Santé et Services sociaux Québec.
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Fiche synthèse #37

Fédération russe : analyse du système de santé
Systèmes de santé en transition, 2011

Résumé

L’OMS dresse le portrait de systèmes de santé sous forme de rapports qui détaillent les systèmes de santé et les mesures prises dans plusieurs pays. Ce rapport sur la prestation des soins de santé en Russie examine les diverses façons d’aborder l’organisation, le financement et la prestation des services de santé dans ce pays, et décrit le rôle des principaux acteurs locaux.

Contexte

L’OMS dresse le portrait de systèmes de santé sous forme de rapports qui détaillent les systèmes de santé et les mesures prises dans plusieurs pays. Ce rapport sur la prestation des soins de santé en Russie examine les diverses façons d’aborder l’organisation, le financement et la prestation des services de santé dans ce pays, et décrit le rôle des principaux acteurs locauxÀ la suite de la dissolution de l’Union soviétique en 1991, la Russie a hérité d’un système Semashko centralisé et étendu, mais son financement a été réformé rapidement par l’adoption d’un modèle d’assurance santé obligatoire (MHI) en 1993. Même si le système de santé a évolué et changé significativement depuis le début des années 1990, il est resté très centralisé et axé sur un accès universel aux soins de base.

Les prix élevés de l’énergie sur les marchés mondiaux ont assuré une meilleure stabilité macroéconomique, un surplus budgétaire et une amélioration du niveau de vie pour la plus grande part de la population russe. Cependant, en dépit d’une réduction générale du taux de pauvreté, l’écart rural-urbain est marqué : les populations rurales sont en moins bonne santé et leur accès aux services de santé est moins facile que celui des populations urbaines. L’augmentation des ressources budgétaires a mené récemment à de nombreux programmes de santé fédéraux centrés sur l’offre de services et l’augmentation du financement dans les secteurs prioritaires, y compris l’offre de soins primaires dans les régions rurales. Pourtant, les dépenses de santé publique dans la fédération russe demeurent relativement faibles par rapport aux ressources disponibles. En outre, il est évident que, même en maintenant le niveau de financement actuel, la performance du système de santé pourrait être améliorée.

Les mécanismes de paiement des prestations représentent l’obstacle principal à l’amélioration de l’efficacité technique du système de santé russe, puisque la majeure partie du budget du gouvernement local est basée sur des contributions. Pour cette raison, les plus récentes réformes, tout comme la législation, cherchent à assurer le financement des soins de santé grâce à des contrats de prestations basés sur la mesure des résultats.

Analyse / résultats

Depuis le tournant du siècle, l’état de santé de la population russe s’est amélioré et l’espérance de vie moyenne atteint presque le niveau de 1990, avant la dissolution de l’Union soviétique. Le taux de mortalité total a diminué de 4 % et le taux de mortalité dans la population active a diminué de 15 % chez les hommes et de 7 % chez les femmes. Les plus grandes améliorations concernent la santé maternelle et la santé infantile : la mortalité infantile, la mortalité en bas de cinq ans et la mortalité maternelle ont diminué de plus de la moitié. Cependant, malgré ces tendances positives, tous les indicateurs démontrent que la santé de la population russe est beaucoup moins bonne que celle des populations d’Europe de l’Ouest et d’Europe centrale, ainsi que dans les autres pays du G8.

L’efficacité du financement social dans la fédération russe, incluant les dépenses de santé, a été évaluée comme pauvre parce que des résultats de santé similaires, par exemple les taux de mortalité, ont été observés dans des pays qui consacrent de 30 % à 40 % de moins à la santé.

Il serait aussi possible d’améliorer l’efficacité des allocations du système de santé russe. Selon les données, celui-ci privilégie de beaucoup les soins aux patients hospitalisés par rapport aux services de soins primaires. Les indicateurs relatifs à l’usage des ressources laissent aussi voir des failles dans l’efficacité des allocations; par exemple, le taux d’hospitalisation est beaucoup plus élevé que dans les autres pays de la région européenne de l’OMS. Ce haut taux d’hospitalisation de même que celui des appels d’urgence (fréquemment pour des patients qui connaissent une complication de leur maladie chronique) témoignent de la faible efficacité des soins primaires. Des efforts récents visent à renforcer ces services et à rééquilibrer l’allocation des ressources entre soins primaires et soins spécialisés, mais aucune donnée probante ne démontre encore l’efficacité de cette politique.

Conclusions

En 2010, la Russie a adopté la loi qui rend obligatoire l’assurance santé (Law on Mandatory Health Insurance) et la loi sur le statut légal des installations publiques (Law on the Legal Status of Public Facilities). La première vise à soutenir la durabilité financière du système MHI, tandis que la seconde a pour objectif d’élargir les pouvoirs des prestataires de soins. Ces derniers devraient donc se montrer davantage responsables de l’atteinte de résultats et bénéficier de plus de souplesse sur les plans économique et administratif.
Les résultats de ces réformes dépendront de l’habileté du gouvernement à suivre leur évolution, à évaluer l’atteinte des objectifs et des cibles et à adopter les changements nécessaires. Bref, le succès de ces changements dépendra de l’engagement de toutes les parties prenantes, du soutien des autorités régionales comme de l’appui de la communauté médicale.

Conséquences, recommandations

Après une décennie durant laquelle la réforme du système de santé a été peu discutée, le gouvernement de la Russie porte plus d’attention aux questions de santé. Le programme gouvernemental pour le développement social et économique de la fédération russe d'ici 2020 reconnaît la santé comme un facteur déterminant pour le développement du pays et l’amélioration du système de santé constitue une priorité. Le programme propose des objectifs ambitieux pour 2020, par exemple porter l’espérance de vie moyenne à 75 ans et augmenter les dépenses de santé du gouvernement jusqu’à 5,2 % du PIB (3,4 % en 2008).

En 2009, le MoSHD a approuvé le National Health Concept pour l’année 2020. Cette politique propose des cibles ambitieuses pour augmenter significativement l’espérance de vie, réduire la mortalité en mettant l'accent sur les activités de promotion de la santé et en offrant des services médicaux de haute qualité.

Elle vise aussi à améliorer l’efficacité des allocations en renforçant les soins primaires, en optimisant les soins secondaires et en adoptant un système de contrôle de la qualité basé sur l’implantation de processus et de standards médicaux uniformisés à l’échelle nationale. Un autre secteur prioritaire du MoSHD est de faciliter l’accès aux médicaments sur ordonnance pour la population entière. Conséquemment, la politique stipule l’introduction d’une assurance médicament obligatoire pour couvrir le remboursement des médicaments pour les patients externes. Elle s’intéresse à la gestion du personnel, en suggérant la redéfinition des fonctions entre les médecins et les infirmières et l’amélioration de la formation médicale et de la formation continue. Le document propose aussi des avenues pour le développement des nouvelles technologies relatives aux soins de santé. Il servira de cadre aux futures réformes du gouvernement.

Source du document

Russian Federation : Health System Review. Health systems in transition, 2011 Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.