Retour au site du MSSS

Page précédente    Augmenter/diminuer la taille du texte

Troubles anxieux

Qu’est-ce que c’est ?

La vie est ponctuée de toutes sortes d’émotions qui la rendent parfois plus facile, et parfois plus difficile. Tout le monde a éprouvé un sentiment d’appréhension, d’inquiétude, des sensations d’inconfort physique (palpitations, maux de tête, sudation, serrements de la poitrine, etc.) ou mental (difficulté d’attention, inquiétude, etc.), par exemple, à la veille d’un examen, lors d’une entrevue d’emploi, d’un changement d’emploi, d’une épreuve sportive, lors d’un changement majeur dans sa vie (mariage, divorce, etc.) ou même devant certaines situations menaçantes. Ces moments d’inconfort sont liés à ces événements et s’estompent généralement dès que la vie reprend son cours normal. Il s’agit d’anxiété normale, un mécanisme d’adaptation naturel qui participe à la survie de l’individu. Les sensations psychologiques que l’individu ressent constituent l’anxiété en soi alors que les sensations physiques qui accompagnent l’anxiété ou qui se présentent parfois sans les sensations psychologiques sont nommées angoisse.

Par contre, si les symptômes de votre anxiété ne se résorbent pas quand la situation préoccupante rentre dans l’ordre ou qu’elle n’est pas liée à des événements de la vie, qu’elle se manifeste sans raison et que son niveau d’intensité est tel qu’elle envahit votre existence, on parle alors d’une des maladies de la famille des troubles anxieux.

En effet, ces maladies fréquentes toucheront près d’une personne sur quatre au cours de sa vie. Elles ne discriminent pas : elles peuvent affecter les enfants, les adolescents ou les adultes jeunes et vieux, peu importe leur race, leur sexe, leur condition sociale ou leur éducation.

Il existe plusieurs formes de maladie anxieuse qui présentent toutes ces sentiments d’inconfort physique ou mental décrits plus haut, à un point tel que la souffrance qu’elles engendrent est présente la majeure partie du temps et qu’elles interfèrent avec la capacité de l’individu d’accomplir ses fonctions familiales, professionnelles ou sociales.

Voici les principales formes de maladie anxieuse :

  • Le trouble panique : le « système d’alarme » de la personne se déclenche alors qu’aucun danger réel ne la menace ; cela se manifeste par l’apparition des symptômes d’une décharge d’adrénaline : fréquence cardiaque accélérée, difficultés respiratoires, tremblements, serrements de la poitrine, peur de mourir ;
  • l’agoraphobie : une forme particulière de trouble phobique où l’individu craint les lieux publiques, souvent de peur de ne pouvoir en sortir facilement, par exemple, incapable de faire la file d’attente au supermarché ou à la banque ;
  • la phobie spécifique : la personne nourrit une peur irrationnelle face à une situation qui ne représente pas de danger réel, par exemple, avoir peur des araignées ou des couleuvres, avoir peur de voyager en avion, etc. ;
  • la phobie sociale : une peur envahissante et incapacitante devant certaines activités sociales non menaçantes telles que de parler en public, boire ou manger en public, engager la conversation avec quelqu’un ;
  • le trouble obsessionnel-compulsif : la personne se sent envahie par des pensées récurrentes qui l’obsèdent, tout en sachant le plus souvent qu’elles n’ont pas de sens, par exemple, craindre que le rond de la cuisinière soit allumé alors qu’elle sait qu’il ne l’est pas ou craindre d’attraper des maladies au contact d’objets usuels ; elle se sent compulsivement obligée de faire certaines actions, souvent répétitives afin de réduire l’anxiété provoquée par des idées obsédantes, par exemple, vérifier plusieurs fois que le rond de la cuisinière est bien éteint, se laver les mains à répétition pour éviter d’attraper des maladies; l’un ou l’autre ou les deux types de symptômes peuvent incommoder la personne ;
  • l’état de stress post-traumatique : à la suite d’un traumatisme majeur qui lui a généralement fait craindre pour sa vie (terrorisme, guerre, cataclysme naturel, écrasement d’avion, agression sexuelle, vol de banque, prise d’otage, accident d’auto, etc.), une personne vit beaucoup de peur, elle revit l’événement traumatisant (flash back ou rêves) et elle tente d’éviter toute situation lui faisant penser au traumatisme ;
  • l’anxiété généralisée : une forme d’anxiété où la personne s’inquiète constamment pour elle-même ou son entourage en lien avec plusieurs des événements réels ou appréhendés qui sont en soit peu probables ou pour lesquels l’anxiété est hors de proportion. Par exemple, elle peut craindre, entre autres, que ses enfants subissent un accident de la route à chaque fois qu’ils quittent pour l’école alors que le trajet se situe dans un quartier tranquille.

Haut de page

Qu’est-ce qui en est la cause ?

On sait que les cellules de cerveau sont en communication constante entre elles. Elles utilisent les neurotransmetteurs à cette fin. Ce sont les neurotransmetteurs qui régissent les émotions, les mouvements, les pensées, les fonctions cognitives (mémoire, concentration, jugement, etc.) et les fonctions de survie (sommeil, appétit, digestion, élimination, contrôle de la douleur, réflexes, etc.).

