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Monoxyde de carbone

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Intoxication au monoxyde de carbone

Signes et symptômes

Les signes et les symptômes d’une intoxication au monoxyde de carbone (CO)  sont non spécifiques. Pour connaître les symptômes d’une intoxication, consultez la page Intoxication au monoxyde de carbone Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. du Portail santé mieux-être.

Il est possible de se protéger adéquatement en prenant les précautions nécessaires. Pour en savoir plus, consultez la page Prévenir les intoxications au monoxyde de carbone Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. du Portail santé mieux-être.

Effets probables à la suite d'une exposition aiguë au monoxyde de carbone, selon le pourcentage de COHb dans le sang

Concentration en % de COHb dans le sang

Effets probables à la suite d'une exposition aiguë chez un adulte en bonne santé

0,3-0,7

Niveau normal chez une population non exposée, aucun effet attendu

3,5

Indice biologique d'exposition (pour une exposition à 25 ppm pendant 8 heures)

5-10

Diminution de la capacité à effectuer un effort physique intense, possibilité d'effets neurocomportementaux

10-20

Maux de tête légers, troubles visuels, fatigue, étourdissements

20-30

Maux de tête sévères, nausées, étourdissements, tachycardie

30-40

Maux de tête sévères, nausées, vomissements, confusion, perte de conscience, tachycardie, hyperpnée

40-50

Altération de la vue, de l’audition, dysfonction intellectuelle, faiblesse musculaire

50-70

Syncope, coma, convulsions, détresse cardiaque et respiratoire parfois fatale

> 66

Décès

Source : CSST-service du répertoire toxicologique, mise à jour le 2011-09-21

Effets probables d’une exposition aiguë au monoxyde de carbone sur la santé selon la concentration de ce gaz dans l’air.

Concentration de CO (ppm)

Effets probables à la suite d'une exposition aiguë au CO chez un adulte en bonne santé

35

Valeur d'exposition moyenne pondérée (VEMP)

200

Maux de tête 2 à 3 heures après l'exposition
Valeur d'exposition de courte durée (VECD)

400

Maux de tête et nausées 1 à 3 heures après l'exposition

600-700

Maux de tête et nausées 1 heure après l'exposition

1 200

Danger immédiat pour la vie et la santé (DIVS)

1 600

Maux de tête, nausées, vertiges en 20 minutes, perte de conscience, coma et mort 2 heures après l'exposition

3 200

Maux de tête, vertiges en 5 minutes, coma et risque de mort en 30 minutes

6 400

Maux de tête, vertiges en 1 à 2 minutes, coma et risque de mort en 15 minutes

20 000

Coma et mort en 4 minutes

Source : CSST-service du répertoire toxicologique, Mise à jour le 2011-09-21

Pour connaître les concentrations en monoxyde de carbone (CO) admissibles dans l’air, consultez les barèmes utilisés par les organismes publics.

Diagnostic

Le diagnostic d’une intoxication aiguë au monoxyde de carbone (CO) est souvent difficile à établir puisque les manifestations cliniques sont multiples et non spécifiques. La présence de symptômes similaires chez plus d’une personne, dans un même lieu, devrait faire penser à une intoxication au CO.

Par ailleurs, comme l’intoxication au CO survient souvent pendant la saison hivernale, le diagnostic initial peut, de façon erronée, être celui d’une infection virale. La manifestation principale d’une intoxication au CO pourrait aussi être de nature cardiaque.

Complications d’une intoxication au monoxyde de carbone

Les séquelles neurologiques ci-dessous peuvent se produire tardivement, après une période de latence de 2 à 40 jours :

  • troubles de la mémoire ou de l’attention;
  • démence;
  • modification du comportement (agressivité, violence);
  • apathie et état dépressif.

Dans les cas d’intoxication chronique, le système nerveux central est souvent le plus touché. Les signes neurologiques suivants peuvent apparaître :

  • céphalées tenaces;
  • migraines;
  • difficultés de concentration;
  • problèmes de mémoire.

