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Fiche synthèse #41

Soins de santé pour 1,3 G$ US :
portrait du système de santé chinois

Résumé

Ce document de l’Université Stanford (Californie) offre un aperçu de la façon dont le système de santé chinois s’est transformé en même temps que la société et l’économie depuis les années 1960. Le texte décrit de quelle manière le système chinois est financé, organisé et réglementé, et pourquoi il est actuellement en cours de réforme.

Contexte

Il y a un demi-siècle, au début de l’ère Mao, la population de la Chine comptait un demi-milliard de personnes, des jeunes dans une forte proportion (36 % de moins de 15 ans), vivant à 80 % en milieu rural; le tiers de cette population était analphabète et connaissait une pauvreté absolue. En 2010, le sixième recensement de la population chinoise (l’enquête sociale la plus étendue jamais réalisée) a révélé une population de 1,3397 milliard de personnes fondamentalement diversifiée : vieillissante (13,3 % de plus de 60 ans et seulement 16,6 % de moins de 15 ans); à moitié urbaine (49,7 %); 96 % lettrée, dont 23 % titulaire d’un diplôme secondaire ou collégial; cette enquête faisait de la Chine la deuxième plus grande économie du monde et déclarait un revenu par habitant supérieur à 4 000 $ US. L’espérance de vie, qui était de moins de 40 ans en 1949, est passée à 72,5 années pour les hommes et 76,8 années pour les femmes en 2010.

Durant l’ère Mao (des années 1950 aux années 1970), la population chinoise majoritairement rurale a eu accès aux services de santé de base grâce à des coopératives médicales gérées par les communes agricoles. La faible population urbaine était largement couverte par une assurance santé basée sur l’emploi ou les systèmes d’assurance du gouvernement. Les célèbres « médecins à pied » de la fin des années 1960 offraient les services médicaux de base et de promotion de la santé comme la vaccination des vastes populations rurales. Même si les lignes directrices étaient minimales (les médecins de village recevaient généralement quelques mois de formation après l’école secondaire), la disponibilité et l’utilisation étendues des soins médicaux de base, y compris la médecine traditionnelle chinoise, et l’accent mis sur le contrôle des maladies infectieuses ont mené à des améliorations substantielles de l’état de santé.

En plus de la transition économique chinoise d’une planification centralisée à une économie de marché, le système de santé a dû s’adapter à d’importants changements relatifs à la population et à la maladie. Sur le plan démographique, la transition d’une mortalité et une fécondité très fortes à une mortalité relativement faible et une fécondité réduite s’est produite très rapidement. Au cours du dernier quart de siècle, la maladie primaire en Chine a radicalement changé : elle est passée des maladies infectieuses aux maladies chroniques et non transmissibles. Que ce soit dans les régions urbaines ou rurales, le cancer et les maladies cardiovasculaires sont devenues les causes les plus importantes de mortalité.

Analyse / résultats

Concernant l’offre de services, la Chine a hérité d’un système basé sur les hôpitaux géré par le ministère de la Santé et les gouvernements locaux, soutenu par un vaste réseau de médecins de village et de dispensateurs de soins locaux dans les zones urbaines. Comme plusieurs autres systèmes de santé de l’Asie (y compris ceux du Japon et de la Corée), une large part des soins ambulatoires, même mineurs, et des premières consultations, ont lieu dans les cliniques externes des départements hospitaliers.

Les récentes réformes chinoises font la promotion d’un système de soins primaires offerts par des dispensateurs locaux afin de renforcer la qualité et le financement des cliniques de village, des centres de santé des comtés et des villes; le nouveau programme souhaite amener les « médecins à pied » vers le XXIe siècle en matière de qualité et de formation. L’effort nécessaire pour construire un réseau de dispensateurs de soins primaires indépendant des hôpitaux est un processus long et difficile puisque les patients se méfient à présent de la qualité des dispensateurs de soins.

En somme, la Chine assure une couverture d’assurance large mais superficielle et elle travaille à l’amplifier en mettant en place des mécanismes additionnels. Il lui faut veiller à ce que les dépenses supplémentaires en santé soient pertinentes et incluent l’amélioration de la formation du personnel, de l’organisation de soins, de l’offre de services cliniques, des paiements et des contrats ainsi que des services de santé populationnels. La prochaine phase de la réforme, qui sera annoncée en 2012, devrait approfondir la réforme de 2009 en augmentant les bénéfices aux assurés, en améliorant la mobilité, en encourageant l’offre de services du secteur privé, en réformant les hôpitaux de comté, en élargissant le système médical aux dispensateurs de soins primaires privés et en renforçant les mesures de santé populationnelles.

Conclusions

La Chine a maintenant atteint son objectif de couverture universelle depuis que 1,295 sur 1,3397 milliards de personnes, soit plus de 95 % de la population, sont maintenant protégées par une assurance santé. De plus, les coûts à l’acte assumés par les contribuables sont maintenant réduits à 35,5% des dépenses totales en santé. Le système connaît tout de même plusieurs faiblesses quant à l’accessibilité à des soins de qualité. Le défi consiste maintenant à approfondir la mise en commun des risques, à renforcer les soins primaires, à améliorer la qualité clinique, à augmenter les mesures incitatives et à réorganiser l’offre de services pour mieux répondre aux besoins de la société chinoise de plus en plus urbaine, fortunée et vieillissante.

Conséquences, recommandations

En avril 2009, le Parti communiste central chinois et le Conseil national chinois ont annoncé une réforme en profondeur des soins de santé et publié un plan de réforme intitulé Implementation Plan for Deepening Pharmaceutical and Health System Reform 2009-2011. Le gouvernement a adopté cinq priorités : accélérer l’expansion d’un système d’assurance santé de base; établir une liste nationale des médicaments essentiels; améliorer les soins primaires grâce à un système renouvelé de dispensateurs locaux; promouvoir l’égalité des services de santé publique de base; faciliter les réformes des programmes dans les hôpitaux publics.

Sur les cinq priorités annoncées en 2009, l’expansion de la couverture d’assurance santé a sûrement connu le plus vif succès. Le rôle principal de l’assurance santé est de protéger les bénéficiaires du risque de dépenses médicales élevées. La protection contre le risque est aussi d’assurer un meilleur accès et une utilisation optimale des services nécessaires.

Les réformes récentes en Chine englobent aussi le besoin d’améliorer les mesures incitatives. Par exemple, une composante clé du plan de renforcement est l’évaluation de la performance des professionnels de la santé dans l’organisation gouvernementale des soins primaires.

Source du document

Health care for 1.3 billion. An overview of China’s health system Fichier PDF.