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Fiche synthèse #39

Rapports publics concernant la qualité et les coûts. Est-ce que les tableaux de bord et autres mesures de la performance des fournisseurs de soins résultent en une amélioration des soins et de meilleurs choix pour les consommateurs ?

Résumé

Ce document examine si les rapports publics sur la performance des prestataires de soins de santé conduisent à de meilleurs choix et à une amélioration des soins. Publié dans Health Affairs, l’article décrit la théorie sous-jacente des rapports publics, leur évolution au fil du temps et les données probantes concernant leur effet sur l’amélioration de la qualité des soins de santé et la réduction des coûts.

Contexte

Les rapports publics constituent une stratégie pour rendre compte de l’information sur la qualité et les coûts des soins en informant les bénéficiaires, les bailleurs de fonds et les dispensateurs de soins, comme les médecins et les hôpitaux, sur la performance et les plans d’assurance. Les rapports publics peuvent faire état des comparaisons de coûts, de la qualité (comme le taux d’infections nosocomiales) et de la satisfaction des usagers. Les partisans des rapports publics croient qu’ils éclairent les usagers en matière de choix de médecins, d’hôpitaux et de plans de santé, qu’ils guident les employeurs et les autres acheteurs de plans d’assurance et qu’ils soutiennent les dispensateurs de soins quand il s’agit de recommander un spécialiste. Les dispensateurs ont pour but d’améliorer leur performance pour protéger leur réputation et le recours à leurs services. L’information publique aide également les décideurs à évaluer la performance et la valeur du système de soins.

Actuellement, aux États-Unis, les rapports sont de plus en plus rendus publics, élaborés et utilisés par maints acteurs comme le gouvernement fédéral, l’État et les dirigeants locaux, les hôpitaux et autres établissements de santé, les associations professionnelles, les compagnies d’assurance, les employeurs et les consommateurs. La promulgation de l’Affordable Care Act en 2010 a proposé une stratégie nationale d’amélioration de la qualité qui inclut les rapports publics..

Analyse / résultats

Les Centers for Medicare and Medicaid Services (CMS) collectent des données sur les mesures de performance des dispensateurs de Medicare, de Medicaid et du Children’s Health Insurance Program. Les CMS publient de l’information comparative sur les hôpitaux, les médecins, les établissements de soins prolongés, les agences de soins à domicile, les centres de dialyse sur le site www.healthcare.gov Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.. L’information concernant les hôpitaux généraux est disponible sur le site www.hospitalcompare.hhs.gov Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.. Les CMS gèrent aussi le site www.medicare.gov Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre., qui offre de l’information aux consommateurs sur les plans d’assurance Medicare Advantage et Part D Drug Plans, disponibles dans leurs secteurs. L’Affordable Care Act exige aussi d’exposer publiquement les mesures de performance sur la qualité, les coûts et d’autres mesures des soins. Les rapports publics seront utilisés dès 2014 pour les nouveaux contrats d’assurance santé des États. Actuellement, environ la moitié des États ont déjà mis en place des programmes de rapports publics. L’information disponible varie considérablement d’un État à l’autre, selon l’état de la santé, les mesures et les processus utilisés.

Les organisations qui utilisent les rapports publics incluent le National Quality Forum (NQF), organisme à but non lucratif qui travaille avec les dispensateurs, les groupes de consommateurs et les gouvernements pour établir un consensus sur les soins de qualité pour des problèmes de santé particuliers et sur des mesures efficaces. Le National Committee for Quality Assurance évalue et accrédite les programmes d’assurance santé d’après leur valeur et leur qualité.

Conclusions

Beaucoup de travail reste à accomplir pour que les rapports publics permettent un changement en profondeur de l’offre de soins de santé. Un sondage auprès de 29 experts et participants au Sommet national AHRQ 2011 a révélé que, même si personne ne doute de la valeur ajoutée des investissements publics et privés, la plupart considère que l’information publiée jusqu’à maintenant a eu un effet positif mais limité sur les choix des consommateurs envers les dispensateurs de soins de santé.

Le défi, selon les experts, est de progresser quant aux mesures, à la collecte des données et à l’utilisation des technologies de l’information, d’offrir davantage de rapports publics orientés vers le consommateur et d’atteindre ces objectifs malgré le financement public limité et la résistance des dispensateurs de soins assujettis à cette surveillance.

Conséquences, recommandations

Même si le concept des rapports publics obtient un large soutien, son implantation n’a pas toujours été approuvée et les données probantes sont sujettes à caution. En effet, on se demande si cette formule génère des changements dans les soins de santé ou si les consommateurs l’utilisent largement.

Les détracteurs des rapports publics se préoccupent de plusieurs éléments, y compris la validité et la relativité de l’information que contiennent les rapports. Par exemple, seulement 30 % des médecins interrogés en 2005 croient que les mesures de qualité utilisées dans les rapports publics sont généralement valides. Les coûts associés à la collecte, à l’analyse et à la diffusion des données peuvent être élevés, en particulier pour les médecins et les dispensateurs qui ne disposent pas de dossiers de santé électroniques.

Il pourrait y avoir aussi des conséquences indésirables, par exemple des dispensateurs de soins qui refuseraient de traiter des patients souffrant de maladies graves, de peur d’influer négativement sur les résultats rendus publics. Il existe également un risque que les consommateurs interprètent mal les résultats s’ils ne comprennent pas les termes utilisés, ou ce qu’un indicateur révèle quant à la qualité des soins, ou si un taux, élevé ou faible, reflète une bonne performance.

En dépit du niveau de confiance dans l’élaboration et l’implantation des systèmes de rapports publics, le jury considère que ces documents amélioreront la qualité et réduiront les coûts des soins de santé.

Les détracteurs comme les tenants de cette stratégie reconnaissent qu’il faut tenir compte de plusieurs caractéristiques des rapports publics. Ces éléments touchent le choix des mesures de performance, la collecte des données et la capacité des systèmes, le format et le contenu des rapports, l’éducation et la promotion de l’utilisation de l’information et, enfin, l’évaluation et l’amélioration continue pour s’assurer que les rapports publics répondent aux attentes et aux objectifs plutôt que de constituer une fin en soi.

Le succès des rapports publics repose sur l’éducation des consommateurs. Ceux-ci doivent non seulement connaître les sources d’information disponibles et la façon d’y accéder, mais aussi comprendre à quel point ces renseignements sont importants.

Les participants au Sommet national AHRQ 2011 sur les rapports publics ont discuté des façons de mieux renseigner les consommateurs et de les inciter à utiliser cette source. Les experts recommandent notamment d’amener les consommateurs et leurs familles à améliorer ces rapports. Ils soutiennent que les rapports publics doivent tenir compte des priorités des consommateurs et de l’information à laquelle ils accordent de la valeur, plutôt que simplement rendre publiques les données disponibles.

Enfin, ces experts recommandent de poursuivre la recherche sur les meilleures façons de présenter les résultats clairement et d’explorer d’autres moyens de diffuser les rapports, tels que les technologies mobiles et les systèmes téléphoniques automatisés.

Source du document

Public reporting on quality and costs. Do report cards and other measures of providers’ performance lead to improved care and better choices by consumers ?  Fichier PDF.