L’exposition à de faibles concentrations de monoxyde de carbone (CO) peut accentuer une ischémie myocardique chez des personnes porteuses d’une maladie coronarienne. Lorsque l’exposition au CO est faible et chronique, elle peut aussi avoir des conséquences graves sur le fœtus, telles des troubles du développement (poids, taille) et des atteintes au développement intellectuel.

Traitements d’une intoxication au monoxyde de carbone

L’oxygénothérapie en chambre (caisson) hyperbare augmente la quantité d’oxygène (O2) dans le sang. Ce traitement  dissout directement la quantité d’O2 utilisable par les tissus et augmente la pression partielle en O2, ce qui active fortement la dissociation de la carboxyhémoglobine.

En respirant 100 % d'O2 à une pression de 3 ATA, la pression partielle en oxygène du sang (PaO2) et des tissus augmente de près de 20 fois. Cette hausse importante de la pression tissulaire en oxygène explique l'efficacité de l'oxygénothérapie hyperbare dans les cas d’intoxication au monoxyde de carbone (CO).

L'oxygénothérapie hyperbare apparaît très efficace pour diminuer le risque de séquelles tardives. Ce traitement est recommandé :

  • en présence de signes cliniques sévères;
  • en cas de perte de conscience;
  • chez la femme enceinte.

Au Québec, deux centres de médecine hyperbare offrent ce traitement, soit l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. et l'Hôtel-Dieu de Lévis Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre..

Statistiques sur l’intoxication au monoxyde de carbone au Québec

Les maladies à déclaration obligatoire (MADO) déclarées aux autorités de santé publique sont répertoriées dans le système provincial d’enregistrement, de surveillance et de vigie sanitaire des maladies à déclaration obligatoire attribuables à un agent chimique ou physique (Système MADO-Chimique) depuis 2006. Deux types d’exposition sont identifiés, soit l’exposition professionnelle et l’exposition environnementale qui peuvent se produire de manière isolée ou combinée. Les MADO d’origine chimique sont caractérisées par une sous-déclaration, bien que celle-ci n’ait pas été évaluée.

En 2016, 33 % des nouveaux cas déclarés de MADO d’origine chimique étaient attribuables à une exposition accidentelle environnementale. La presque totalité des cas déclarés de MADO de nature environnementale sont associés soit à une atteinte de systèmes ou à un résultat d’analyse de laboratoire qui dépasse le seuil reconnu en santé publique.

L’agent le plus fréquemment en cause est le monoxyde de carbone (CO), dans 68 % (n = 213) des cas. Selon les renseignements obtenus à l’enquête épidémiologique, un décès a été constaté pour 7 cas, et 14,5 % des cas auraient été traités en chambre hyperbare.

Le lieu d’exposition le plus fréquent (84,0 %) est le domicile, que ce soit à la résidence principale (61,0 %), à la résidence secondaire (1,9 %), dans le garage, l’atelier résidentiel ou la remise (20,2 %), ou en camping (tente, roulotte, abri de chasse) (0,9 %).

Les sources de CO sont présentées à la figure suivante. Les cas de MADO peuvent être causés par plus d’une source.

Figure 1 - Cas de MADO d’origine chimique associées à une exposition environnementale accidentelle au monoxyde de carbone selon la source d’exposition, Québec, 2016 et moyenne 2011-2015

Cas de MADO d’origine chimique associées à une exposition environnementale accidentelle au monoxyde de carbone selon la source d’exposition, Québec, 2016 et moyenne 2011-2015

Source : Système MADO-Chimique, Infocentre de santé publique, INSPQ, extraction du 12 avril 2017

En 2016, les principales sources sont les appareils de chauffage (33,2 %), les véhicules moteurs (22,1 %), les incendies (17,1 %), suivies des appareils et des outils à moteur (15,7 %). La majorité des cas sont occasionnés par une ventilation déficiente ou un endroit clos, par l’utilisation d’un appareil défectueux ou une mauvaise utilisation ou une utilisation inappropriée de l’appareil ou de l’outil.

Enfin, parmi les cas documentés (61,0 %), 46,2 % des cas possédaient un avertisseur de monoxyde de carbone. Parmi ceux-ci, l’avertisseur a fonctionné dans 80,0 % des cas.

Dernière mise à jour : 26 mai 2017, 11:05

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