une combinaison des deux s’avère très efficace. Les experts en état de stress post-traumatique proposent généralement quatre modalités psychothérapeutiques :

  • La thérapie comportementale ;
  • la thérapie cognitive ;
  • l’hypnose ;
  • l’EMDR, ou Eye Movement Desensitization and Reprocessing, une technique qui associe des mouvements des yeux et de l’imagerie mentale de l’expérience traumatisante.

Pour trouver un psychothérapeute dont l’approche vous convient et avec qui vous vous sentirez à l’aise, informez-vous auprès de votre médecin de famille, de votre centre de santé et de services sociaux, de l’Ordre des psychologues du Québec (www.ordrepsy.qc.ca) ou de l’Association des médecins psychiatres du Québec (www.ampq.org).

Certains antidépresseurs, utilisés ici pour réduire les symptômes de l’état de stress post-traumatique et non contre la dépression, agissent sur l’équilibre entre les différents neurotransmetteurs du cerveau qui régissent les émotions, les fonctions cognitives (mémoire, concentration, etc.) et les fonctions somatiques (réactions de peur agissant sur la fréquence cardiaque, la respiration, etc.). Si votre médecin vous en prescrit, il est important de les prendre fidèlement et d’être patient. En effet, leur action peut parfois prendre un certain temps, parfois même jusqu’à quelques semaines. Ensuite, pour éviter une rechute, il est très important de continuer le traitement tel que prescrit même si vous vous sentez mieux.

L’objectif d’un médicament est la rémission des symptômes et non seulement la réduction ou un soulagement partiel des symptômes. Parfois, il arrive qu’un médicament entraîne des effets indésirables ou des effets secondaires. Si c’est le cas, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin. N’arrêtez pas votre médicament sans en avoir discuté avec lui. Un autre médicament est peut-être alors indiqué.

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Se renseigner ou obtenir de l’aide

Voici quelques liens utiles pour obtenir une aide immédiate ou plus d’information :

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