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Fiche synthèse #48

Modes de rémunération qui permettent un partage des économies en soins de santé. Six études de cas

Résumé

Les programmes américains d’épargne partagée offrent une autre approche pour la rémunération des prestataires de soins de santé. Ces derniers reçoivent une part des économies réalisées grâce à la réduction des coûts. Ce document du Commonwealth Fund présente six études de projets pilotes d’épargne partagée.

Contexte

L’une des idées les plus discutées à l’heure actuelle en matière de soins de santé est de récompenser les fournisseurs de soins qui parviennent à réduire les dépenses médicales en leur accordant une part des économies nettes. Diverses approches d’épargne partagée sont actuellement testées par bon nombre d’organisations aux États-Unis, dans l'espoir que les établissements de soins et les autres fournisseurs adoptent une approche de paiement basée sur la performance et la loi sur les soins abordables.

Un précédent mémoire du Commonwealth Fund résumait 27 exemples d’épargne partagée. Ce mémoire relevait de grandes variations dans les détails essentiels de la mise en œuvre de telles initiatives. Ces variations incluent: comment les payeurs assignent les patients aux dispensateurs pour évaluer les économies de coûts, comment les payeurs ajustent les profils de risque des groupes de patients en fonction de leurs besoins en soins de santé, et comment les payeurs calculent et répartissent l'épargne.

Par exemple, certains payeurs assignent les patients aux dispensateurs pour évaluer les économies de coût, d’autres ajustent les profils de risque des groupes de patients en fonction de leurs besoins en soins de santé, et d'autres encore calculent et répartissent l’épargne.

Cette étude précédente a également précisé que les payeurs et les fournisseurs doivent relever un certain nombre de défis pour que les plans d’épargne partagée réalisent leurs promesses. Il s’agit notamment de veiller à ce que les économies ne tiennent pas seulement compte des variations aléatoires du coût des soins de santé, ce qui est particulièrement important si les fournisseurs n’encourent aucune sanction s’ils ne parviennent pas à réaliser des économies. D’autres défis comprennent le choix des mesures qui mettent l’accent sur l’amélioration de la performance des dispensateurs ainsi que sur la réduction du coût, et l’obligation de fournir à ces derniers les données et les outils dont ils ont besoin pour améliorer leur efficacité et leur efficience.

Étant donné les incertitudes concernant une approche idéale d’épargne partagée et la meilleure façon de la mettre en oeuvre, ce document examine six projets pilotes d’épargne partagée. Pour chaque étude de cas, des dirigeants des organisations dispensatrices et des organismes gouvernementaux ont été interviewés au sujet de leurs tentatives pour concevoir et mettre ces programmes en oeuvre.

Analyse / résultats

Ces programmes pilotes varient considérablement à plusieurs égards. Ces différences incluent Ies populations de patients soumis à des arrangements de partage des économies, les services de soins de santé couverts, la manière dont sont déterminés les économies et les gains des dispensateurs, l’inclusion des objectifs de performance dans les modèles et les mesures de performance. Ces projets pilotes varient aussi dans leur incidence anticipée sur les frais de soins de santé et sur les paiements aux fournisseurs.

Par exemple :

  • Une mesure réduit le coût lié à des procédures compliquées évitables et ses responsables sont sur la bonne voie pour accorder un paiement substantiel aux fournisseurs.
  • Une deuxième mesure n’exige pas des fournisseurs de desservir un nombre minimum de patients, elle utilise un groupe témoin et adopte 21 mesures de la qualité pour fixer les paiements aux fournisseurs participants, mais n’a pas encore réalisé d’économie de coût.
  • Une troisième mesure exige que les fournisseurs desservent un nombre minimum de patients, qu’ils utilisent comme point de repère le coût moyen des soins de santé par patient dans une région métropolitaine; les responsables ont versé jusqu’à 75 % des épargnes à un fournisseur.

En outre, ces six études de cas démontrent que ces programmes d’épargne partagée peuvent stimuler des changements essentiels dans la prestation et dans le coût des soins aux patients, étant donné un système existant largement reconnu comme peu rentable.

Conclusions

En dépit de ces différences, les études de cas révèlent des thèmes récurrents concernant les approches d’épargne partagée pour le paiement des services de soins de santé. Ces éléments communs sont la volonté, chez la plupart des payeurs, d’assumer une part des coûts inhérents à la mise en place et au partage d’outils pour mesurer la performance des soins de santé et des économies de coût. En général, on croit que les programmes d’épargne partagée doivent évoluer pour inclure le partage des risques et que, même lorsque les projets pilotes ne parviennent pas à réaliser des économies, la démarche adoptée est la bonne.

Nous ne savons pas encore si cette approche est une stratégie à long terme pour la promotion de meilleurs soins de santé à moindre coût, ou d’une stratégie de transition pour un autre modèle, par exemple les paiements globaux dont le prestataire assume également un risque si les dépenses sont supérieures au budget établi.

Explorer les différences organisationnelles et environnementales dans la manière dont les participants implantent ces approches d’épargne partagée et les résultats qu’ils obtiennent est essentiel pour déterminer si ces approches fonctionnent, comment les améliorer et les diffuser.

Conséquences, recommandations

Cette étude présente la description de six études de cas et ne propose pas de recommandations. Le document résume chaque expérience :

  • Maryland Health Care Commission
    La Commission a commencé à distribuer les paiements en juillet 2011. Elle n’a pas encore évalué les résultats du modèle.
  • Medica
    Medica est en train d’évaluer et de peaufiner son modèle. Des résultats préliminaires encourageants portent sur le coût des traitements des patients atteints de maladie chronique.
  • HCI3
    Dans le premier programme pilote, les fournisseurs participants ont dépassé de 1 % le budget et n’ont pas reçu de paiement. Au moment de l’entrevue, HCI3 n’avait pas encore calculé les économies réalisées grâce aux deux autres essais pilotes, mais le score le plus élevé parmi les fournisseurs a été de 72 %. Si les fournisseurs maintiennent ce score, ils recevraient 50 % du budget retenu ou 25 % du budget total.

    HCI3 est satisfait de ces résultats, dans l’ensemble, parce que le programme a favorisé des changements de comportement souhaités chez les fournisseurs.
  • BCBS IL
    Bien que le modèle soit encore relativement nouveau, le CBCB IL estime que son cadre de référence est juste, en particulier en ce qui concerne les cibles de qualité. Tout en notant que la méthodologie peut évoluer, le CBCB IL espère que les participants d’autres marchés pourront l’utiliser comme modèle.
  • HealthPartners
    HealthPartners vient de commencer le calcul des épargnes partagées et n’a pas encore de résultats. L’une des personnes interviewées a observé que la transparence dans tous les aspects de l’approche est essentielle.
  • HPHC
    HPHC estime que son modèle de partage des économies reste une option à long terme pour certains groupes de fournisseurs. HPHC croit en la construction d’une relation de collaboration avec les fournisseurs et ne veut pas forcer les groupes à participer à ce modèle ou à des modèles de paiement qui présentent un risque élevé.

    En fait, HPHC est d’avis que les groupes de fournisseurs qui ont toujours obtenu de bons rendements peuvent conserver le modèle de rémunération actuel tout en recevant une ristourne en fonction de leur performance. 

Source du document

Shared-savings payment arrangements in health care. Six case studies Fichier PDF.