Santé et Services sociaux Québec.
rss
Page précédente Taille du texte

Fiche synthèse #56

Réduire le gaspillage dans le secteur de la santé

Résumé

Un objectif important de l’effort pour freiner les dépenses de santé aux États-Unis est l’élimination du gaspillage, dont on croit qu’il représente plus du tiers de toutes les dépenses de santé. Ce document de politique, publié dans Health Affairs, met l’accent sur les types de gaspillage dans les soins de santé et les moyens de les éliminer.

Contexte

On considère généralement que les dépenses de santé aux États-Unis entraînent un taux de croissance non durable et les décideurs politiques cherchent de plus en plus des moyens de ralentir ou de réduire la croissance des dépenses globales. Un objectif de première importance est d’éliminer le gaspillage sans porter préjudice aux consommateurs ni réduire la qualité des soins. Ces économies, selon certaines estimations, pourraient constituer près du sixième de toutes les dépenses en santé aux États-Unis. Les pertes dues au gaspillage peuvent inclure les dépenses rattachées à des services qui n’attestent pas vraiment de meilleurs résultats comparativement à des solutions moins coûteuses. Le gaspillage peut également comprendre la fourniture inefficace de biens et de services de santé et le coût du traitement des blessures et infections évitables dans les hôpitaux. Il peut aussi inclure la fraude et les abus. Cette note d’orientation politique porte sur les types de gaspillage dans les soins de santé, sur des suggestions pour les éliminer et sur les obstacles à surmonter pour y parvenir.

Analyse / résultats

Le coût des dépenses inutiles

En comparant les dépenses de santé des pays, le McKinsey Global Institute a révélé que, compte tenu de sa richesse relative, les États-Unis ont dépensé près de 650 G$ US de plus que d’autres pays développés en 2006 et que cette différence n’est pas attribuable à davantage de maladie chez la population américaine. Ces dépenses ont été alimentées par des facteurs tels que la croissance de la capacité des fournisseurs de services ambulatoires, l’innovation technologique et la hausse de la demande en réponse à une plus grande disponibilité de ces services. Par ailleurs, une somme de 91 G$ US, soit 14 % du total des pertes, est due à l’inefficacité et à la redondance des pratiques administratives en santé.

Les défaillances de la prestation des soins

Cette catégorie comprend la mauvaise implantation ou l’absence d’adoption à grande échelle de meilleures pratiques, telles que des soins préventifs ou des mesures de sécurité des patients, ce qui peut entraîner des blessures, de mauvais résultats cliniques et un coût plus élevé.

Les défaillances de la coordination des soins

Ces problèmes se produisent lorsque les patients reçoivent des soins fragmentés et incohérents, par exemple lorsque la transition d’un milieu de soins à un autre est mal gérée. Ces problèmes peuvent inclure des réadmissions à l’hôpital non nécessaires, des complications évitables et la diminution de l’état fonctionnel des patients, en particulier pour ceux qui souffrent de maladie chronique.

Le surtraitement

Cette catégorie comprend les soins ancrés dans une culture dépassée, choisis selon les préférences des fournisseurs plutôt que basés sur les besoins des patients, ceux qui ne se fondent pas sur les résultats scientifiques ou qui sont motivés par autre chose que la prestation de soins optimale. Dans l’ensemble, les surtraitements ajoutent entre 158 et 226 G$ en dépenses inutiles pour 2011, selon Berwick et Hackbarth.

La complexité administrative

Cette catégorie est constituée de dépenses excessives engendrées par des sociétés privées d’assurance maladie, le gouvernement ou des organismes d’accréditation qui créent des règles inefficaces ou qui imposent une procédure trop bureaucratique. Par exemple, l’absence de formulaires normalisés peut entraîner une facturation très complexe pour les médecins et le personnel, ce qui constitue une perte de temps.

Les défaillances des prix

Ce type de dépenses inutiles est observable lorsque le prix d’un service dépasse celui que fixe un marché équilibré et qui serait égal au coût réel de production majoré d’un bénéfice raisonnable. Par exemple, Berwick et Hackbarth notent que les tests d’imagerie par résonance magnétique et de tomodensitométrie sont beaucoup plus chers aux États-Unis que dans d’autres pays, à cause de cette absence de transparence et du manque de marchés concurrentiels. Au total, ils estiment que ce type de dépenses inutiles ajoute de 84 à 178 G$ US en dépenses inutiles pour 2011.

La fraude et les abus

En plus des fausses factures et des escroqueries, cette catégorie comprend le coût des inspections et des règlements adoptés pour endiguer les actes répréhensibles. Berwick et Hackbarth estiment que la fraude et les abus ajoutent de 82 à 272 G$ US de dépenses inutiles pour 2011.

Conclusions

Bon nombre des mesures décrites ici sont déjà adoptées, mais à divers niveaux dans les régions et les systèmes aux États-Unis. On se préoccupe beaucoup de certains nouveaux modèles de paiement, de leur évolution et de leur reproductibilité, ainsi que de leur capacité à établir une différence dans la façon dont les soins sont prodigués et à quel coût. Certaines tendances transversales, comme la consolidation des systèmes hospitaliers et l’embauche des médecins, pourraient conduire à la mise à disposition de services non nécessaires. Les efforts destinés à enrayer les dépenses inutiles du système de soins de santé seront sans doute suivis de mesures du gouvernement fédéral, y compris l’adoption de technologies de l’information, la rémunération au rendement, des réformes des paiements et de l’offre de services, la recherche d’efficacité comparative et des appels d’offres concurrentiels. Des programmes similaires sont également en cours, amorcés par les agences de Medicaid State et les compagnies privées. De l’avis de nombreux experts, des efforts encore plus soutenus pour poursuivre cette réduction des dépenses inutiles sont nettement justifiés.

Conséquences, recommandations

En septembre 2012, un rapport du comité de l’Institute of Medicine formule les recommandations suivantes :

  • Améliorer la capacité des prestataires à collecter et à utiliser les données numériques pour faire avancer la science et l’amélioration des soins.

  • Faire participer les patients et leurs familles ou leurs aidants dans les décisions de soins. Accroître l’efficacité de la recherche comparative peut aider les médecins, les patients et leurs familles à prendre des décisions plus éclairées.

  • Utiliser plus largement des lignes directrices de pratique clinique et des outils d’aide à la décision pour les fournisseurs.

  • Promouvoir le partenariat et la coordination entre les fournisseurs et la communauté pour améliorer les transitions de soins.

  • Accroître les incitations financières visant à promouvoir la formation continue et les prestations de soins de grande qualité à faible coût. Des efforts sont en cours pour évoluer de la traditionnelle forme de rémunération des services en fonction du volume de services rendus vers une rémunération basée sur la valeur et les résultats.

  • Améliorer l’information et la transparence quant à la performance des fournisseurs, à la qualité des soins, au coût et aux résultats. 

Source du document

Reducing waste in health care Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.