Santé et Services sociaux Québec.
rss
Page précédente Taille du texte

Fiche synthèse #24

Est-ce que les changements relatifs aux modèles de prestation de soins de santé primaires changent la performance ?

Résumé

La réforme des soins de santé primaires en Ontario a débuté avec l’introduction de nouveaux modèles d’adhésion, les deux principaux étant les réseaux de santé familiale et les groupes de santé familiale. L’objectif de cette étude était d’évaluer les différences de performance entre les deux modèles et de la comparer ensuite, avant et après que les médecins s’y sont joints.

Contexte

Il est de plus en plus reconnu que les systèmes de soins de santé qui mettent l’accent sur les soins primaires sont plus efficients et mieux à même de composer avec les pressions actuelles et futures qu’ils subissent. Ce constat a entraîné quelques réformes dans les soins primaires au Royaume-Uni, en Australie, aux États-Unis et au Canada. Ces stratégies ont en commun de modifier l’offre de soins basée sur le paiement à l’acte vers des mécanismes qui incluent des primes liées à l’amélioration de la qualité et de la performance.

Au Canada, des mesures de la performance et des indicateurs de qualité servent à évaluer les soins médicaux primaires. L’application de ces mesures est étendue et fournit de l’information sur l’amélioration de la qualité des soins, l’accessibilité aux soins par les populations vulnérables, ce qui aide les décideurs à planifier les programmes.

Analyse / résultats

Les mesures ne varient pas substantiellement entre les deux modèles. Dans quelques cas, la performance est basée sur les indicateurs actuels (frottis vaginaux et mammographies); parfois, elle est améliorée par des examens antérieurs (dépistage du cancer colorectal). On ne note pas de différence dans le dépistage du cancer cervical ou du sein après l’accès soit à un réseau, soit à un groupe de santé familiale. Le dépistage du cancer colorectal et le traitement du diabète s’améliorent dans les deux types de cliniques, de même que l’examen annuel des yeux de jeunes diabétiques, la gestion des attaques cardiaques et les soins de l’asthme.

Conclusions

Quelques améliorations dans le dépistage et la gestion du diabète peuvent être attribuées aux primes versées aux médecins dans les deux types de cliniques. Les réseaux de santé familiale, modèle basé sur le paiement à l’acte, démontrent que les soins sont plus adéquats, particulièrement dans les régions rurales. Cependant, ces modèles d’offre de soins primaires doivent être comparés à d’autres modèles de soins et de paiement pour déterminer quels aspects précis du modèle et des primes ont des effets sur les soins.

Conséquences, recommandations

Quelques facteurs peuvent influencer la prise en charge des maladies chroniques en médecine familiale. Par exemple, les cliniques en région rurale font face à des défis relatifs à l’accès aux technologies de pointe ou aux soins spécialisés. En matière de maladie chronique, cette difficulté peut nuire aux examens comme les échocardiogrammes, les tests de spirométrie et les évaluations ophtalmologiques. Le savoir médical, l’expérience et l’habileté peuvent influer sur la thérapie et la médication que reçoivent les malades chroniques. De même, la structure des cliniques comme les soins interdisciplinaires sont susceptibles de faciliter la prise en charge des maladies chroniques. Enfin, la rémunération basée sur les primes pourrait améliorer le rendement en ce domaine.

Depuis 2002, quelques lignes directrices cliniques basées sur les données probantes ont été transférées aux dispensateurs de soins primaires pour la prise en charge du diabète. Cette analyse démontre que les patients suivis dans les deux types de cliniques ont reçu de meilleurs soins, peut-être grâce aux primes à la performance ou, peut-être aussi, en fonction de la qualité du transfert des connaissances.

En ce qui concerne les attaques cardiaques, même si les lignes directrices ont été conçues par l’Association canadienne de cardiologie, le transfert des connaissances dans les soins primaires a été limité. Cette étude souligne cette faiblesse. On ne note pas non plus d’amélioration de la performance pour les soins et le suivi de l’asthme et il n’existe pas de prime à la performance au regard de cette maladie.

Même si la proportion est faible parmi les patients de l’étude dont le cancer colorectal a été dépisté, elle augmente significativement après leur recours à l’un des types de cliniques. Des analyses comparatives avec d’autres types de modèles de soins primaires, non assortis de primes à la performance, permettraient de mieux comprendre leur effet sur les taux de dépistage du cancer colorectal.

L’une des recommandations pour déterminer quels types de primes à la performance doivent être adoptées concerne la définition et la sélection du paiement en fonction des améliorations, par exemple concernant le dépistage du cancer cervical et du sein en Ontario. Après la mise en place de ces modèles de soins, le taux de dépistage de ces deux types de cancer approche 75 %. Les taux de dépistage étaient très faibles avant l’introduction de ces cliniques, les primes à la performance et les autres stratégies de dépistage pourraient avoir contribué à ces améliorations.

Source du document

Did changing primary care delivery models change performance ? A population based study using health administrative data Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.