Dans les troubles anxieux, l’équilibre des neurotransmetteurs est perturbé. Cependant, l’origine de cette perturbation est inconnue. Les troubles anxieux n’ont pas toujours une cause unique, mais résultent souvent d’un ensemble de facteurs qui, combinés, entraînent l’apparition des symptômes. Ces facteurs sont parfois :

  • Une vulnérabilité biologique ;
  • certaines maladies telles que l’hyperthyroïdie ou les maladies respiratoires (manque d’oxygène ou réduction de l’apport en oxygène) ;
  • l’abus ou parfois la simple consommation de certaines substances telles la caféine, certaines drogues stimulantes comme la cocaïne ;
  • le sevrage de ces mêmes substances ou de l’alcool ;
  • des facteurs de stress dans la vie d’un individu.

Haut de page

Qu’est-ce qu’il faut faire ?

Les troubles anxieux sont des maladies qui peuvent parfois se prévenir et elles se soignent.

Comment prévenir ou se prendre en main ?

Même s’il n’est pas toujours possible de prévenir les troubles anxieux, certains comportements contribuent à en diminuer les risques : de saines habitudes de vie (bien manger, faire de l’exercice, dormir suffisamment, réduire la consommation d’alcool ou de drogues) et un bon réseau de soutien social (se confier à des amis, se distraire, etc.) peuvent éloigner les troubles anxieux.

Si vous vous reconnaissez dans les symptômes décrits plus haut, vous pouvez dès aujourd’hui revoir votre hygiène de vie. Ceci ne guérit pas un trouble anxieux, mais peut éliminer des facteurs qui l’accentuent ou l’entretiennent. Assurez-vous de vous coucher à une heure raisonnable, de bien vous alimenter, de faire de l’exercice quotidien (pour vous soutenir dans un régime d’activités physiques, consultez le site www.0-5-30.com), et de réduire la consommation de stimulants (café et thé, boissons gazeuses avec caféine ou boissons stimulantes, chocolat), drogues, alcool (www.dependances.gouv.qc.ca) ou cigarettes, en particulier si vous avez des troubles respiratoires.

Haut de page

Quand consulter ?

Si vous notez depuis plusieurs jours une souffrance incapacitante, une difficulté à rencontrer vos obligations professionnelles, sociales ou familiales, il serait peut-être utile de voir votre médecin de famille ou un professionnel de la santé. N’attendez pas d’être devenu incapable de faire vos activités habituelles pour consulter. Un professionnel pourra voir avec vous s’il s’agit bien d’un trouble anxieux ou d’un autre problème et vous proposera un plan de traitement adapté à vos besoins. Un bilan physique et des tests de laboratoire sont parfois nécessaires pour éliminer d’autres maladies qui se présentent comme un trouble anxieux.

Si vous en êtes à penser au suicide ou que vous craignez pour votre sécurité ou pour celle des gens autour de vous, joignez Info-Santé (téléphone : 8-1-1) ou consultez un médecin DE TOUTE URGENCE. 

Haut de page

Existe-t-il des traitements ?

Il existe des traitements éprouvés des troubles anxieux, et plus vous consultez tôt, plus ces traitements ont des chances de vous soulager. Dans la majorité des cas, un traitement offrant une psychothérapie, des médicaments contre l’anxiété ou une combinaison des deux s’avère très efficace. Les experts en troubles anxieux s’accordent généralement pour recommander la thérapie cognitive-comportementale ou la thérapie comportementale, selon le trouble anxieux.

Pour trouver un psychothérapeute dont l’approche vous convient et avec qui vous vous sentirez à l’aise, informez-vous auprès de votre médecin de famille, de votre centre de santé et de services sociaux, de l’Ordre des psychologues du Québec (www.ordrepsy.qc.ca) ou de l’Association des médecins psychiatres du Québec (www.ampq.org).

Les antidépresseurs, utilisés ici contre l’anxiété et non contre la dépression, ou d’autres catégories de médicaments, agissent en rétablissant l’équilibre entre les différents neurotransmetteurs du cerveau qui régissent les émotions, les fonctions cognitives (mémoire, concentration, etc.) et les fonctions somatiques (réactions de peur agissant sur la fréquence cardiaque, la respiration, etc.). Si votre médecin vous en prescrit, il est important de les prendre fidèlement et d’être patient. En effet, refaire l’équilibre dans votre cerveau peut prendre un certain temps, parfois même jusqu’à quatre à huit semaines. Ensuite, pour éviter une rechute, il est très important de continuer le traitement tel que prescrit même si vous vous sentez mieux. Le traitement d’un épisode anxieux peut durer de plusieurs mois à une année ou deux, selon la sévérité.

L’objectif d’un antidépresseur est la rémission des symptômes et non seulement la réduction ou un soulagement partiel des symptômes. Parfois, il arrive qu’un médicament entraîne des effets indésirables ou des effets secondaires. Si c’est le cas, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin. N’arrêtez pas votre médicament sans en avoir discuté avec lui. Un autre médicament est peut-être alors indiqué.

Haut de page

Se renseigner ou obtenir de l’aide

Voici quelques liens utiles pour obtenir une aide immédiate ou plus d’information :

Le service Info-Santé :
Téléphone : 8-1-1

La ligne de prévention du suicide :
Téléphone : 1 866 APPELLE ou 1 866 277-3553

Association québécoise de soutien aux personnes souffrant de troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires
www.revivre.org

Association / Troubles anxieux du Québec
www.ataq.org

Association québécoise de prévention du suicide
www.aqps.info

Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale
www.ffapamm.qc.ca

Association canadienne pour la santé mentale
www.cmha.ca/bins/index.asp?lang=2

Association canadienne pour la santé mentale, chapitre de Montréal
www.acsmmontreal.qc.ca

Haut de page