Santé et Services sociaux Québec.
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Fiche synthèse #2

Analyse coût-avantage des infirmières praticiennes :

 rapport au ministère de la Santé de la Nouvelle-Zélande

Résumé

Ce rapport analyse l’incidence financière du transfert de certaines tâches des omnipraticiens aux infirmières dans les soins de santé primaire, en Nouvelle-Zélande. Il expose un modèle qui permettrait d’estimer cette incidence à partir de plus de 2 000 consultations dans neuf cliniques de soins primaires du pays et procède à une revue de littérature. Les résultats de cette étude indiquent clairement que les infirmières peuvent fournir et, dans certains cas, offrent déjà plusieurs services de soins de santé primaires. Le document se concentre sur le coût de la contribution financière des infirmières dans les cliniques de soins primaires et ne porte pas sur la qualité des soins, l’utilisation des soins, la main-d’oeuvre disponible ou la gestion associée à la répartition des tâches entre médecins et infirmières.

Contexte

Cette étude fait partie de la « Stratégie néo-zélandaise de soins de santé primaires 2001 » qui présente une nouvelle vision des soins axée sur une approche du travail de toutes les équipes de soins.

La mise en place de cette stratégie, assortie de nouvelles mesures de financement, permet de revoir la définition du rôle des infirmières en créant des possibilités, mais elle comporte également des risques pour la profession. En effet, cette décision, en permettant de maximiser le potentiel du travail des infirmières, peut aussi nuire à la qualité des soins.

C’est pourquoi le transfert de certaines tâches des médecins aux infirmières, afin de réduire les coûts ou d’améliorer l’accessibilité aux soins, est un enjeu de taille. Ces tâches pourraient inclure, par exemple, la rencontre des patients pour expliquer des résultats de laboratoire hors normes ou le suivi de problèmes chroniques.

Analyse / résultats

Les résultats de cette étude indiquent clairement que les infirmières peuvent fournir et, dans certains cas, offrent déjà plusieurs services de soins de santé primaires. Les données recueillies dans deux cliniques de soins primaires démontrent que les infirmières assument de 40 % à 50 % de toutes les consultations de ces cliniques. Actuellement, le rôle des infirmières dans les soins primaires varie fortement d’un établissement à l’autre, tant en matière du nombre de consultations que dans la nature des soins. Cette étude ne permet pas d’évaluer la qualité relative des soins des infirmières par rapport à ceux des médecins, mais la plus récente recension systématique de la Cochrane Collaboration indique des résultats équivalents ou supérieurs de la part des infirmières comparativement aux médecins dans les consultations de soins primaires.

Obstacles à l’élargissement de la pratique des infirmières

Les obstacles à l’élargissement de la pratique des infirmières incluent l’espace de travail insuffisant, le manque de main-d’oeuvre infirmière, le manque d’expérience, de compétence et d’intérêt des infirmières, et les préférences des usagers pour consulter un médecin. Les attentes et les attitudes des omnipraticiens dans les cliniques ont également une incidence importante.

Incidence financière

Actuellement, l’incidence financière de la substitution du temps de travail d’un omnipraticien par celui d’une infirmière dépend fortement des variables suivantes :

  1. le coût du temps de travail (par minute) de l’infirmière relativement à celui de l’omnipraticien;
  2. la durée de la consultation d’une infirmière comparativement à celle de l’omnipraticien;
  3. le revenu de consultation de l’infirmière par rapport à celui du médecin;
  4. le pourcentage des consultations des infirmières qui requièrent du temps de travail du médecin

Dans certains établissements, augmenter les consultations avec des infirmières et les réduire avec les omnipraticiens, sans autre changement de paramètre, entraînerait une diminution notable des profits. D’autres établissements connaîtraient le résultat inverse.

  1. Implantation des nouvelles pratiques
    La revue de littérature indique que les infirmières peuvent, du moins pour certains types de consultations, offrir des soins de qualité équivalente à ceux que dispensent les omnipraticiens. Cependant, le transfert des tâches dépend en grande partie du consentement des usagers et de l’intérêt des divers groupes de professionnels. En outre, la résistance des professionnels peut être contrebalancée par des mesures incitatives financières et la reconnaissance de l’autonomie des groupes de professionnels.
  2. Rôle des infirmières dans les soins
    Les études de cas font état d’une diversité considérable du rôle des infirmières dans les soins. Cependant, dans la plupart des cliniques, les infirmières sont généralement responsables des immunisations, des soins proactifs pour les patients atteints de maladie chronique et, dans quelques cliniques, elles assument un nouveau rôle pour les consultations d’urgence sans rendez-vous.

Conclusions

Cette modélisation indique que le transfert des tâches des omnipraticiens aux infirmières sera toujours financièrement avantageux dans les cliniques accessibles à faible coût.

Conséquences, recommandations

  • Incidences sur le financement des soins
    Si la même rémunération est offerte aux infirmières et aux médecins pour la même tâche, il va de soi qu’il y aura propension à augmenter le temps de travail des infirmières. Ce constat est valable pour les actes suivants :
    1. immunisations;
    2. suivi de problèmes chroniques;
    3. appels téléphoniques, rappels, suivi téléphonique de résultats;
    4. consultations urgentes dans les cliniques accessibles à faible coût

Afin de changer les perceptions et les attitudes face au travail des équipes, il importe de valoriser la contribution financière importante des infirmières dans les cliniques. Cette étude révèle que, dans certains établissements, les infirmières contribuent plus largement aux revenus de la clinique que les omnipraticiens, en raison du paiement qui est similaire, que les services soient rendus par l’un ou l’autre type de professionnels.

  • Conséquences pour les propriétaires de clinique
    Les propriétaires de clinique font face à de multiples contraintes, par exemple la disponibilité plus ou moins restreinte et les compétences de la main-d’oeuvre locale ainsi que la difficulté de changer des habitudes bien établies. Cependant, ces propriétaires ont tout intérêt à étudier de nouvelles façons d’offrir les services cliniques, en utilisant au mieux les compétences des infirmières. Dans plusieurs cas, un régime de paiement approprié permet de rentabiliser le transfert des tâches des omnipraticiens aux infirmières.

Source du document

Practice nurse cost benefit analysis: report to the Ministry of Health Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.