Santé et Services sociaux Québec.
rss
Page précédente Taille du texte

Fiche synthèse #43

Suède – Analyse du système de santé. Systèmes de santé en transition

Résumé

Publié par l’Observatoire européen des systèmes et politiques de santé, ce rapport examine en détail le système de santé de la Suède. Il décrit le cadre institutionnel, les processus, le contenu et la mise en oeuvre des politiques de santé suédoises, soulignant les défis et les domaines qui nécessitent une analyse plus approfondie.

Contexte

La Suède est une monarchie dotée d’un gouvernement parlementaire. La population compte environ 9,4 millions d’habitants répartis à plus de 80 % dans les zones urbaines. Le PIB par habitant, mesuré comme le pouvoir d’achat paritaire (PPP, au cours international du dollar américain) valait, en 2010, 37 775 SEK (couronnes suédoises) (4 200 €). L’espérance de vie en Suède est parmi les plus élevées du monde. Les maladies du système circulatoire constituent la première cause de mortalité, soit environ 40 % de tous les décès en 2009; la deuxième cause est le cancer. Le gouvernement comporte trois niveaux indépendants : le gouvernement national, les 21 conseils de comté régionaux et les 290 municipalités. La responsabilité principale pour l’offre de services de soins de santé repose sur les conseils de comté régionaux. Les municipalités sont responsables des soins aux personnes âgées et handicapées.

Le système de soins de santé suédois est socialement responsable, c’est-à-dire qu’il comporte un engagement public explicite d’assurer la santé de tous les citoyens. Trois principes de base sous-tendent les soins de santé en Suède. Le principe de la dignité humaine qui considère que tous les êtres humains ont un droit égal à la dignité et doivent avoir les mêmes droits, sans égard à leur statut dans la communauté. Le principe du besoin et de la solidarité selon lequel ceux qui nécessitent davantage ont préséance. Le principe de coût-efficacité qui signifie que, si un choix doit être fait entre diverses options de soins de santé, on établira une relation raisonnable entre le coût et les effets mesurée en matière d’amélioration de santé et de qualité de vie.

Analyse / résultats

Organisation et gouvernance

Le Health and Medical Services Act de 1982 spécifie que la responsabilité d’assurer que toute personne vivant en Suède a accès à de bons soins de santé revient aux conseils de comté régionaux et aux municipalités.

Financement

Les dépenses de soins de santé, largement financées par les taxes, s’élevaient à 9,9 % du PIB en Suède en 2009. Près de 80 % de toutes les dépenses de santé sont publiques. Les conseils de comté régionaux et les municipalités prélèvent des taxes proportionnelles sur le revenu de la population pour couvrir les services qu’ils dispensent. Ces deux niveaux de gouvernement génèrent aussi des revenus grâce au financement de l’État et aux prélèvements auprès des utilisateurs. Environ 4 % de la population dispose d’une voluntary health insurance (VHI), dans la plupart des cas payée par l’employeur. Les fonds provenant de la VHI représentent environ 0,2 % du financement total.

Ressources humaines et physiques

Les hôpitaux suédois comptaient environ 25 500 lits en 2009, dont un peu plus de 4 400 dans les soins psychiatriques spécialisés, environ 20 000 dans les soins somatiques spécialisés dans les hôpitaux des conseils de comté régionaux et environ 1 100 dans les hôpitaux privés.

En 2008, la Suède enregistrait 3,7 médecins par 1 000 habitants, comparativement à une moyenne de 3,3 pour l’Union européenne. Le nombre d’infirmières était de 10,8 par 1 000 habitants par rapport à une moyenne de 7,9 pour l’Union européenne.

Offre de services

En Suède, la plupart du travail en santé publique et lié à la santé est exercé aux niveaux local et régional.

Principales réformes de santé

Les réformes dans les soins de santé suédois sont souvent introduites par les autorités locales dans les conseils de comté régionaux et les municipalités. Ainsi, les réformes varient notablement entre les gouvernements locaux, même si des comportements semblables sont généralement observables. Durant les 10 dernières années, les réformes amorcées par les conseils de comté individuels se sont concentrées sur le développement des soins primaires et la coordination des soins aux aînés.

Conclusions

Même si le système de soins de santé suédois occupe un rang élevé dans le classement des pays en matière de santé de la population, de mesure de résultats et de qualité des soins, tel n’est pas le cas sur le plan de l’efficience technique. En ce qui concerne les services spécialisés, la faible efficience technique est étonnante puisque, en Suède, le taux de lits d’hôpital par habitant est faible de même que la durée d’hospitalisation. Cependant, les études suggèrent qu’on n’observe pas de corrélation significative entre l’efficience technique (mesurée par coût et résultats) et les indicateurs qui reflètent la qualité des soins dans les 21 conseils de comté. Il n’est pas facile d’expliquer les variations de qualité et d’efficience. Les conseils de comté qui obtiennent les meilleurs résultats en matière de qualité des soins, d’accessibilité, de sécurité des patients et de coût recourent à diverses méthodes.

Conséquences, recommandations

Évaluation du système de santé

L’espérance de vie à la naissance en Suède est parmi les plus élevées du monde et s’est améliorée de 5,5 ans depuis les 30 dernières années. En ce qui a trait à la mortalité évitable, la Suède se classe parmi les meilleurs pays de l’OCDE. La performance des soins de santé suédois est bonne comparativement aux autres pays, selon les indicateurs de résultats des services de santé et de qualité des soins par maladie. Le point faible des soins de santé suédois se traduit par le long temps d’attente pour les diagnostics et les traitements dans certains secteurs. Des mesures à la fois locales et régionales ont été adoptées pour réduire le temps d’attente et améliorer l’accès aux services. Ce dernier objectif demeure un élément essentiel pour les politiciens municipaux et régionaux afin de mieux répondre aux besoins des patients et de maintenir la légitimité du financement du système de santé public.

Dans le passé, l’équité entre les régions ainsi qu’entre les groupes socioéconomiques sur le plan de la qualité des soins était plus ou moins tenue pour acquise. Les comparaisons des indicateurs de qualité et d’efficience entre les conseils de comté et les dispensateurs rendues publiques ont révélé des différences notables qui remettent en cause l’idéal de l’équité. Les comparaisons régionales entre les conseils de comté suggèrent aussi qu’il y a place à l’amélioration, même si les soins de santé suédois sont relativement bons, comparativement à ceux des autres pays.

Le rapport a aussi porté attention au faible niveau d’investissement dans les soins primaires et à son possible effet sur l’équité dans l’accès aux services. En pratique, les priorités sont fortement influencées par les investissements passés dans les soins de santé, qui ont favorisé les soins hospitaliers. Des politiques nationales ont également été adoptées pour maintenir les soins primaires, les soins aux aînés et les soins psychiatriques. Des mécanismes susceptibles de soutenir des priorités appuyées par des données probantes et le coût-efficacité n'ont été mis en place qu’au cours des deux dernières décennies.

Source du document

Sweden – Health System Review Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.