Santé et Services sociaux Québec.
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Fiche synthèse #19

Nouveau regard sur les systèmes de santé dans les pays de l’OCDE :

typologie, efficience et politique

Résumé

Cette édition d’Objectif croissance comporte un chapitre sur la santé (chapitre 6), qui contribue au bien-être individuel et se révèle un moteur indispensable de la croissance économique à long terme. L’OCDE a rassemblé de nouvelles données comparatives sur la politique et l’efficacité des systèmes de santé qui laissent voir une amélioration de l’efficacité des dépenses publiques dans tous les pays étudiés.

Contexte

Les dépenses croissantes en santé font pression sur le budget des États. S’ils veulent préserver la qualité des soins sans fragiliser davantage les finances publiques, les gouvernements vont devoir renforcer l’efficacité de leur système de santé. Les nouvelles données comparatives sur la politique de la santé et l’efficacité des systèmes de soins médicaux que l’OCDE a recueillies sur ses pays membres incitent à penser que tous les pays concernés peuvent améliorer l’efficacité de leurs dépenses en santé. Si tous les pays devenaient aussi efficients que les plus performants d’entre eux dans ce domaine, l’espérance de vie à la naissance pourrait augmenter de plus de deux ans en moyenne dans les pays de l’OCDE sans changement dans les dépenses en santé. Aucun système de santé n’offre systématiquement un meilleur rapport coût-efficacité que les autres.

Analyse / résultats

 L’espérance de vie à la naissance pourrait s’allonger de plus de deux ans en moyenne dans les pays de l’OCDE, sans augmentation des dépenses en santé, si tous les pays alignaient leur niveau d’efficience sur celui des pays les plus performants dans ce domaine. À titre de comparaison, une hausse de 10 % des dépenses en santé ne prolongerait l’espérance de vie que de trois ou quatre mois.

C’est au Danemark, aux États-Unis, en Hongrie et en République slovaque que les gains potentiels d’efficience sont les plus élevés, soit de plus de quatre années de vie.

Dans plus du tiers des pays de l’OCDE, une efficience accrue permettrait d’améliorer tant l’espérance de vie pendant la décennie se terminant en 2017 qu’au cours de la décennie précédente, sans modifier les dépenses en santé.

L’amélioration de l’efficience se traduirait, dans la plupart des pays de l’OCDE, par des économies notables pour les finances publiques, égales à 1,9 % du PIB en moyenne d’ici 2017, et même supérieures à 3 % en Grèce, en Irlande et au Royaume-Uni.

Selon une nouvelle typologie des systèmes de santé visant à étudier les liens entre le cadre de l’action publique et l’efficacité de ces systèmes, aucun système de santé n’est nettement supérieur aux autres quant à sa capacité à améliorer l’état de santé. Des réformes radicales, consistant à abandonner un type de système pour un autre, ne sont donc pas susceptibles d’accroître sensiblement l’efficience.

Conclusions

Tous les systèmes, qu’ils soient fondés sur le marché ou plus dirigistes et centralisés, présentent des avantages et des inconvénients. Plutôt que le type de système, c’est davantage la manière dont il est géré qui importe. Les pouvoirs publics devraient aspirer à renforcer la cohérence de leurs interventions en adoptant les meilleures pratiques mises en oeuvre ailleurs et en les adaptant à leur propre contexte. L’amélioration de l’efficacité des systèmes de santé se traduirait par une économie importante de dépenses publiques, de près de 2 % du PIB en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Conséquences, recommandations

Cette comparaison met en lumière les réformes qui pourraient être amorcées afin de rendre le système plus efficace:

  • Améliorer la coordination des entités chargées des soins médicaux, particulièrement au point de jonction entre prestataires (hospitalisés et ambulatoires), lors de la transition vers des soins de longue durée et dans les pays où les décisions importantes relatives aux soins médicaux sont fragmentées entre les niveaux d’administration. Cet aspect devrait être étudié en particulier au Canada.
  • Instaurer ou renforcer le système du médecin référent pour gérer la demande de services spécialisés et garantir un recours adéquat aux différentes formes de soins. Le fait d’inciter les patients à s’enregistrer auprès d’un médecin généraliste pourrait contribuer à diminuer le nombre de consultations ou à contenir les dépenses d’hospitalisation.
  • Laisser aux frais des patients davantage de dépenses lorsqu’elles sont faibles et concernent de nombreux prestataires, car ces deux facteurs conjugués peuvent susciter une demande de soins excessive.
  • Fournir davantage d’information sur la qualité et les prix, afin de renforcer la concurrence et de permettre une évaluation comparative des prestataires, ce qui contribuerait à diffuser des pratiques optimales.
  • Envisager de réformer les modes de rémunération des prestataires dans le secteur tant hospitalier qu’ambulatoire. Des modes de rémunération plus équilibrés, par exemple entre la rémunération à la performance et une composante fixe, permettraient, dans de nombreux pays, une meilleure mise en adéquation de la demande et de l’offre de soins médicaux.
  • Ajuster les réglementations relatives au personnel et à l’équipement hospitalier. Il conviendrait de les assouplir dans les pays où les systèmes de rémunération des hôpitaux ont fait l’objet de récentes réformes qui privilégient le paiement en fonction de l’activité, mais où une réglementation stricte de l’emploi et de l’équipement hospitalier bride la réponse aux nouvelles mesures incitatives.
  • Mieux déterminer les priorités dans les pays où font défaut une définition précise du panier de prestations, une évaluation véritable des technologies médicales, ainsi qu’une définition et un suivi clairs des objectifs fixés en matière de santé publique. Les pays les plus efficients sont généralement ceux qui établissent leurs priorités avec le plus de rigueur.
  • Élaborer une politique de prise en charge des inégalités rencontrées dans le domaine de la santé et mieux en comprendre les raisons. D’autres recherches sont nécessaires pour savoir si les inégalités quant à l’état de santé découlent d’un recours massif aux assurances privées (Canada et France) ou du niveau élevé des dépenses laissées aux frais des patients (Finlande, Hongrie, Pologne et République slovaque).

Source du document

Réformes économiques 2011 - Nouveau regard sur les systèmes de santé dans les pays de l’OCDE : typologie, efficience et politique. Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.