Santé et Services sociaux

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Journée mondiale sida 2007

«Moins on juge, mieux on aide les personnes qui s’injectent des drogues à ne pas attraper ou transmettre le VIH»
Journée mondiale sida 2007

La diffusion de l’affiche de la journée mondiale sida 2007 est mise en branle dès la deuxième semaine de novembre et se fait, comme d’habitude, auprès des partenaires du réseau de la santé et des services sociaux et des organismes communautaires impliqués dans la lutte contre le sida. 

Cette année, pour la Journée mondiale sida, le ministère de la Santé et des Services sociaux a donc choisi de sensibiliser la population aux besoins des personnes faisant usage de drogues par injection, afin qu’elles soient mieux soutenues pour ne pas qu’elles attrapent et transmettent le VIH. La discrimination et l’ostracisme, ainsi que le manque d’appui aux programmes d’échange de seringues, peuvent faire en sorte que ces personnes se sentent rejetées et pensent que ça ne vaut pas la peine de prendre soin de leur santé ni de se protéger du VIH et des hépatites.

Chaque année depuis 1988, l'Organisation des nations unies contre le sida (ONUSIDA), consacre le 1er décembre : Journée mondiale sida. À cette occasion, les différents pays et organisations qui y sont associés en profitent pour sensibiliser la population mondiale à l'existence de cet important problème de santé qui touche 40 millions de personnes dans le monde et réaffirmer leur engagement dans la lutte contre le VIH/sida.

Le problème est bien réel et il touche au quotidien des milliers de Québécoises et des Québécois. Au Québec, selon les dernières données disponibles, on estime que :

— environ 17 000 personnes vivent avec le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), plus particulièrement les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, les personnes qui font usage de drogues par injection et les personnes provenant de régions où le VIH est endémique;
— dont 1 000 ont contracté cette infection au cours de l'année.
— Rappelons qu’une centaine de personnes meurent du sida annuellement au Québec.

La Journée mondiale sida est l’occasion de sensibiliser la population à l’adoption de comportements préventifs sans pour autant stigmatiser les personnes qui vivent avec le VIH. Il est important de rappeler que les avancées thérapeutiques permettent aujourd’hui, à bon nombre de personnes vivant avec le VIH et le sida, de vivre plus longtemps et de mener une vie active. Cependant, il n'existe présentement aucune médication pour guérir le sida ni aucun vaccin efficace pour enrayer la transmission du virus. De plus, l'épidémie évolue malheureusement vers les personnes plus démunies qui cumulent un ensemble de facteurs de risque ou de conditions de vie favorisant la transmission de cette infection. Ainsi, les données épidémiologiques indiquent que 15 % des 23 000 personnes qui feraient usage de drogues par injection (UDI) au Québec sont infectées par le VIH. Ces personnes sont aussi aux prises avec une épidémie fulgurante d’hépatite C : 62 % sont infectées par le virus de l’hépatite C; avec un taux d'incidence d’infection de l’ordre de 27.5 par cent  personnes/année (un usager de drogues par injection sur quatre devient infecté chaque année).

La prévention des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) chez les UDI constitue une préoccupation importante pour le ministère et le réseau de la santé et des services sociaux. Dans le cadre de sa Stratégie québécoise de lutte contre le VIH, l'hépatite C et les autres ITS, le MSSS a invité les agences de la santé et des services sociaux à mobiliser les organismes communautaires, les centres de santé et de services sociaux, les hôpitaux universitaires et les pharmacies à rendre accessibles des programmes de prévention de la transmission du VIH et des hépatites B et C pour les UDI. Outre les mesures préconisées concernant la distribution et la récupération de matériel d’injection, l’éducation relative à l’injection à risques réduits, l’accès à des services psychosociaux, l’accès au condom, le traitement par la méthadone et l’insertion sociale représentent aussi des moyens efficaces de lutter contre la transmission de ces ITSS chez les UDI.

Le Québec possède maintenant un vaste réseau de 787 centres d'accès au matériel d'injection pour les UDI qui distribuent plus de 1,3 million de seringues lors des 104 000 visites des UDI par année. L'efficacité de l’accès aux seringues pour les UDI à contenir l'épidémie de VIH chez les personnes qui font usage de drogues par injection est clairement démontrée mais les défis demeurent notamment, au regard de la transmission du virus de l’hépatite C.

L’un des aspects particuliers qui nous préoccupe, est la stigmatisation à l’égard des personnes qui font usage de drogues par injection. Ces personnes ont à faire face au regard des autres, souvent empreint de préjugés causés par le fait qu’elles consomment des drogues considérées illégales. Plusieurs de ces personnes rencontrent de grandes difficultés d’adaptation sociale et ne sont pas nécessairement en mesure d’envisager de pouvoir arrêter leur consommation de drogue. Il est important de pouvoir les aider à s’en sortir, mais il est primordial qu’elles réussissent à le faire sans être infectées par le VIH ou l’hépatite C.