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Vaccinologie pratique

Immunologie appliquée à la vaccination

Il est essentiel de connaître la réponse immunitaire pour comprendre et appliquer les principes généraux en vaccinologie.

Réponse immunitaire aux vaccins vivants atténués

La réponse immunitaire induite par les vaccins vivants atténués est réalisée par la prise en charge systémique des antigènes présents dans ces vaccins. C’est pour cette raison :

  • Que les vaccins vivants atténués produisent moins de réactions locales et plus de réactions systémiques (ex. : fièvre, éruption). Les réactions systémiques surviennent plusieurs jours après l’administration du vaccin.
  • Que l’intervalle à respecter entre 2 doses d’un même vaccin ou entre 2 vaccins vivants atténués différents est de 4 semaines. Cet intervalle permet l’induction de la réponse immunitaire de chacun des vaccins (2‑3 semaines).
  • Que la voie d’administration, SC ou IM, a peu d’effet sur la réponse immunitaire.

Réponse immunitaire aux vaccins inactivés

La réponse immunitaire induite par les vaccins inactivés est réalisée par la prise en charge locale des antigènes présents dans ces vaccins. C’est pour cette raison :

  • Que les vaccins inactivés produisent des réactions inflammatoires (rougeur, chaleur et sensibilité) au site d’injection et qu’il y a présence d’adénopathies axillaires ou inguinales à la suite de l’injection dans un muscle. Ces réactions surviennent habituellement 24 heures après la vaccination.
  • Qu’on peut administrer des vaccins inactivés différents dans des sites distincts selon n’importe quel intervalle de temps. Cela justifie aussi la fabrication de vaccins combinés.
  • Que l’intervalle minimal à respecter entre 2 doses d’un même vaccin est habituellement de 4 semaines. Cet intervalle permet la différenciation des lymphocytes dans les ganglions et la rate ainsi que l’induction de la réponse immunitaire.

La réponse immunitaire induite par les vaccins inactivés justifie les calendriers de vaccination utilisés, qui sont généralement de 2 doses initiales, administrées à au moins 4 semaines d’intervalle, suivies d’une 3e dose, de 4 à 6 mois plus tard (durée nécessaire pour la différenciation complète des cellules mémoire). Chez les nourrissons, une dose additionnelle sera administrée en raison de l’immaturité relative du système immunitaire en bas âge.

Mémoire immunitaire

Après la durée nécessaire pour la différenciation complète des cellules mémoire (4‑6 mois), une nouvelle exposition au même antigène est suivie d’une augmentation rapide (quelques jours) des taux d’anticorps de haute avidité.

Cet effet de rappel (réponse anamnestique) permet d’induire une protection efficace et rapide. La persistance de la mémoire permet aussi de ne pas avoir à reprendre une primovaccination, mais de la poursuivre là où elle a été arrêtée, peu importe le temps qui s’est écoulé depuis la dernière dose.

Comme la réactivation de la mémoire immunitaire prend quelques jours, la protection conférée par les vaccins contre les maladies ayant une période d’incubation courte peut parfois être limitée. Le tétanos en est un bon exemple. En effet, comme la période d’incubation du tétanos peut être de seulement 3 jours, il peut être nécessaire de maintenir un niveau d’anticorps circulants suffisants pour assurer une protection rapide. Cela explique la nécessité des doses de rappel à intervalles réguliers chez les personnes qui répondent moins bien au vaccin.

Un autre exemple de la mémoire immunitaire est la vaccination contre l’hépatite B, pour laquelle l’administration systématique d’une dose de rappel n’est pas recommandée. En effet, lors d’une exposition naturelle au virus, même si le taux d’anticorps est inférieur au seuil considéré comme protecteur, la réplication virale qui s’ensuit, avec une période d’incubation longue, produira assez d’antigènes pour stimuler les cellules mémoire et induira une augmentation des anticorps neutralisants chez les personnes vaccinées plusieurs années auparavant. Ces personnes pourraient avoir une infection transitoire, mais ne développeront ni une maladie clinique ni une hépatite chronique.

Un autre exemple de la mémoire immunitaire est la vaccination contre la rubéole. Chez une personne vaccinée ayant une sérologie négative ou faiblement positive, une revaccination produit une réponse anamnestique qui est la preuve de la mémoire immunitaire. La présence de la mémoire immunitaire observée chez les personnes vaccinées, même en l’absence d’anticorps mesurables, associée à une longue période d’incubation de la rubéole, permet aux anticorps de se développer et de se multiplier pour assurer une protection suffisante.

Dernière mise à jour : 03 mai 2019

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