Information pour les professionnels de la santé

Maladie de Lyme

Manifestations cliniques

Symptômes

Les symptômes de la maladie de Lyme apparaissent généralement entre 3 et 30 jours après la piqûre d'une tique infectée. La maladie se présente généralement en 3 stades cliniques plus ou moins juxtaposés et entrecoupés de périodes de latence. Ces 3 stades sont les suivants :

  • l'infection précoce localisée;
  • l'infection précoce disséminée;
  • l'infection tardive persistante.

L'évolution clinique est variable d'un individu à l'autre.

Le symptôme le plus courant est l’érythème migrant, lésion cutanée érythémateuse sur la peau, qui apparaît généralement à l'endroit de la piqûre, le plus fréquemment aux cuisses, aux aines, aux aisselles ou au tronc, mais qui peut apparaître n’importe où sur le corps. Cette rougeur est présente dans 70 à 80 % des cas d'infection. Elle s'agrandit de jour en jour et dépasse 5 cm de diamètre. Son aspect et sa forme varient beaucoup : elle peut être homogène, annulaire ou en cible. Cette lésion disparaît en quelques jours ou après quelques semaines, même sans traitement.

L’érythème migrant doit être distingué d’une réaction d’hypersensibilité à une piqûre, laquelle apparaît quelques heures après la piqûre, mesure moins de 5 cm et disparaît en 24-48 heures.

D'autres symptômes peuvent accompagner cette rougeur :

  • fièvre;
  • fatigue;
  • céphalées;
  • raideur à la nuque;
  • myalgies et arthralgies;
  • anorexie;
  • adénopathie régionale.

La maladie de Lyme peut affecter un ou plusieurs systèmes (lésions articulaires, cardiaques, neurologiques, etc.) dans les semaines ou les mois qui suivent l’infection. 

Diagnostic

La présence d’un érythème migrant (EM) (phase aigüe) chez un patient habitant ou ayant visité une région endémique est suffisante pour établir un diagnostic de maladie de Lyme. Celui-ci doit être de 5 cm ou plus et persister pendant plus de 3 jours après la piqûre chez une personne qui a été clairement exposée à une tique ou qui a été en contact avec des végétaux dans un secteur considéré comme endémique. Aucun test de laboratoire n’est indiqué dans ces cas pour diagnostiquer et commencer le traitement empirique de la maladie de Lyme.

Dans les autres cas, le diagnostic de la maladie de Lyme reposera sur la présence de symptômes compatibles et sur la confirmation sérologique. La sensibilité et la spécificité des tests sérologiques varient en fonction du stade et de la prévalence de la maladie. Les résultats de laboratoire doivent être interprétés en fonction des données cliniques et du risque d’exposition à des tiques potentiellement infectées par le B. burgdorferi.

La sérologie est indiquée dans les situations suivantes :

  • pour confirmer un diagnostic clinique lorsque les manifestations sont classiques (présence d’un EM), mais que la probabilité d’une exposition à des tiques infectées est faible;
  • pour confirmer un diagnostic chez un patient habitant ou ayant visité une région endémique et présentant des symptômes et des signes compatibles autre que l’EM;
  • pour démontrer la présence d’anticorps aux stades tardifs de la maladie.

Le diagnostic de laboratoire repose en routine sur des méthodes sérologiques. Le Réseau des laboratoires de santé publique du Canada (RLSPC) recommande une approche diagnostique à deux paliers. Tous les spécimens sont d’abord analysés par une épreuve immunoenzymatique (EIA) dans l’un des laboratoires de biologie médicale du réseau de la santé et des services sociaux autorisés à produire l’analyse. Les sérums dont les résultats sont positifs ou indéterminés sont par la suite acheminés au Laboratoire national de microbiologie (LNM), via le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ), pour une analyse de transfert de Western pour la détection des IgG comme première étape du test de confirmation. Si le résultat est positif, aucune autre épreuve de détection des IgM n’est requise. Par contre, si le transfert de Western s’avère négatif, un test supplémentaire de confirmation sera effectué à l’aide d’un line blot IgM. 

Si l’EIA est positif, mais que les tests de confirmation s’avèrent négatifs (transfert de Western IgG et line blot IgM), l’échantillon est considéré négatif. Si l’EIA est positif et que le Western blot IgG est positif, le spécimen est considéré comme positif. Finalement, si l’EIA est positif, le transfert de Western IgG est négatif et que le line blot est positif, le spécimen est considéré positif si le prélèvement a été effectué en phase précoce localisée de l’infection à Borrelia burgdorferi. Par contre, il s’agit probablement d’un faux positif si le spécimen a été prélevé chez un patient qui présente des symptômes depuis plus de six semaines.

Une sérologie effectuée au début de l’infection est souvent négative car à ce moment, le taux d’anticorps détectables n’est pas toujours assez élevé. Si un doute persiste malgré une sérologie négative, il est recommandé de faire une seconde sérologie 4 à 6 semaines plus tard. Si la première sérologie est effectuée plus de 6 semaines après le début des symptômes, une seconde n’est pas nécessaire. Il est important de préciser la date du début des symptômes sur la requête, car cette information permet de bien interpréter le résultat du test.

Un traitement antibiotique précoce peut lui aussi entraîner un résultat négatif, car il freine la production d’anticorps. Par contre, dans les régions non endémiques, un résultat négatif à une sérologie effectuée plus de deux mois après le début des symptômes exclut en pratique le diagnostic de maladie de Lyme. La sérologie n’est pas indiquée pour les personnes qui présentent des symptômes non spécifiques (ex. : fatigue chronique) mais qui n’ont pas été exposées aux tiques, car la probabilité de faux positifs est élevée. D’autres affections peuvent aussi interférer avec les épreuves sérologiques, comme certaines maladies auto-immunes, la syphilis, la leptospirose et une rickettsiose.

L’utilisation des épreuves EIA ou WB de façon indépendante n’est pas recommandée par le RLSPC. La dérogation de l’approche à 2 niveaux peut conduire à des résultats faussement positifs ou négatifs. L’approche à 2 niveaux est caractérisée par une sensibilité et une spécificité supérieures à celles des tests sérologiques pris individuellement.

Traitement

La maladie de Lyme se soigne à l'aide d'un traitement antibiotique. La nature du traitement et sa durée dépendent du stade de l'infection et des atteintes cliniques.

Le traitement de la maladie est relativement simple lorsque la maladie est en phase précoce. Les traitements sont plus complexes lorsque la maladie est avancée. Pour en savoir plus, consultez le document Manifestations cliniques et traitement de la maladie de Lyme  de la Direction de santé publique de la Montérégie.

Certaines personnes ont des symptômes qui perdurent plus de 6 mois après le traitement. Les recherches se poursuivent sur les causes de ces symptômes persistants et les méthodes de traitement.

À la demande du MSSS, l'INESSS élaborera un avis et des outils cliniques qui seront disponibles au printemps 2019  et qui auront pour objectif d'informer, de soutenir et de guider les cliniciens en ce qui a trait notamment :

  • aux démarches liées au diagnostic (identification des signes et des symptômes et analyses biomédicales);
  • aux traitements pharmacologiques utilisés à des fins curatives ou préventives (post-exposition à la piqûre de la tique);
  • à la prise en charge des patients;
  • à l'ambiguïté autour de l'existence de la forme chronique de la maladie de Lyme.

Protection et prévention

Vous trouverez l'information concernant les mesures de protection et de prévention contre la maladie de Lyme  sur le site Web du gouvernement du Québec.

Dernière mise à jour : 20 septembre 2018, 10:53

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