Santé et Services sociaux Québec.
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Fiche synthèse #23

Besoin d'aide ?
La prestation de services et le financement de la dépendance

Résumé

Les dépenses en matière de prise en charge de la dépendance dans les pays de l’OCDE devraient, sous l’effet du vieillissement des populations, doubler – voire tripler – d’ici 2050. Selon un nouveau rapport de l’Organisation, les gouvernements doivent améliorer la viabilité budgétaire de leurs politiques en la matière, et mieux épauler les aidants familiaux et les travailleurs du secteur. Le rapport Besoin d’aide? La prestation de services et le financement de la dépendance indique que la moitié des personnes dépendantes ayant besoin d’aide et de soins ont plus de 80 ans. Quant à la part de la population appartenant à cette classe d’âge dans la zone OCDE, elle sera proche des 10 % d’ici 2050, contre seulement 4 % aujourd’hui, et culminera à 17 % au Japon et à 15 % en Allemagne.

Contexte

Devant le vieillissement de la population, l’absence de signes indiquant nettement une éventuelle diminution des handicaps des seniors, le desserrement des liens familiaux et la hausse du taux d’activité des femmes, il n’est pas étonnant de voir croître le besoin de prise en charge des personnes âgées fragilisées et handicapées. L’augmentation du nombre de seniors est le principal facteur de la demande accrue d’aide et de soins de longue durée dans la zone de l’OCDE; les débats d’orientation concernant les réformes de cette prise en charge sont d’ailleurs souvent présentés comme entièrement centrés sur le vieillissement de la population. Cette question n’est pourtant pas la seule que les systèmes de soins de longue durée doivent prendre en compte.

Analyse / résultats

La plupart des bénéficiaires sont des femmes âgées vivant encore chez elles, mais la majeure partie du coût de la dépendance concerne les patients en établissement. La probabilité du besoin de prise en charge s’accroît avec l’âge. Alors que moins de 1 % des personnes de moins de 65 ans éprouvent ce besoin, 30 % en moyenne des femmes d’au moins 80 ans ont recours à des services de cette nature dans la zone de l’OCDE, où un usager sur cinq a moins de 65 ans et la moitié environ de tous les usagers a plus de 80 ans.

Dans la presque totalité des pays de l’OCDE, entre la moitié et les trois quarts des soins de prise en charge de la dépendance sont fournis à domicile et visent, dans une proportion substantielle, des usagers souffrant de troubles démentiels.

Les usagers très âgés sont moins susceptibles que leurs cadets d’être pris en charge à domicile. Néanmoins, plus de la moitié des personnes dépendantes d’au moins 80 ans sont assistées à domicile dans la plupart des pays, et un tiers seulement de tous les usagers de services de prise en charge résident en établissement.

À l’opposé, 62 % des dépenses concernent la prise en charge en établissement. Au total, en 2008, les dépenses ont représenté en moyenne 1,5 % du PIB dans 25 pays de l’OCDE. Les pays de l’OCDE continueront de connaître, au cours des prochaines décennies, un processus de vieillissement qui portera la part de la population âgée de 80 ans et plus à des niveaux inconnus jusque-là. En 1950, cette proportion était inférieure à 1 % de la population mondiale; d’ici 2050, elle devrait progresser de 4 % en 2010 à près de 10 % dans la zone de l’OCDE.

Le secteur de la dépendance emploie entre 1 % et 2 % de la population active. De nombreux pays verront cette proportion plus que doubler d’ici 2050. Recruter et inciter les travailleurs à rester dans le secteur pourraient s’avérer difficiles et intensifier les pressions sur les salaires dans le secteur. Les dépenses consacrées aux services de prise en charge de la dépendance doubleront voire tripleront d’ici 2050, du fait de la hausse des volumes et des prix de l’assistance formelle dans un contexte où les citoyens demandent des soins de meilleure qualité, plus réactifs et davantage tournés vers le patient.

Conclusions

Nombreux sont les pays qui ont jusqu’ici élaboré leur politique de prise en charge de la dépendance en réagissant aux difficultés politiques ou financières de l’instant plutôt que de concevoir les mesures plus durablement. Or cette prise en charge s’accompagnera d’une hausse de la demande, des dépenses et de l’effectif soignant, mais surtout d’attentes plus élevées concernant une fin de vie porteuse de sens et de bien-être personnel. Relever ces défis requiert une vision globale, centrée sur les dispositifs d’assistance tant formelle que familiale et sur leur coordination, en évitant une approche désordonnée. Cette étude examine les politiques visant les aidants familiaux, ainsi que la prestation formelle et le financement de services de prise en charge des soins de longue durée.

Conséquences, recommandations

Les aidants familiaux forment le socle de tout système de prise en charge de la dépendance. L’assistance apportée aux aidants familiaux constitue une solution triplement avantageuse : pour les aidants, dont la tâche de prise en charge intensive se solde, faute de soutien, par une réduction de l’offre de main-d’oeuvre dans le secteur rémunéré, par un risque plus élevé de pauvreté et par une prévalence des problèmes de santé mentale supérieure de 20 % chez les aidants familiaux à ce qu’elle est chez les autres; pour les bénéficiaires des soins, qui préfèrent que des proches et des amis s’occupent d’eux; pour les finances publiques, car cette assistance représente pour l’État un coût très inférieur, pour un volume donné de soins, que le secteur formel. Les gouvernements peuvent ainsi épauler les aidants familiaux par des prestations en espèces, un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée grâce à un assouplissement de l’aménagement du temps de travail et des services de soutien : soins-relais, formation, accompagnement psychologique.

Solliciter excessivement les aidants familiaux n’est pas souhaitable et de nombreux pays doivent renforcer leur secteur formel (à haute intensité en main-d’oeuvre) de prise en charge de la dépendance. Certains travailleurs tirent une grande satisfaction de leur activité dans ce secteur. Toutefois, la rémunération relativement faible et les conditions de travail difficiles en découragent bien d’autres. Le fort roulement et la faible fidélisation de la main-d’oeuvre compromettent tant la disponibilité que la qualité des services offerts. Les gouvernements peuvent appliquer les stratégies suivantes : renforcer les efforts de recrutement en élargissant les sources et en sollicitant les aidants formels migrants; valoriser les aidants formels en améliorant les conditions de rémunération et de travail; rechercher des moyens d’accroître la productivité du personnel.

La couverture universelle des prestations de dépendance est un objectif souhaitable du point de vue de l’accès à l’aide et aux soins de longue durée. Toutefois, afin de contrôler les dépenses, il conviendra de : mettre en oeuvre un universalisme ciblé (c’est-à-dire orienter les prestations de dépendance universelles vers ceux dont les besoins sont les plus grands); réfléchir à des politiques de financement plus soucieuses de l’avenir; faciliter l’apparition d’instruments financiers pour assumer, en particulier, les frais d’hébergement en établissement médicalisé de long séjour.

On n’accorde pas assez d’attention à l’optimisation de l’emploi des ressources. Il est notamment possible d’agir à cet égard de la manière suivante : encourager la prise en charge à domicile et de proximité; améliorer la productivité des services liés à la dépendance; encourager un vieillissement en bonne santé; favoriser une utilisation adéquate des diverses structures de soins de santé et de prise en charge de longue durée; s’occuper de l’efficience en établissement.

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